‹ Le quartier BarbetteChapitre 30 sur 121 · Arch. .Xut.. S 5072», 10'- n de la 65° liasse · texte numérisé non relu

Arch. .Xut.. S 5072», 10'- n de la 65° liasse

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df faire L'acquisition lui parût plus à sa convenance; soit encore que, en raison de ses fonctions, il préférai se tenir plus à proximité

• le L'hôtel Saint-Pol en allant Loger à la conciergerie du ( Ihàlcl Saint- Antoine que Lui avait donnée le roi; soit enfin qu'il voulût avant tout satisfaire a un désir de la reine, et (.'est peut-être la meilleure raison, toujours est-il qu'il lui vendit, en 1401, sou hôtel Barbette avec la part des poulies qu'il possédait de moitié, en 1390, avec le bourgeois Day. et depuis, avec ses héritiers qui conservèrent l'autre moitié.

[sabeau de Bavière achetait L'hôtel Barbette probablement parce qu'elle n'aimait pas L'hôtel Saint-Pol où vivait son pauvre mari : (« ce mari, dit Michelet, la gênait quand il était fou, bien plus encore quand il ne l'était pas. »

Elle agrandit encore et embellit à plaisir cette retraite discrète et commode. " Les jardins, ajoute le même historien, étaient d'autant « mieux fermés et solitaires que, le Long de lu Vieille-rue-du-

l'inple, ils se trouvaient masqués d'une ligne de maisons qui

regardaient la rue et ne voyaient rien derrière, tout au plus le

• mur du mystérieux hôtel, » Bref, elle en avait fait sa résidence favorite, et suivant le nom qu'on donnait alors aux petits hôtels <pi avaient les princes et les seigneurs aux portes de Paris, on l'appelaitle «< petit séjour de la reine ».

Au dire de Sauvai, « l'appartement que Isabeau de Bavière avait

>< ;i l'hôtel Barbette consistait par bas en deux salles, l'une grande

u et l'autre petite; au-dessus se trouvait une autre grande salle,

v une chambre attachée à un grand retrait et un petit; outre cela

« une chambre, une autre aux eaux roses1, une de parade, une

u chambre blanche; deux chapelles, l'une grande et l'autre petite;

« un comptoir, des bains et des étuves '-'. » Pour chauffer toutes ces

1. L'eau de rose «'lait l'odeur favorite d'Isabeau de Bavière et ne la quittait pas Vallel île Viriville, Isabeau de Bavière, [>. 34). •j. Sauvai.!. II. p. ~i~ i. — « Des étuves élégantes avaient été placées pour ses hôtes

■ dan- ~.i petite maison de la rue Barbette. Pour elle, elle prenait ses baini dans des

• cuves de bois d'Irlande ou de chêne à poupines petites poupes sculptées). L'intén rieur était garni <!<• draps baigtutirs ou fonds de bain : au-dessus s'élei ail un ciel ou

■ pavillon nommé épervier, Cet épervier étendait ses ailes ou rideaux autour de la « reine... » (Vullet de Viriville, ibiil., p. M .

•'ili LE QUARTIER BARBETTE

pièces, elle se servait en hiver de chariots contenant du feu, sorte de calorifères ou braseros roulants1, dont elle avait sans doute rapporté l'usage de son pays natal.

Cependant elle ae paraît pas coucher à l'hôtel Barbette dès la première année de son acquisition ; un Compte de la reine lsa.bea.ix de Bavière, pour le terme de la Saint-Jean 1404 . montre en effet qu'elle y dîne et soupe seulement et que, eette année-là. elle « gîte à Saint-Pol2. » Mais peu à peu ses stations à l'hôtel Barbette deviendront plus fréquentes et plus prolongées.

Là. du moins, elle pouvait éviter le spectacle pénible et prescpie continuel de la démence de son époux : là. surtout, elle pouvait s'abandonner sans contrainte à la passion qu'elle éprouvait pour son beau-frère, le duc d'Orléans, celui que Brantôme proclame « le grand desbaucheur des dames de la cour et toujours des plus grandes3 ». Car tandis que la fille d'un simple gentilhomme du roi, la très gaie et très jolie Odette de Champdivers, que l'on nommait la petite reine, tenait à l'hôtel Saint-Pol, auprès de Charles VI, la place de la vraie reine, le duc d'Orléans tachait de <* désennuyer • ■ cette princesse au logis Barbette. Là encore se décidaient les affaires de l'Etat, avec lesquelles Isabeau et son amant jouaient, comme le pauvre roi avec ses cartes.

Souvent aussi l'hôtel Barbette resplendissait au milieu delà nuit de l'éclat de ses fêtes, et les clameurs de ses orgies arrivaient jusqu'au peuple, comme pour insulter à sa misère. Mais pouvait-il se plaindre? Le roi lui-même manquait du nécessaire et le Dauphin était à peine vêtu '.

Peu importait du reste à cette reine égoïste et scandaleusement galante, dont le luxe insolent et les plaisirs ruineux étaient les seules préoccupations. Ses amours avec son beau-frère n'étaient que trop publiques. On disait même qu'elle en avait eu un fils. Dans leur

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