‹ Le quartier BarbetteChapitre 111 sur 121 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Ce n'est pus sans une certaine satisfaction que nous touchons au terme de ce modeste travail où l'intérêt des recherches historiques compense à nos yeux les heures patiemment dépensées parmi les titres et les parchemins des siècles passés.

Comme résultats obtenus, notre étude présente, pour commencer, des renseignements nouveaux sur une opulente famille de bourgeoisie parisienne, dont un des membres, le prévôt Etienne Barbette, figure, non sans quelque importance, dans nos annales municipales, au temps de Philippe-le-Bel. A l'une des extrémités de l'ancienne courtille patrimoniale de cette famille nous avons retrouvé l'emplacement, jusqu'à présent oublié, de la maison d'Etienne Barbette, si cruellement dévastée par l'émeute, et sur les ruines de laquelle s éleva, par la suite, l'hôtel d'Ardoise qui devait enfin faire place aux bâtiments conventuels des Filles du Calvaire.

Puis nous avons vu le nom des Barbette, après avoir longtemps désigné leur domaine ainsi (pie la porte (h- ville et le chemin qui y accédaient, subsister dans la région, comme par une sorte de fatalité persistante, en restant d'abord attaché au fameux logis, qu'illustrèrent Montaigu, Isabeau de Bavière et les Brézé, pour passer définitivemenl à la rue qui fut ouverte à travers les décombres du royal séjour démoli.

Nous avons ensuite assisté à la formation du pourpris de l'hôtel Barbette, commencée par des tisserands de drap et des pouliers qui, détail ignoré de Sauvai, Laissèrent le souvenir de leur industrie dans l'appellation même de la rue des Poulies., avant que celle-ci ne devînt la rue d.s Francs-Bourgeois, en mémoire des pauvres habitants des maisons d'aumône, qui y demeuraient francs de taxes et d'impôts.

LE Qfl \l;ni:i; BARBETTE l il!»

Avec la trop célèbre [sabeau de Bavière nous ne pouvions manquer de remettre en Lumière L'intéressante figure de cet infortuné prince, Le duc d'Orléans, dont la galante existence devait être tranchée si cruellement; et c'est en essayant de faire revivre ce tragique

événement que nous avons été amené, d'après les documents Les plus sûrs, à en restituer le cadre exact, comme à en préciser la Bcène véritable, contrairement aux indications acceptées jusqu'à présent par les historiens les plus accrédités. Ainsi, le lieu où ce Lugubre fait s'accomplil esi bien devenu le passage du n° 38 de la me des Francs-Bourgeois, dont nous avons retrouvé l'état civil sous les vocables successifs d'allée aux Poulies et d'allée nue Arbalétriers.

En puisant aux mêmes sources, nous avons en outre montré quels furent les personnages qui depuis lors se succédèrent à l'hôtel Barbette jusqu'au moment de sa disparition, et nous avons ainsi ajouté sur son compte un chapitre presque entièrement inédit.

Ainsi que nous l'annonçons dans notre préface, nous avons aussi établi, suivant la même méthode, la rapide filiation de chacune des maisons qui. à partir de la deuxième moitié du XVIe siècle, ont recouvert l'ancien domaine de Montaigu, et parmi lesquelles il convient de citer les hôtels de Pommereu. de Montarran, d'Estrées (ou de Corberon), etc., dont l'histoire n'avait pas encore été faite. Puis, comme complément d'informations, nous avons procédé de même pour les maisons voisines qui, jusqu'à présent, restées aussi sans histoire, avaient été à tort confondues avec l'hôtel Barbette; telle fut notamment la plus remarquable d'entre toutes, l'hôtel Hérouët, dont L'élégante tourelle est certainement un des plus précieux bijoux de notre vieux Paris. Parmi les origines particulières de quelquesunes de ces demeures, nous avons eu la bonne fortune de découvrir les hospitalières /nuisons d'aumône, avec les /'r.tncs-bour'/eois, puis un personnage de très haute marque, le garde-des-sceaux et cardinal Jean Bertrand, dont Le lils fut une des nombreuses victimes des fureurs de la Saint-Barthélémy.

Si nous nous sommes étendu sur L'hôtel Poussepin un peu plus longuement que ne convient 1 importance du sujet, c est que, en

présence des abondants titres de propriété si obligeamment mis à notre disposition par M. Goutela, son propriétaire actuel, nous n'avons pu résister au désir de les mettre à profit, au risque de sortir un tant soit peu des proportions de notre programme.

Avant de terminer, on nous permettra d'appeler encore l'attention du lecteur sur les pièces justificatives publiées ci-après, parce que nous pensons que, comme les deux plans qui suivent, elles sont indispensables pour la parfaite intelligence de notre étude.

Nous prions enfin l'érudit qui aura bien voulu nous lire d'user d'indulgence à l'égard des imperfections qu'il a pu rencontrer dans notre travail ; qu'il veuille bien seulement nous tenir compte des résultats curieux, tout à fait originaux, que nous avons atteints concernant l'histoire et la topographie ancienne d'une région parisienne, dont nous croyons avoir rétabli le passé d'une façon définitive et certaine.

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