PES
tv
Pendant toute la période de troubles révolutionnaires ie
et de luttes intestines, tous les chefs des divers clans,
même ceux qui étaient partisans d'établir la capitale
ailleurs, ont eu comme objectif la possession de Pékin.
Deux raisons peuvent expliquer cette attitude:
« L’une est psychologique et inévitable; l’autre
dépend en partie de l’Europe. La raïson psychologique est donnée par la majesté qui émane encore des rem-
parts de Pékin, et, surtout, de la vénérabilité du Palais
impérial. Les bolcheviks, eux aussi, savaient ce qu’ils
faisaient lorsqu'ils s’installèrent au Kremlin, au ber-
ceau même de l’âme et de l’histoire russes. La raison
politique : …Pékin abrite les représentants des Puissan-
ces. S'installer au Palais, près d’eux, avec la connaïissance que l’on a du désir intense de l’Europe de n’avoir affaire qu’avec un seul Gouvernement central chinois, c’est mettre la main sur la reconnaissance officielle, ce qui veut dire — et c’est là l’essentiel — sur des moyens
sûrs pour conclure de nouvelles dettes, pour obliger
' Fe
au TT aux N, ations, ! lancé le 16 juin, PR nn devait être la capitale, et une décision du 20 juin changeait le nom de Pé-King, « Capitale du de N ord », en Pé-pi ing, « le N ri pacifié ».
TE Sans. qu’ ‘une décision formelle ne fut encore prise,
Pékin cessa immédiatement, Æi fait, d’être la capitale.
Déjà, d’ailleurs, le Gouvernement nationaliste avait Fe ordonné le transfert, à Chang-haï, de la direction génévale des Douanes et de celle des Postes, et les archives de plusieurs ministères avaient été expédiées à Nankin.
C est la constitution du 4 octobre qui sacra officielle-
= ment N aukin pie
ee 1. — Les raisons du changement de Capitale
Nankin avait été une cité importante, surtout autre-
fois, au moment où elle s’appelait Kiang-ning, nom qui
(1) Comte Srorza. — L’Enigme chinoise, p. 168.
tale ea du à Kiangsou ele couvre une
Re mais ses trente- huit kilomètres de mur
misérables. Elle avai été io peu restaurés, mais ne ne
s'était pas complètement guérie des dommages subis “ lors de la révolte des ab done et au moment de la révo-. | lution @. Re, 1 D CV
En 192 8, si Pékin offrait, De ses installations confor- < : tables, de grandes commodités matérielles pour un. gou- vernement, N ankin, au contraire, était une ville demiruinée (2).
Elle n’en fut pas moins choisie pour r Capitale de la Chine, et il est intéressant de rechercher les motifs de | ce choix, motifs qui pourront nous donner, en outre, des de
indications pour l’avenir.
RER Le choix de N ankin repose sur des raisons économiques, historiques et politiques. Re Il avait été question, à plusieurs) reprises, de-choisiri
Wou-hou, agglomération des trois villes de Wou-tchang,
(1) Voir: P. R. Joüon. Géographie de la Chine, p. 54.
(2) Marc CHADOURNE, qui visita Nankin, en 1930, indique, d’une façon pittoresque, dans Chine, l'impression que lui roduisit la nouvelle Capitale: « Un Washington fangeux... RUN fangeux n’est pas le mot. Je laisse à trouver l’autre, l’adjec- 1e tif audacieux dont un diplomate de Chang-haï rehaussait sa comparaison ».
| distes ne Se | RS Ter RU GTR
one faut en: reconnaître que Pékin avait été surtout la : 4 métropole. des dynasties étrangères; mongole, puis … mandehoue. N ankin avait été déjà la capitale de la dys- nastie chinoise des Ming. | 2e Ce sont cependant les raisons politiques qui semblent # avoir été les plus fortes et déterminantes. | C'est au sud qu'est née la révolution. Sun Yat-sen # avait formellement exprimé son désir de voir Nankin (devenir une nouvelle capitale de la Chine.
Dès le 8 juillet 1928, à l’ inauguration du «comité poli-
tique du Nord », à Pékin même, Chiang Kaï Shek
annonçait la fin de la suprématie de l’ancienne capitale,
en même temps qu’il dénonçait son esprit rétrograde et son atmosphère corrompue (1). |
L'existence à Pékin, d’un « Quartier diplomatique », jouissant de privilèges exhorbitants, eut aussi certainement une influence qui, d’après certains, fut grande: « La véritable raison qui pousse les nationalistes orthodoxes les plus Kouo-ming Tang à faire de Nankin la capitale, lit-on dans l’Asie française (2), c'est qu'il faut : «en finir avec le Protocole de 1901».
Pékin, à leurs yeux, porte la marque de l'impérialisme étranger.
De nombreuses personnalités chinoises ont exprimé ce sentiment. Un ancien Président du Sénat, M. Tchan Ki, l’a fait avec une force particulière : &« Le Gouvernement nationaliste ne doit pas s'installer à Pékin, s 1 veut évi-
ter d’être piétiné par la botte de fer de l’étranger ».
Après avoir signalé les cas de Moscou et d’Ankara, le
Üomte Sforza écrivait, en 1928: « Au sort de Pékin, on
(1) Dans une conférence devant les Universités belges, le D' Tsu Zong-yung, disait, en juillet 1929: « Le transfert de la capitale à Nankin, ou plutôt la consécration de Nankin, comme capitale de toute la Chine, a peut-être été l’objet d’étonnement à l'étranger. Cette consécration, prescrite formellemént par Sun Yat-sen, est cependant toute naturelle. Eile indique bien que nous ne sommes pas de ceux qui changent les ordonnances, mais ne changent pas les médicaments.
La ville de Pékin, intoxiquée, infectée par la tradition et l'accumulation de la corruption mandarinesque, est le symbole du passé ».
(2) Numéro ‘de juillet-août 1928.
#1 “la “portée de Ja :
Sans être absoimment sûr de oi. ïl nous. semble \
e, du à point de vue un ce changement mi ne
on Nankin. en est la ue naturelle, de. même que ce ch ut celle du premier Ming et celle des T’ai-p'ing — pour
“ des raisons toutes semblables. » (2).
$ ‘En 1929, le ue à bien examiné un.
Pur de transfert de la capitale à à Si-ngan-fou, 1 mais A n2a; pas. abouti et Nankin semble devoir conserver définitivement son titre.
a fallu s’oceuper de la reconstruction et de la modernisation de ia ville, täche on y à une commission spéciale. f Lx A.la f première réunion de cette commissi on, tenue le je A avril 1930, Chiang-Kaï Shek déclara que Nankin Fe devait devenir le centre politique, intellectuel et économique du pays et qu l ne fallait ménager ni l’argent, ni è la peine, pour en faire une métropole belle et prospère. A exprima ses regrets que, depuis trois ans, les tra- AAA vaux n'aient pas encore été commencés, demanda que les
(1) L’Enigme chinoise, p. 167.
2) William MARTIN. — Îl faut comprendre la Chine (1935), p. 97.
ibins FERRER ES 1m s soient mis rapidement à
construction an immeuble. pour les bureaux d vernement et sur la préparation du transfert des
tions étrangères. La Commission examina. et appro
‘alors un certain nombre de projets et, un ie ou
les crédits furent votés be di
ue ROBE
Gonyernement, RAS : ‘+
La Politique de Pau dans son numéro du ol février 4 1935, sous le titre « La vie à à N ankin », écrit: NE
« La ville donne toujours une impression de tristesse. Le Bien que Nankin soit la capitale de la Chine et qu’ elle soit depuis quatre ans en pleine ère de reconstruction, on n’y voit pas de progrès de la société ni du développe- ï ment des affaires... On peut voir par là que la vie n est
pas facile dans la capitale de la Chine, capitale par À
SA
par le Gouvernement National ».
$ 2. — La question du transfert des légations à Nankin
Conséquence naturelle du changement de capitale, *
" ' LL, nee Et NV à : Hu MR RER OPEN r 7 ET | Era RUE ER 4
(1) La politique de Pékin, numéro du 26 avril 1930.
ti
Mi ne e pouvait être © réglée immédiatement.
ce Nankin. tn 'état de la nouvelle es
demeures construites à p européenne, réquisitionnées ou louées à à cet usage ; les hôtels faisaient défaut à à ce point \ | que le Gouvernement logeait lui-même les ministres dE 4 po qui venaient ÿ négocier de nouveaux traités. Les fonetionnaires gémissaient et les ministres, après ff de RE séjours. dans leurs bureaux, continuaient, dans ; “leurs villas confortables de ‘Chang-haï, le travail com- , mencé sur les bords du Yang-tseu. » (D). ob
“Le Gouvernement chinois se rendaît compte de ces” — En février 1930, le Consul général japomais à Nankin, ayant demandé que soit désigné un De endroit convenable où le J apon pourrait construire sA légation, Chiang-Kaï Shek et ses “collègues décidèrent sl 'attendre encore un peu pour pouvoir régler en même
temps la question ce toutes les légations.
(1) H. CassEvILLE. — Nankin contre Tokio, p. 36.
er le na) était Fe à Lu: recons- FR
. # Sa 1 ae les quelques RÉ
La commission de reconstruction de Nankin à établ des projets prévoyant ies emplacements réservés aux fuiures iégations. Ces domaines, couvrant chacuu des superlicies de 450 à 600 ares, sont disséminés en des points diftérents de la ville, afin d'éviter la reconstitution d’un nouveau quartier diplomatique.
Au cours d’un voyage dans le Nord, au début de 1931, le Ministre des Affaires étrangères, M. C. T. Wang, a informé es représentants étrangers des dispositions et des intentions de son Gouvernement qui, depuis lors, à pressé lies Puissances d'installer leurs légations à Nankin.
À plusieurs reprises, on a annoncé comme devant être imminent le transfert à Nankin de certaines légatrons. En fait, rien de tel ne s’était encore produit jusqu’à ces derniers temps.
Les Puissances hésitent pour plusieurs raisons. Elles possèdent à Pékin d'importantes propriétés et des installations confortables. Les représentants étrangers n’ont certainement pas un ardent désir d’aller se fixer et vivre à Nankin.
En outre, raison certainement la plus importante, il faudrait être sûr que l'unification commencée de la Chine durera. Nankin est-elle bien appelée à être définitivement la capitale de la jeune Chine républicaine?
L'installation des légations à Nankin est liée aussi à
une question de sécurité. Les diplomates étrangers
Errt
seraient-ils ont à l'abri d’un mouvement xénophobet 2. NES
MD?£ ele solutions ont été envisagées.
3 Dans une note, adressée au Secrétaire d'Etat, en juin
1930, M. N elson T. Johnson, ministre des Etats-Unis en
Chine, préconisait la suppression. de la garde américaine
à Pékin, ainsi quelle transfert de la légation, non pas à
Nankin, mais à Chang-haï. T1 faisait ressortir qu ‘on ne. pouvait envisager Nankin comme lieu possible pour la
E légation, aucune garantie ne permettant de croire
que cette cité conserverait son importance politique actuelle (1).
Tout récemment, encore, il était question, dans la presse, de la prochaine installation de l’Ambassadeur des Soviets à.Nankin ou plutôtà Chang-haï.
Le point de vue de la plupart des Puissances a été clai-
rement indiqué, dès juillet 1930, à la Chambre des Com-
munes. Répondant à une question, M. Henderson déclara
‘qu'il y. avait de sérieuses difficultés matérielles et
autres pour le transfert total de la légation de Pékin à Nankin; que cependant des mesures avaïent été prises pour louer un local à Nankin et y arranger une branche de la légation; que, d’autres arrangements pourraient être pris pour faciliter le contact du représentant anglais
avec le Gouvernement chinois.
(1): Politique-de Pékin, numéro du 21! juin 1930.
C’est à ce qu'ont fait pratiquement les Puissances. ‘22 ’ | Les légations restent à Pékin, mais ont ouvert à N: ankin #3 des espèces de succursales. jh | D :ARIRER A MEES ministres étrangers s’y rendent pour les affaires Fi importantes ou y envoïent un délégué pour traiter les de ae è ve Jus questions diplomatiques. LASER ne | a Telle est, pour le moment, Ja situation générale. IL
n’est d ‘ailleurs pas impossible qu 'elle se modifie.
Certains représentants, nouveaux venus, ont résidence officielle à à Chang-haï : par exemple, le ministre de F : Pologne. Tout récemment, il était question de la prochain installation, à Chang-haï ou à Nankin, de 1 ’ambas- 24 sadeur des Soviets. On annonçait aussi, en février 1935, | que les autorités du Bureau des Affaires étrangères du
& Japon prenaient en considération le transfert de leur
| légation — qui, pratiquement, fonctionne déjà à ot où haï — à Nankin. Fe a “ à Ni 4 Enfin, tout récemment, le Gouvernement du Reich. :
vient de décider le transfert de son ambassade à Nankin.
En présentant ses lettres de créance, Île 14 septembre
1935, le premier ambassadeur d'Allemagne, D' Traut-
mann, a déclaré, en effet: « L'établissement d’une ambassade allemande en Chine a amené le Gouverne..
Nankin, qui est le siège du Gouvernement national.
ment allemand à déplacer son ambassade de Pékin à
Nous espérons sincèrement que cette décision sera
apprise avec sympathie par le public chinois et que cette
mesure conduira à un contact personnel encore plus
étroit avec les membres du Gouvernement chinois. Agis-
sant d’après les instructions de mon Gouvernement, j'ai,
| aujourd ’hui, informé le Président de la République chi
noise que le siège officiel de l'ambassade a été transféré
à Nankin...» | HN HOME
Des bâtiments ont été loués à Sa-Kia-wan (dans le
quartier nord de la ville) et seront occupés dès que ie
E sible après leur mise en état (1). ÉReee
Après avoir décrit les faits, “quelle anne pon- : vons-nous formuler?
La question est complexe. ete
Le motif des grosses propriétés que les Puissances
devraient abandonner à Pékin est évidemment secon- | daire. JT | Maïs il y a d’autres considérations importantes à faire. , né sn Le Quartier diplomatique de Pékin, avec tous ses pri-
vilèges, celui de sa propre défense, en particulier, a été
établi par des traités et pour des raisons qui étaient à l’époque incontestablement valables. Il ne peut être envisagé, à l’heure actuelle, d’en créer un semblable à Nankin. Là, les légations jouiraïient simplement des immunités généralement reconnues par le Droit inter-
national. La question est entièrement liée à celle de la
(1) North China Herald, du 18 septembre 1935.
1 84: LE QUARTIER DIPLOMATIQUE DE PÉKIN. Li ERE Lo ss
modification des ne dits « inégaux ». Gi ne > peut. | trouver étonnant que ces décisions graves exigent dela. réflexion. de la part des Puissances et des garanties PES sérieuses.de la part de la. Chine. On ne peut donter que Fe. le Gouvernement chinois, à l’époque présente, ne veuille de , admettre les pratiques du Droit international. Mais estil définitivement. en mesure de. les: faire respecter ? Dans ses deux mille ans d’histoire, la Chine a changé Le douze fois de capitale, Or, la.transformation républi- | caine a produit des bouleversements plus profonds
qu’un simple changement de dysnatie.
Il en est certainement résulté- un désarroi qui. n’est pas-encore apaisé. Il est nécessaire que la: République i dela. Chine -unifiée soit. plus: qu’une simple expression, :
mais une réalité solide.
La situation particulière de la Chine actuelle, au point de vue de la représentation diplomatique, n’est pas unique. En Turquie, les Puissances n’ont pas établi leurs légations à Ankara, mais les ont maintenues à Stamboul. |
C’est toutefois une situation anormale, , qu’il n’y. a aucune difficulté à reconnaître.
L'installation des légations dans la véritable Capital de la Chine est la. solution de l’avenir.
Des indices donnent l'espoir d’un règlement futur,
mais les circonstances: et, les obstacles: à franchir nous
LE QUARTIER DIPLOMATIQUE DE PÉKIN 18b font penser que cette réalisation complète, qui serait dans le véritable esprit du Droit international, est peut-
être encore assez lointaine.
L pa Serbe
” on
Leurs premières tentatives, nérettousee ont révélé | um profond. malentendu entre les deux parties, malen- tendu résultant des oppositions de mentalité et de civi-
; lisation entre Orient et Occident et qui n’a fait que
he s’accroitre, par l'effet de torts réciproques. La Chine, d’une part, exagérément orgueilleuse, pre: rie nant pour une supériorité ce qui n’est qu’une différence | de races, a cherché jalousement à se fermer, ne reculant, * à certaines époques, devant aucun moyen hypocrite -ou perfide. |
qui mirent al "abri, a” une a déinitive, leurs rt
| événement ne grave encore, le : siège de leurs SRE | en | DH 4 FE ‘. LIT ji
sentants à Pékin: UNE JA ANA LHC
0 } ” i L A5 Il L'ensemble des circonstances een où les puissa
ces avaient fait Ps ee tout, “de une @ rta a Je { : A
d’un « Quartier diplomatique », iouissant de préro tives définies. Épiss Re
La nature juridique & Quartier diplomatique est indiquée dans le Protocole du 7 septembre 1901, signé par la Chine et onze. Puissances : Autriche- Hongrie, Belgique, France, Allemagne, Italie, Japon, Pays-Bas, < Russie, Grande-Bretagne, Espagne et Etats-Unis. Ê
Certains points sont, en outre, développés et M dans le Protocole du 13 juin 1904, simple accord des
Etats étrangers entre eux. | “AS
? . sances FA es droit d Y. conserver, Je par L oceupa-
. tion militaire de certains autres CRE dde j ru ' de A “ ni [ We Leo N 2 ne no les douanes maritimes, chaque |
Bout le reste des terrains Énértient à de du ù . Quartier diplomatique, sur la base d’un droit de pro-
na dé riété commune, à l'exclusion formelle de tout empiètea P
ment particulier. Re OUR ES Une partie de ce terrain, en bordure du Quartier, est réservée comme « glacis ». Chaque légation en contrôle
Sn VE QUARTIER DIPLOMATIQUE | DE PÉKIN
une fraction, mais aucune rt ne peut y ue ie faite sans le consentement unanime des représentants ts des Puissances signataires du Protocole final et Ja Re
défense doit en être assurée d’un commun accord.
T'el est le tonne légal.
D'une part, il est insuffisant. D'autre part, en face
d’un Gouvernement chinois faible, le Corps diplomati- “que (d’une façon plus précise: l’ensemble des représen-
tants des Puissances signataires du Protocole final) a , L “cherché à augmenter ses prérogatives. Enfin, des riva- a. Hiés particulières au sein même du Corps diplomatique,
ont onplique les choses, même les plus simples.
‘Ces trois raisons ont contribué à établir une situation 54
“de‘fait, qui, si elle a assuré au Quartier une vie assez satisfaisante, est, dans l’ensemble, confuse, variable et
en marge des traités.
‘Parmi les pratiques qui se sont développées, certaines peuvent, peut-être, se rattacher à l'esprit des Protoco- | les, mais d’autres, malgré des essais de justification, sont d’indiscutables abus. Certaines ont été admises tacitement par la Chine; quelques autres ont provoqué
ses” protestations.
De ces illégalités, retenons les plus notables : On a voulu voir, pour l’ensemble des Puissances, un droit de souveraineté territoriale sur le Quartier. Il n’en
est rien.
— + ae sujet des dhaes ne fonctionne
un « droit d'asile ». C’est une pratique admise, même
par 1a D mais qui ne repose sur aucune base de
A4 (droit.
: ee = Enfin, des règles de détail — celle de Diderot ne des constructions sur le glacis, par exemple — ont été | fréquemment violées, sans réaction suffisante du Corps on Ces dernières questions ne sont évidem-
ment pas très graves en elles-mêmes, mais elles sont . intéressantes parce qu’elles font ressortir la situation 4 récaire du Corps diplomatique, où se > heurtent des vues
PA et des intérêts divergents.
. Malgré en rivalités de détail, jusqu’en 1914, les Puis- “pi sances ont formé, en face de la Chine, un bloc relative-
ment homogène. Mais alors, des divisions irréductibles
| titre de ete du Protocole de 1901 et les pee . lèges en à <
d es de l’ancienne “Russie, sa qualité = € sigmat dl Re | du dit Protocole. |
important de es les dissensions d ensemble qui existent entre les Puissances depuis cetteé époque. ei Du côté chinois, la révolution a ébranlé fortement tout ess l'édifice politique et social.
| D'un certain point de vue, la situation instable et. trouble qui en est résulté a créé une situation 6 équivoque . pour le Corps diplomatique, situation dont la Chine : a. i su tirer quelques profits.
D'un autre point de vue, la Chine, toujours faible et. encore divisée, n’a pas pu obtenir ES avantages abso- 1 = lument substantiels. |
Enfin, après quelques années de chaos complet, la vie toire du Sud, du parti nationaliste Kouo-ming Ta 8 : transférant la capitale à Nankin, à mis le Quartier
diplomatique dans une position paradoxale.
ip omatiques, mais ue que soient les |
l'on a : est a d'évidence. Fe n° Es
s elles-mêmes à Nankin.
sement 1 + Notes
t ur — — de se faire prier et de se montrer circonspectes, PL
IT
Des légations ont, à Pékin, de grosses propriétés. On
conçoit qu ’elles aient quelque répugnance à les abandon- | ù
; ner, mais le Gouvernement chinois serait prêt à donner Ex
- Cependant, si les légations s'installaient à Nankin, les uissances, à à l’heure pulls ne sauraient exiger la
196 re LE QUARTIER DIPLOMATIQUE DE PÉKIN création d “un nouveau Quartier diplomatique avec ses prérogatives spéciales, et le Gouvernement chinois ne 1 pourrait, en aucune façon, y consentir. Ce transfert, qui Kat correspondrait à l’abandon de privilèges importants, est done intimement lié à la question de la révision des « traités inégaux ».. | | FM
Dans les années d’après la grande guerre, malgré l’anarchie intérieure, un vent favorable à soufflé pour à la Jeune Chine. Ses succès, en politique extérieure, ont été nombreux, mais ils semblent dus, surtout, aux rivalités mêmes des Puissances, qu’il était facile d’exploiter. Un certain nationalisme s’est bien manifesté, un progrès vers l’unification a bien été réalisé, des efforts pour une amélioration de l’organisation intérieure ont bien été faits et ont produit des résultats indéniables, mais, impartialement, il y a encore quelques éléments moins favorables, dont il faut tenir compte. |
D'une part, les dissensions intérieures n’ont jamais permis de constituer un bloc absolument durable et solide, contre l'Etranger. Généraux et politiciens ont souvent recherché des avantages personnels, usant parfois de la formule & abolition des traités inégaux », comme d’un simple procédé démagogique.
D'autre part, la faiblesse matérielle de la Chine est toujours grande. Ce pays n’a jamais pu opposer de
-résistance armée effective à une agression, et, dans les
conflits avec le Japon, sa suprême ressource a été de.