CHAPITRE II
Fin de la Courtille Barbette : une partie fondue dans les Coutures Saint-Gervais : l'autre partie transformée en poulies. — Lv premier nom de la rue des Francs-Bourgeois. - Les poulies vieilles el les poulies neuves de la porte Barbette. — U allée des poulies. — Formation du pourpris de l'hôtel Barbette. - (jiiy.it de Crécy 1350 , Adam Day 1378 . Nicolas de Mauregard (1388) et Jean de Ifontagu 1390), propriétaires successifs de ce pourpris. — Jean de Montagu achève la construction de l'hôtel Barbette commencée par Nicolas de Mauregard. Faveur de Montagu. - Il cède l'hôtel Barbette à Isabeau de Bavière. - Les visites intimes du duc Louis d'Orléans à l'hôtel Barbette.
Déjà séculaire lors de sa destruction en 1306, la courtille Barbette ne devait plus se relever de ses ruines. Une partie de son domaine, avons-nous dit, était déjà depuis longtemps passée peu à peu aux mains des livres hospitaliers de Saint-Gervais et faisait désormais partie de leurs coutures ' : le nom de la rue des Coutures Saint-Gervais garde encore le souvenir de celles-ci. L'autre partie, c'est-à-dire celle qui aboutissait vers la porte Barbette, morcelée à son tour, devint la propriété de divers particuliers exerçant les métiers de tisserands de drap, de foulons et de « pouliers », et qui, entre autres constructions, y établirent de longues galeries pour y tendre, étirer et travailler les draps et autres étoffes : opération qu'on appelle aujourd'hui le « ramage » et qui se pratiquait au moyen de cordages et de poulies'2 . De là est venu le nom de « poulies ». donné jadis, non seulement aux lieux où s'exerçait ce genre d'industrie, alors très en vogue et très florissante à Paris, mais aussi aux voies qui y accédaient ou qui en contenaient : témoin une rue voisine, dont il sera parlé plus loin d'une façon toute spéciale, el qui. pour cette raison, fut longtemps appelée la rue des Poulies, avant d'être la rue des Francs-Bourgeois3.