‹ Le quartier BarbetteChapitre 26 sur 121 · Sauvai, t. I, p · texte numérisé non relu

Sauvai, t. I, p

Paris, on donnait autrefois le nom de ruelles aux lieux que, de son temps, on appelait des « culs-de-sac '. »

Quoi qu'il en soit, les explications qui précèdent ne sont pas sans utilité pour 1 intelligence de notre étude, parce qu'il y sera fait plus d'une fois mention de la ruelle en question ainsi que de sa porte. De même nous verrons cette ruelle devenir, par la suite, le passage qui s'ouvre actuellement au n° 38 de la rue des Francs- Bourgeois.

Cependant les poulies Barbette ne tardèrent pas, peu a peu. à disparaître à leur tour, pour faire place à Fun de ces somptueux logis dont ce quartier avait alors la vogue (témoin les hôtels du Roide-Sicile, de Tancarville, du maréchal de Rieux, de Xoviant, du connétable de Clisson, de Navarre, du comte de Savoie, etc.). Ce logis fut même d'une telle magnificence qu'une reine de France, la trop fameuse Isabeau de Bavière, le trouva suffisamment en harmonie avec ses goûts fastueux pour en faire sa demeure privée de prédilection. Mais, en raison de ses origines domaniales, ou, pour mieux dire, par une fatalité de la tradition, bien moins changeante que le cours des choses, le nom de Barbette devait rester attaché à ce nouvel hôtel ; car les cartulaires et les chroniques de l'histoire ne le désignent guère autrement.

Il importe maintenant de connaître la genèse de cette résidence princière, aussi bien que de déterminer l'emplacement et l'étendue de son pourpris. Un document manuscrit, fort intéressant dans l'espèce, satisfait justement à la question : c'est le Procès-verbal des criées, oppositions et adjudications du grand et du pjctit hôtel Barbette du 14 mai 1464 2. Cette pièce produit, en effet, les listes successives des copropriétaires primitifs des lieux qui constituèrent l'hôtel Barbette, portant, en regard des noms, les quotités respectives de redevance annuelle à payer à la Maison du Temple , depuis l'an 1362 jusqu'à 1417. Les noms de ces tenanciers paraissent, au commencement, bien modestes et bien obscurs; mais comme ils sont plus retentissants par la suite !

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