CHAPITRE V
iu de Bavière abandonne l'Hôtel Barbette. — L< - - --eurs d'Isabeau de Bavière;! l'Hôtel Barbette. — Jean VI, duc de Bretagne 1408-1410). — Jean de Malestroit, évéque de Saint-Brieux 11 fciO-1 i-2i- . — Les religieux des Blancs-Manteaux 1424-1439 . — Symon Charles, président de la Chambre - Comptes 1439-1442 . — Charles d'Anjou, comte <lu .Maine 1442-1468 . — Vicissitudes contentieuses de THotel Barbette. — Jacques de Brézé. grand sénéchal de Normandie 1468-1494 . — Aventures conjugales et judiciaires de Jacques de Brézé. — Louis de Brézé. — L'Hôtel des Fusées. — La rue des Fusées. — Le ûef des Fusées. — Les armoiries des anciens dur- de Bavière. — Diane de Poitiers 1 o 3 1 .
Ainsi que nous allons Le rapporter, une des conséquences de L'assassinat du duc d'Orléans fut. pour 1 hôtel Barbette, un changement de possesseur.
Od a pu voir, par le récit de Monstrelet. que, du sein de sa chère résidence. La reine fut. pour ainsi dire, presque témoin de L'affreux drame, accompli si pies de sa porte qu'elle en dut certainement entendre les sinistres clameurs. Peut-être, comme 1 un de ses voisins, le boulanger Symon Cayn de l'enquête du Prévôt ', crut-elle, sur le moment, percevoir le tumulte d'une de ces rixes nocturnes, dont ses pages bruyants et batailleurs n'étaient que trop coutumiers. Mais elle ne tarda pas à connaître la vérité dans toute son horreur par ceux mêmes des serviteurs du duc d'Orléans, que Monstrelet nous montre ramenant la mule de l'infortuné prince « et s'en allant hastivement à l'hôtel Barbette en criant au meurtre ! »
Isabeau de Bavière ne lit pas preuve en cette circonstance d'une bien grande force dame. En etfet. si Ion s'en rapporte encore au dire de Monstrelet. dès qu'elle eut connaissance du triste événement qui venait d'avoir lieu, elle s'empressa de pourvoir immédiatement a sa propre sûreté, sans même s'inquiéter, dans sa hâte.
i. Bibliothèque de l'École des Chartes, VI' série, t. I, p. 238-239.
de l'état dangereux de santé où elle se trouvait : et sans autre souci que sa terreur, il 1<- se lit aussitôt porter en Litière à 1 hôtel Saint- Pol. son domicile conjugal, se sentant mieux gardée et défendue auprès de son royal époux. On ne la voit plus dès lors retourner à l'hôtel Barbette
Il est vrai que, pour remplacer son cher petit séjour, d'autres résidences non moins fastueuses restent encore à sa disposition ; car Lorsqu'elle sera hisse de l'hôtel Saint-Pol, elle se retirera, suivant les circonstances et les événements, tantôt au chàteau-fort de Milun. tantôt à Vincennes; ou bien elle ira à Bagnolet, où, moyennant i. 000 livres, elle acquit du prévôt Pierre des Essarts un hôtel avec jardin, vivier, colombier, plàtrière. pressoir, moulin à vent, vignes et terres labourables, le tout contenant environ 72 arpents. Elle avait encore une autre maison de plaisance près de Pouilli, nommée l'hôtel du Val-la-Heine, et qui était assortie de toutes les commodités et snperlluités désirables à la campagne. Elle avait reçu le Val-la Heine en 1390 du duc de Touraine, depuis duc d'Orléans, en échange de l'hôtel qu'elle possédait à Paris, dans le faubourg Saint-Marcel, et qu'elle tenait en don du duc Jean de Berri depuis 1381 '.
Après Isabeau de Bavière, c'est au jeune duc de Bretagne Jean VI qu'échut l'hôtel Barbette. Un ensaisinement du Temple, en dite du 13 avril I il 2, indique en effet que. avant le 3 février 1 4-11, l'hôtel Barbette fut à la reine, puis au dit duc de Bretagne "'.
Nous n'avons rien trouvé concernant la cession de l'hôtel Barbette au duc de Bretagne par la reine Isabeau. Cette cession dut probablement avoir lieu en 1408, lors des éminents services que le duc Jean VI 3 rendit en ce temps-là à la famille royale menacée par le duc de Bourgogne. Jean VI, qui comptait alors à peine dix-neuf ans, était venu dès sa plus tendre enfance à la cour de France : il avait été élevé, pour ainsi dire, à l'hôtel Saint-Pol, où, dès l'âge de