SCÈNE m
Les Précéde>s , GEORGINA , rentrant.
GEORGIE A *
Ce ne sera rien , je l'espère... je lai fait transporter dans une pièce de mon appartement , et le médecin va venir.
MORTOX.
Femme, c'est bien... (La regardant.) Ah ! tu es belle.
' Morton , Georgina , Darsie , Murrav.
GEOUGI>.\.
Vrai 1
MOBTO>.
In quaker liil toujours vrai.
GEORGI>A.
Ce n'est donc pas comme ces messieurs ; et je l'en remercie.
MORTO
Puisque tu es la maîtresse de cette maison , envoie sur-le-champ dans le Strand... seconde boutique à gauche, chez Patrik, le mercier, avertir sa fille... non, ça l'effraierait !... préviens seulement Toby, son premier garçon, de ce qui vient d'arriver, et qu'il se rende ici , près de son maître, et près de moi.
GEOUGI>'A , à un domestique.
Vous avez entendu ?
MOUTON, au domestique.
Va, mon ami ; je t'en remercie d'avance, et je le rendrai cela dans l'occasion.
(Le domeslique sort.)
DARSIE.
A merveille... il commande ici comme chez lui.
Il fait bien... c'est amusant un quaker... je n'en avais jamais vu de près ; et je suis enchantée de faire sa connaissance... Il nous divertira. MORTO' , la regardant.
J'avais cru d'abord... je me suis trompé... Futile comme les autres !
GEORGINA
Futile !... ce n'est pas galant ; mais je vois que c'est une bonne spéculation d'être quaker... on acquiert le privilège de dire à chacun son fait , sans risque, sans péril... et de plus, c'est une manière comme une autre de produire de l'effet.
MORTO
Si c'est la ta pensée, tant pis... j'avais meilleure opinion de toi.
GEORGINA
Pourquoi donc?... chacun ici-basjoueunrôle... tu as choisi celui-lu.
MOHTON , a\ec indignalion.
Moi, jouer un rôle!... J'ai étudié les principes de lien-Jolinson; je tûcbe de les nicllre en pratique, et d'être honnèlc homtiic... voilà tout.
GEORGINA
Honnête homme... c'est ce que je disais... un rôle original... Et vous, milord, qui aimez tant le bizarre et l'extravagant , si vous >ous faisiez quaker ?
DAKSIE.
Moi I
GEOKGINA.
Cela NOUS changerail de folie.
MORTO.N
lie folie!... qu'e.sl-ie a dire?
GEUKGINA.
Ah ! ail ! philosophe I... miII.i ipii' lu te fûchcT, cl lu us lurl ..
MORTON
J'ai tort ?
GEORGINA
De ne pas m'avoir laissée achever ma phrase, AIR d'Yelva.
A milord, qui pour moi soupire.
J'allais faire j)art de mon goût; El, par là, je voulais lui dire Qu'un quaker me plairait beaucoup.
Si d'être un sage Il avait l'avantage , Je l'aimerais...
MORTON
Voeux superllus.
Car, à son tour, s'il devenait un sage. C'est lui, je crois, qui ne t'aimerait plus. Oui, Je le crois, s'il devenait un sage. Sans doute alors il ne t'aimerait plus. GEORGINA.
Milord quaker, vous êtes ici chez moi.
MORTON
Femme, c'est toi qui te fâches à ton tour.
Tu as raison... je te pardonne... je ne vois pas pourquoi tu m'aurais épargnée plus que ces messieurs, moi qui ne vaux pas mieux qu'eux.