‹ Le Quartier Diplomatique de PékinChapitre 30 sur 33 · ESS · texte numérisé non relu

ESS

si 1e était entrée dans Le ue en s Le LS

= ie du une e volonté unie et tenace et & "une force ‘côbérente et effective. :

Dans L 'état actuel des choses, les intérêts et les droits

pas que se inconvénients pour la Chine. L'aide et la | collaboration des Nations occidentales ni sont encore matériellement indispensables, et la situation interna- tionale de ce pays | est, par bien des points, une garantie relative de son intégrité, qu il ne pourrait pas, lui-

Jimites.

La: révision des traités inégaux, si c’est la solution de

ni avenir, demande donc la réalisation de plusieurs con-

: < (1) L'Enigme chinoise, p. 10.

de oe ee àla una de l'épiderne, ;

même, défendre contre des voisins ue appétits sans

Et

d’autres questions 4 qui se à rattachent à à ai inté

substantiels Ge RÉ Fe

Si, Fo son action, la France a Rupee été

quand il s’est agi de faire respecter le Droit et si, que toute autre nation, elle n à jamais consenti à e abandons intéressés, elle a néanmoins toujours eu, cv | à-vis de la Chine, une politique libérale. lee : nee SET PE Au 2 C’est de ce point de vue désintéressé et d’une man) mière

DR que nous avons examiné un certain

tenant, nous n’avons pu arriver cependant à =. une position catégorique. À = La complexité et l’opposition de droits et d'intér

certains nous font penser que le droit et la justice

(1) Le retour opel à la Che des Concessions étrangères, par exemple.

peuvent se trouver, actuellement encore, que dans des solutions moyennes.

Dans notre étude, aussi bien que dans nos conclusions, il nous est apparu que, pour avoir quelque chance d’être près de la réalité des choses, il fallait faire preuve de relativisme et rester dans l’esprit des vieux préceptes de Confucius : « Pas de sympathie, pas d’antipathie, pas d'idée préconçue, pas de conviction ferme. Ne jamais se déterminer pour un extrême, car excès et déficit sont également mauvais, suivre toujours la voie moyenne, prendre une position moyenne }.

Bien plus, les appréciations générales que nous avons pu formuler, nous les considérons comme essentiellement relatives, sachant combien elles atteignent difficilement une réalité que nos mots eux-mêmes, sont impropres à exprimer et, nous souvenant de la parole d’un homme pourtant qualifié: « Je prétends connaître assez la Chine pour savoir que je n’en sais rien et que je me puis rien en savoir. » (1).

Si la lecture de notre travail donne, de la Chine actuelle, quelques impressions défavorables, elles doivent être largement atténuées.

Sans aucun doute, la République chinoïse a, à sa tête,

des chefs de claire intelligence, de haute culture et aux

(1) L’'Enigme chinoïse, p. 1. Le Comte SFORZA a été ministre d’Italie en Chine et aussi ministre des nine étrangè-

res d'Italie, Ha user dd

ceux-ci aux prises avec les s problèmes Ce l'Europe

: … d "un seal pays ».

| che de « l’unité par se reconstruction » Maïs le ei

ee DRE accomplir est immense. y a, véritablement, une n

L nalité en travail, dans des conditions délicates: «

ie D Chine, tout s est dissous d’un seul coup. La révolntio

Mel ide. 1911, dans le même temps qu’elle couvrait la Chine PES aux ‘influences de l'Occident, a détruit l’Empire sans

avoir rien à y substituer... 1F tragédie de la Chine un à

moderne, C est que le passage d’° une civilisation à à l’a

tre, ou mieux, 1 ’interpénétration de deux civilisations, É tâche extrêmement difficile et dangereuse, au lieu d’ être N entreprise dans des conditions politiques favorables, doit l'être au plus mauvais moment et dans les circonstances les plus contraires ». C’est là ce qui « explique. à tous les problèmes moraux, politiques, juridiques, tech- = À niques, qui se posent à la fois aux Chinois. Presque tou à ce que nous leur reprochons, 0 ou qui nous étonne, est dû 2

à ce que la Chine se modernise, non DE comme le

Japon, par un processus d'évolution harmonieuse, mais dans les douleurs d’un nouvel enfantement. » (1).

Devant cette situation, l’attitude des Puissances, pour être correcte, doit être libérale.

S'il faut qu’elles prévoient encore des mesures de transition nécessaires à la sauvegarde de leurs droits légitimes, elles doivent cependant pardonner à la Chine ses erreurs passées (dans les moments troubles, n’est-ce pas, d’ailleurs, surtout le sang chinois qui a coulé?) et l'aider à devenir la grande Nation souveraine et organisée, qui serait, par ses qualités et ses ressources potentielles, d’un si grand effet pour la cause de la paix politique et de l’équilibre économique du monde.

Pour nous, les éléments favorables, à l’heure actuelle, l’emportent de beaucoup sur les autres.

Matériellement, la Chine est le pays le plus riche et le plus peuplé de la Terre. Malgré des difficultés intérieures et extérieures et des révolutions, son commerce et son industrie sont toujours allés croissants. Contrairement à ce qui se passerait dans nos pays d'Europe, la désorganisation n’a jamais été fatale et l'initiative privée a toujours suppléé à l’absence ou à la carence de la direction politique. |

Moralement, nous pensons que si parfois on a pu trouver aux Chinois certaines attitudes critiquables,

(1) William MARTIN. — Il faut comprendre la Chine, p. 9%5.

celles-ci ne leur sont aucunement naturelles, mais résultent presque toujours de l’action même de l'Etranger. Ce qui domine toujours chez le Chinois, avec sa vive intelligence, c’est sa franchise, sa loyauté, sa bienveillance, sa distinction, sa courtoïsie, qualités issues du | fond même de la race et d’une haute civilisation millé-

naïîre.

Ce sont des qualités humaïnes profondes, qui caractérisent la Chine éternelle et font qu’il n’y a pas dans ce pays de chaos véritable, mais simplement « des agitations superficielles, fâcheuses certes, qui imposent à la population des souffrances imméritées, mais qui n’atteignent pas le fond de son âme ». Dès lors, quelle sympathie ne doit-on pas avoir pour ce peuple intelligent, travailleur et pacifique, qui ne semble pas avoir tout le bonheur auquel ses grandes qualités lui donnent

droit.

Les années qui viennent doivent voir un progrès dans

la condition de la Chine et du peuple chinois.

Dans un ouvrage tout récent: 1! faut comprendre la Chine, M. William Martin, après avoir examiné l’état de l’Europe d’après guerre, écrivait: « La Chine n’est ni dans une situation pire, ni dans une situation meilleure que l'Europe. Mais elle a des ressources, des possibilités de développement, une vitalité que l’Europe,

fatiguée, ne possède plus. On étonnerait beaucoup de

gens, qui croient pouvoir porter sur le chaos chinois des jugements définitifs en leur disant que la Chine sera, peut-être, au cours des prochains siècles, l’un des grands centres de civilisation et de production du monde. C’est pourtant vrai — dans toute la mesure de certitude que peut posséder une prophétie! » (1).

C’est ce que de nombreux indices permettent de penser et d’espérer.

Cet avenir meiïlleur, nous le souhaitons ardemment à la Chine, ce pays merveilleux, où nous avons eu le privilège de vivre des années heureuses et qui exerce sur

notre esprit le plus puissant attrait.

(1) Op. cit., p. 267.

VU, Vu, Le Président : Le Doyen :

HAMEL. Edgard ALLIX.

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