Arch. nat., S 5595. f* 112 r
5. Ibid., S 50X2", f° 129 : S 5072% n° 11 delà 65e liasse : et S 5586.
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qu'il se rendait à L'hôtel de la reine ou qu'il en sortait. Pour se dérober aux regards des curieux, cel itinéraire convenait beaucoup mieux au galant prince, «[ih- la vieille rue Barbette, alors très fréquentée. Aussi, les assassins qui, depuis plusieurs jours, épiaient ses allées ei venues, pour l'atteindre el le frapper dans l'ombre, ne pouvaient-ils choisir d'endroit plus favorable que cotte allée des Arbalétriers, ordinairement déserte, et dont aucune lumière pendant la nuit ne venait troubler les ténèbres. En effet, c'est bien là que, dans la soirée du 'l'-\ novembre I iUT, quittant presque sans escorte l'hôtel de la reine pour se rendre à L'hôtel Saint-Pol. le duc d'Orléans tomba sous les coups de ses meurtriers, au moment où, pour atteindre la porte Barbette, il allait tourner à droite parla rue des Poulies, Cet horrible assassinat n eut donc pas lieu, ainsi qu'on l'a prétendu jusqu'à présent, dans la Vieille-rue-du-Temple, pas plus que dans la v\u- Barbette, bordées alors, l'une et l'autre, de riches hôtels quhabitaienl des officiers de la maison du roi, et dont Le proche voisinage ne pouvait que gêner les projets des assassins. Il y avait notamment, dans ces parages, l'hôtel de sire Hervé de Maunv. chevalier, seigneur de Thorigny, chambellan du roi et du duc d'Orléans, qui était situé au coin delà vieille rue Barbette et d'une ruelle allant à la culture Sainte-Catherine ', et dont le jardin attenail a l'hôtel de la reine '. A partir du coin delà rue de Paradis, plusieurs corps de Logis, s'étendant le long1 de la rue Barbette jusqu'en face même de L'hôtel d'Isabeau de Bavière, étaient occupes
1. Cette ruelle reçut, depuis lors, le nom de rue de Thorigny qu'elle échangea, au w i Biècle, contre celui de rue de la Perle, emprunté à l'enseigne d'un tripol fameux; elle a été aussi appelée rue de Paradis, ou plutôt du petit Paradis, du nom d'une enseigne; mais cette dernière dénomination a été plus longtemps portée par la rue du Parc-royal, qui forme presque le prolongemeni de la rue de la Perle. Quant au nom de Thorigny, il esl resté attaché à la petite rue qui forme un retenu' d'équerre avec la rue de la Perle pour joindre la ru.- de Belleyme.
2. En disant, d'après les comptes de confiscations anglaises de 1423 à 1427, que ce jardin attenail à l'hôtel de la reine Blanche, Sauvai t. II. |>. '2 i i el i. III. p. 203 entend parler d'Isabeau de Bavière el de son hôtel ; car Isabeau étani veuve depuis 1 i-,-j. mi lui donnait suivant l'usage le nom de reine Blanche : les reine- il,- France veuves portaient le deuil de leur- époux en blanc. D'ailleurs, Sauvai désigne encore l'hôtel Barbette -ni- le nom d'hôtel du due de Bretagne I. III. p. 288 el 653 . Or,
noua veri b plu- loin que le due de Bretagne fut en effet le successeur d'Isabeau de
l!a\ ière à l'hôtel Barbel te.
par messire Henry de Lisaac. valet de chambre de Charles VI et garde de son épargne '. A l'angle opposé de la rue de Paradis. Hémon Ragnier. argentier de la reine, possédait une maison dont les dépendances touchaient les Blancs-Manteaux 2. Au coin de la rue des Poulies et de la rue Barbette, vis-à-vis des maisons de Bernard de Bonnières, le dit Hemon Raguier détenait encore une maison dite à la Fleur-de-Lys, que sept ans plus tard il vendit au trésorier Jehan Le Blanc 3. La maison à la Fleur de Lys aboutissait, par derrière, au tronçon de la petite allée des Arbalétriers qui conduisait à la porte du bout des jardins de l'hôtel de Tancarville 4. Tout près de là, nous venons de dire que la demeure du chevalier Loys de Villiers. jadis la maison à l'enseigne de la Faulx n'était séparée de l'hôtel Barbette que par l'hôtellerie du Moulinet. Indépendamment de l'hôtel du maréchal de Rieux. il faut encore mentionner les fastueux hôtels de Novion et de La Rivière qui s'ouvraient sur la rue de Paradis, non loin de l'hôtel de Clisson et dont la proximité contribuait, pour une grande part, à l'animation habituelle qui régnait aux abords de la porte Barbette.
Or. en établissant que le duc d'Orléans a été assassiné dans cette partie de l'allée des Arbalétriers qui attenait à l'hôtel Barbette et est devenue l'impasse qui s'ouvre aujourd'hui au numéro 38 de la rue des Francs-Bourgeois, nous restons donc en parfaite concordance avec le récit de Monstrelet. où il est dit que ce prince fut assailli par ses meurtriers avant d'avoir atteint la porte Barbette, et le récit de Monstrelet est bien, sur ce point, d'accord avec la chronique du religieux de Saint-Denis, racontant que c'est, étant à peine sorti de l'hôtel Barbette, que le duc d'Orléans trouva la mort. Il devient même évident que, pour se rendre au lieu désigné pour l'exécution de ce meurtre et ne point donner l'éveil aux gens de la rue, les assassins sortirent de la maison à l'Image Notre-Dame non point par le devant, mais par les jardins qui y aboutissaient derrière,