I. Sauvai, t. II. p. 1S
•j Arch. nat., S 508a ! i 30 et 31.
3. Jean VI était fils de Jean Y, 1 ancien ennemi du connétable Olivier de Clisson, avec qui il avait cependant fini par se réconcilier.
sept ans, il épousa une fille de Charles VI. Aussi le roi et la reine pouvaient-ils compter sur lui à plus d'un titre.
Nous avons vu comment, trois jours après son crime, apprenant que l'impunité allait lui échapper, Jean-sans-Peur s'était aussitôt enfui pour aller dans ses états de Flandre, rassembler une armée et préparer son premier retour offensif dans Paris. C'est alors que le roi et la reine, redoutant qu'il ne vînt par un coup de force, s'emparer du pouvoir, s'empressèrent de mander à leur jeune allié, le duc de Bretagne, de venir à leur aide. Devant les embarras de Charles VI et de sa cour, Jean VI n'hésita point ; le 4 février 1408, il partit de Bretagne accompagné de prélats, de barons, de chevaliers et de gens de son conseil pour se mettre à la disposition du roi et de la reine, qui lui surent bon gré de cette marque de dévouement, et lui firent grande chère. Quelques jours après, le duc de Bourgogne arrivait à Paris escorté de mille hommes d'armes et allait se renfermer en son hôtel d'Artois. La reine et le dauphin, ne se croyant plus en sûreté à Paris, prièrent le duc de Bretagne de les conduire à Melun, ce qu'il fit de la meilleure grâce, avec la plus grande habileté, le 9 avril suivant. Après avoir laissé une bonne garnison à Melun, il se retira dans ses États dans l'attente des événements, non sans s'être auparavant assuré de l'alliance de Valentine de Milan et du comte d'Alençon *, afin de mieux résister au duc de Bourgogne, qui avait profité de l'absence de la reine pour gagner le faible Charles VI.
Afin de tirer vengeance du duc de Bourgogne et des Parisiens qui s'étaient déclarés pour lui, Isabeau de Bavière réclama de nouveau le puissant appui de Jean VI et lui écrivit de vouloir bien la venir trouver à Melun et la ramener à Paris. Le duc de Bretagne accourut à Melun avec une partie de sa noblesse et repartit pour Paris avec la reine le 25 août. Il avait partagé ses troupes en trois corps : le premier était conduit par le sire de Château-Giron, qui avait sous sa bannière plus de six cents chevaliers et écuyers ; le duc était à la tête du second, dans lequel étaient plusieurs de ses barons, avec la reine et ses enfants qui marchaient au milieu d'eux ; le
1. Dom Morice, Histoire ecclésiastique et civile île Bretagne, Paris, 1750, in-f", t. I, p. 441.