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La seigneurie de Brézé, à 19 kilomètres de Saumur

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lotte de France, fille aînée d'Agnès Sorel et de Charles VII. On verra comment cette royale bâtarde fit honneur à la maison de Bi Quoique resté toujours suspect à Louis XI, Pierre de Brézé reparut enfin a la cour et y jouit même de beaucoup de considération. Su lin l'ut celle d'un soldat : il fut tué, le lu juillet 1465, à la bataille de Ifontlhéry, au moment où il chargeait en tête de L'avant-garde de L'armée royale. Louis XI passa, non sans de grandes apparences de probabilité, pour avoir été le promoteur volontaire de cette mort.

Quant ii aotre dit Jacques de Brézé, qu'allait-il résulter du mariage politique et forcé qu'il avait contracté sous de si fâcheux auspices avec Charlotte de France? Quoique cette union eût déjà donné naissance à cinq enfants, elle aboutit, quinze années après sa célébration, à la catastrophe que nous allons laisser raconter par un chroniqueur contemporain '.

« En ce temps, le samedi XIIIe' jour du moys de juing mil CCCC

LXXVI, le séneschal de Normandie, conte de Maulevrier, fils de

« feu messire Pierre de Breszé, qui fust tué à la rencontre de Mont-

<■ lehéry, lequel monseigneur le séneschal qui s'en estoit aie à la

•< chace près d'un village nommé Rouvres lez Dourdan '-, à luy appar-

« tenant, et avecques lui y avoit amené madame Charlote de France.

<' sa femme, fille naturelle dudit feu roy Charles et de damoiselle

Agnès Sorel, advint par maie fortune après que la dicte chasse

« fut faicte et qu'ilz furent retournez au souper et au giste au dit

« lieu de Rouvres, ledit séneschal se retray seul en une chambre,

[tour ilec prendre son repos de la nuit, et pareillement sa dite

femme se retrahy en une autre chambre. Laquelle meué de Leche-

1. Voirie Journal de Jean de Roye connu m. us le aom de Chronique scandaleuse, publié par M. H. de Mandroi pour la Suc de l'Histoire de France, 1896, 2 roi. in-s. Cette chronique a été faussemenl attribuée é Jehan de Troyes, greffier de l'hôtel de Ville : ce n esl que depuis quelques années seulement que l'on connall son véritable auteur qui est Jehan de Roye, secrétaire du duc de Bourbon, Jean II Cf. A. Vitu, La chronique scandaleuse de l.<>nis XI..., Paris. Jouaust, in-8" de !»•-' pages; et M. 1'-. de Mandrot, Bibl. de V École des Chartes, t. LU, pp. 130-133 .

En ce qui concerne l'affaire deJaccrues de Brézé, le récil de la Chronique srandaleuse esl â peu près conforme à celui qui se trouve contenu dans la requête que. dix ans après son crime, il présenta pour obtenir sa rémission Cf. Hihl. de l'Hc. des Chartes, j série, t. Y. p. 220, et Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles- Leltres, t. XLIII, p. 6

J. Rouvres, village situé à une demi-lieue d'Anet.

rie 1 désordonnée, comme disoit son dit mary, tira et mena avecques elle ung gentilhomme du pays de Poictou, nommé Pierre delà Vergne, lequel estoit veneur de la chasse du ditséneschal, et lequel elle fist couscher avecques elle. Laquelle chose fust dicte au dit séneschal par un sien serviteur et maistre d'hostel, nommé Pierre l'Apoticaire. Lequel séneschal incontinent print son espée et vint faire rompre 1 uys où estoient les dictes dame et veneur. Lequel de la Yergne il trouva en chemise en pourpoint auquel il bailla de son espée dessus la teste et au travers du corps, et, depuis qu'il le eut veu mort, lui bailla centcops d'espée et plus. Et après s'en ala en une chambre, ou retrait au joignant de la dite chambre il trouva sa dite femme mucée dessoubs la couste- d ung lict où avoient couché ses enfans ; laquelle il print et tirant à bas lui bailla de la dicte espée au travers d'entre deux espaules, et puis, elle descendue à terre et estant à deux genoilz, lui traversa ladicte espée par deux fois parmy les tétins et l'estomac, dont incontinent elle ala de vie à trespas. Et puis l'envoya enterrer en l'abbaye de Coulons et y fist faire un service, et le dit Pierre de la Vergne list enterrer en ung jardin au joignant de l'ostel où il avoit ainsi esté murdry. » Si la vengeance du grand sénéchal fut terrible, elle ne tarda pas à lui coûter cher. La chambre du Conseil du Parlement, ayant été aussitôt saisie de l'affaire, ordonna à Jacques de Brézé de se rendre immédiatement prisonnier à la Conciergerie du Palais de Paris. Néanmoins, au dire de Sauvai, il fut élargi pour six semaines, à la condition qu'il jurerait entre les mains du prévôt de Paris, ou de ses lieutenants, et de l'un des quatre notaires de la Cour, de se représenter, à l'expiration de ce temps, en personne, avec ses complices, sous peine de bannissement et de confiscation de tous ses biens ; et c'est justement dans son hôtel Barbette qu'il se consigna pour obéir à l'arrêt du Parlement :i. Réintégré à la Conciergerie, on commença son procès, qui traîna en longueur, et la Cour ne rendit

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