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Dombre de déshérités de la fortune pouvaient être recueillis jusqu'à leur mort. La fondation de cet établissement philanthropique remonte à la première moitié du xiv'' siècle et fut l'œuvre particulière de deux charitables et pieux époux. Sanction en fut d'ailleurs dûment donnée par un acte authentique daté du « mercredy d'après la Toussaint» de l'an 1334, par lequel les fondateurs Jehan Roussel, bourgeois de Paris, et Aalis, sa femme, affirment et déclarent :
Qu'en l'honneur de Jésus-JChrist, de la benoiste Vierge Marie cl tous les Saincls du paradis, et pour le salut et remède de leurs âmes, d'eux, de leurs amis et bienfaicteurs, ils avoientfaict taire et eddifier en une place vuide qu'ils avoient de leur conquest, assise à Paris au lieu que l'on dicl les Poulies de lez la porte Barbette, vingt-quatre estaiges de maisons et herbagaiges, tous dessoubs une couverture de Ihuilcs, pour héberger et hosteller bon nés yens, et pour ce que ceste chose fust et demourast terme cl stable et l'eusl et soit soubsteneue et mainteneue bien deuement et bonnestement à l'advenir, iceulx marries d'un commun accord et consentement avoient ordonné les dilz estaiges herbagaiges mainteneus
cl >. »u i>s yceulx soutenir bien et deuement à leurs propres coux et despens et à hesberger dedans iceulx bonnes gens pour l'amour du dict Jésus- Christ, durant le cours de la vie d'eux et de chacun d'eux et après le décès d'eux neuf ans contineus et accomplys à compter de la datte du
dernier mourant, et de ce s'estoient chargés eulx, leurs hoirs avec
tous leurs biens etc., etc.
Et pour l'entretien de cet établissement, ils donnèrent 8 livres 2 sols parisis de rente à prendre sur deux maisons sises en la rue de la Bretonnerie ' .
Par un autre contrat, en date du HJ mai 1348, Jean Roussel et sa femme échangèrent cette rente contre une autre rente de S livres 8 sols parisis à prendre sur une maison de la rue du Bourc (Thibout en la censive deSaint-Eloi '•'.
Ces vingt-quatre chambres contiguës devaient abriter quarantehuit « paouvres gens », à raison de deux par chambre, lesquels étaient tenus de dire tous les jours un Pater et un Ave pour les trépassés3. Les maisons d'aumône paraissent avoir été, dès l'ori-