‹ Le quartier BarbetteChapitre 41 sur 121 · Ibid., id · texte numérisé non relu

Ibid., id

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effectuant cette sortie par escalade ou au moyeu d'échelles, pour franchir Les mura qui leur faisaient obstacle : c'est-à-dire de La même façon qu'ils y seraient entrés, pour les mêmes raisons de prudence et de précaution, ainsi que l'insinue d'ailleurs le rapport d'enquête du prévôt d'après la déposition du boulanger Simon Cayn. voisin de cette maison '.

Enfin, nous ne craignons pas de le déclarer, nos conjectures se trouvent en rapport avec la tradition du quartier, où les bonnes gens ne parlent de l'impasse du numéro 38 de la rue des Francs- Bourgeois que comme d'un lieu mystérieux, où dans le temps jadis se serait accompli un lamentable et tragique événement. Ceux qui prétendent en savoir un peu plus long disent bien que c'est là que le due d'Orléans fut occis par Jean-sans-Peur; mais il ne faut pas leur en demander davantage. D'aucuns affirment, enfin, avoir vu cela imprimé quelque part, sans pouvoir cependant, désigner le livre précieux où ils ont lu cette révélation '-'.

A côté de cette tradition, en voici une autre qui trouve ici sa plaee; mais bien que la mort d'un prince illustre en soit, dit-on, également résultée, cette dernière tient néanmoins beaucoup moins de l'histoire que de la légende ou du roman ; elle a bien l'avantage d'avoir été imprimée plusieurs fois, malheureusement les différents auteurs qui l'ont publiée n'ont produit à l'appui aucune indication de source et d'origine. Or, cette anecdote, que prudemment nous enregistrons seulement sous bénéfice d'inventaire, rapporte qu'il y avait vers cette partie de la rue Vieille-du-Temple, qui alors s'ap-

1. Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, VI» série, t. I, p. 240.

J. Pour notre part, nous ne connaissons encore qu'un seul document Imprimé affirmant, sans indication de source, il est vrai, que le duc d'Orléans fut assassiné dans L'impasse de la rue des Francs-Bourgeois : il existe dans l'ouvrage intitulé Les rues de Paria Paris. Nadaud, 1891, in-f°, 3' livraison, p. 121), actuellement en cours de publication; malheureusement l'auteur fait confusion en Faisant passer cette impasse peur une dépendance de L'hôtellerie Notre-Dame. Il aurait élé moins dans l'erreur s'il avait dit hôtel de Notre-Dame, parce qu'on a appelé aussi l'hôtel d'Isabeau de Bavière, l'hôtel de Notre-Dame, abbréviation de l'hôtel de la reine Notre- Dame; car de même qu'on disait le roi Notre Sire, en disait la reine Notre-Dame. Quant à placer là l'hôtellerie de l'Image Notre-Dame, ce serait une plus grande erreur, puisqu'il est indubitablement établi, preuves et documenta A l'appui, que eetie hôtellerie se trouvait en (ace de L'hôtel de Rieux, dont l'emplacement est actuellement marqué au n" 47 de la rue Vieillc-du-Templc.

pelait Barbette, certaine maison à 1 Image Notre-Dame (c'est-à-dire ornée d'une statuette de la Vierge), où brûlait perpétuellement une lampe votive, en expiation du meurtre du duc d'Orléans, et que cette lampe, placée vis-à-vis du lieu où le duc d'Orléans était tombé sous les coups de ses assassins, y avait été mise par Brulart, l'un de ceux-ci. Toujours suivant l'anecdote, l'œuvre du pieux repentir s'accomplissait encore sous François Ier. et ce quartier sombre lui devait sa seule clarté, si bien que ce trop galant prince, dont les courses nocturnes s'accommodaient des ténèbres, se trouva mal un soir du faible éclat jeté parla lampe de Brûlart. Comme il se glissait de nuit tout près de l'hôtel Barbette, chez la belle Féronnière. il fut trahi par cette clarté. Le mari l'aperçut et Ion sait ce qu'il en advint.

Quelle que soit la maladie dont mourut François Ier. la prétendue vengeance de Féron ne manque pas d'historiens : citons, entre autres. Mézeray K Garnier -, Le Bas3, Girault de Saint-Fargeau '*, etc. ; nous croyons même que le premier récit en aurait été fait par Louis Guy on. qui était presque contemporain de la belle Féronnière. caril en a connu les enfants « gens de bonne renommée, ditil, et pourvus de hauts emplois5 <>. Quant à la lampe de Brulart, prétendue cause de cette incroyable vengeance, nous ne connaissons que deux auteurs qui en aient parlé : ce sont Edouard Fournier et de Ménorval ; malheureusement ces auteurs, contrairement à leur habitude précieuse, ont omis, dans ce cas. d'indiquer la source où ils ont puisé leur dire ''. Mais peu importe, comme toute légende comporte un certain fond de vérité, qu'on finit tôt ou tard par découvrir, admettons que cette histoire de lampe expiatoire soit une légende, et n'envisageons que ce que nous aurons pu élucider pour l'utilité de notre thèse.

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