SAR
btenir une plus grande pores d’action en matière
commerciale.
Le ne mission spéciale, dirigée par Dordi Napier, n’est à pas admise à à Pékin: l’ambassadeur est traité commeun 4 simple agent de commerce.
Voyant l’échec de la diplomatie, bo se décide à agir plus énergiquement et 1 interdiction de l’importation de l’opium, lui sert de prie pour déclarer la guerre en 1840.
La Chine, sous la domination de la dynastie mandchoue, incapable de résister, signe, le 26 jun 1843, le traité de Nankin qui (constitue dans la muraille fermant
si l’Empire du Milieu, la brèche par laquelle les autres peu-
ples pourront y pénétrer en l’élargissant. » (1). Les
() MaspEro. — La Chine, p. 125.
autres Puissances, en effet, demandent immédiatement
leur traité de commerce: les représentants américains
signent le traité de Wang-hia ; les français celui de
Whampoa. Monsieur de Lagrené obtient en outre un
édit de tolérance envers les chrétiens.
Ces traités ne vont pas clore l’ère des difficultés, comme on pouvait le croire. Les plénipotentiaires
chinois n’étaient munis d’aucun pouvoir régulier et.
l'Empereur n’était nullement mis au courant, si bien que la situation ne se modifie pas.
La France et l'Angleterre sont ainsi amenées à régler
les choses d’une façon plus efficace: « C'était avec le
Fils du Ciel lui-même, non avec ses représentants coin- merciaux, que Français et Anglais désiraient continuer
des relations entamées dans une capitale du centre ou
du midi de l’Empire. La communauté des intérêts de
la France et de l'Angleterre. permettait et préparait une action commune de ces deux puissances contre l’Empire du Milieu. Que de prétextes n’était-il pas facile de trouver pour intervenir, soit diplomatique-
ment, soit militairement? » (1).
En 1858, à la suite de l’assassinat dans le Kouang-si du missionnaire français Chapdelaine et de la saisie du
navire anglais (€ Arrow », les deux puissances déclarent
(1) H. Corpier. —- Histoire des relations de la Chine avec les Puissances occidentales.
, Satisfaits, “a alliés évacuent immédiatement T'ienn ts, mais dès le 25 juillet un édit de l'Empereur montre
que rien n ’est, en fait, réglé. « Les Barbares, dit- ‘1
‘ayant osé venir avec leurs vaisseaux jusqu’à T’ien- -tsin,
nos envoyés leur ont fait une : réprimande affectueuse-
- ment sévère qui les a décidés à à s’en aller. »
Un an plus tard, en effet, le Baron Gros et Lord
Hgn, se rendant à Pékin, sont arrêtés à Ta- Kou et après #
une vaine tentative, sont contraints de retourner à
Chang-haï chercher du renfort. Le Gouvernement chi-.
nois, triomphant, se justifie aux yeux du peuple par des édits impériaux, tandis que la xénophobie et les persé- cutions contre les chrétiens augmentent.
Cet accueil inattendu force les alliés à déclarer la guerre, le 8 avril 1860. Le 1° août ils débarquent à P’eit’ang seize mille hommes; le 24, ils occupent T’ien-tsin, puis devant la mauvaise foi chinoise (saisie des parlementaires) marchent sur Pékin et s’en emparent le 13 octobre. Le Prince Kong est contraint de signer les conventions de Pékin (24-25 octobre), qui ratifient défnitivement les traités de 1858 et accordent ao avantages supplémentaires.
. Les événements rapidement signalés, étudions quel-
ques dispositions intéressantes de ces importants traités et conventions.
D'une façon générale, ces traités augmentent l’ouverture de la Chine et accroissent les privilèges étrangers. Ils présentent une certaine analogie avec les capitulations accordées par la Turquie, maïs par certains côtés seulement.
Les traités sino-américain et anglo-chinois diffèrent peu du traité français, en 42 articles, signé le 27 juin 1858 par le Baron Gros et les deux plénipotentiaires chinois Koueiï-liang et Houa Cha-Na.
Nous examinons ici uniquement les dispositions, d’ailleurs assez nombreuses et précises, relatives aux relations diplomatiques, Dans le traité français, par exemple, les articles 2-3-4 et 5 ont trait à ces questions (1).
Jusqu’à cette époque, la Chine avait autorisé seulement la nomination de Consuls. Par les traités de 1858, elle accepte de recevoir des représentants diplomatiques.et d’envoyer des ambassadeurs chinois auprès des Chefs d'Etats étrangers (article 2 des traités français, langlais, américain).
L'article 2 du traité français dispose: « A l’exemple de ce qui se pratique chez les nations d’occident, leurs
agents diplomatiques dûment accrédités, pourront se
(1) Voir SouLté pE MoRANT. — Erterritorialité et intérêts étrangers en Chine (p. 61 et suivantes).
A réndre éventuellement dans la capitale de l’Empire, lorsque les affaires importantes les y appeleront ». Par mesure de réciprocité, l’Empereur des Français s’en-
4 gage à « recevoir à sa cour avec les honneurs et préro-
gatives dûes à leur rang », les agents diplomatiques
« qu'il plaira à $S. M. ses de Chine d’accréditer en France ».
Malgré l’insistance des plénipotentiaires, ils ne peuvent obtenir leur admission permanente à Pékin ; il est simplement concédé que « si l’une des puissances qui ont un traité avec la Chine obtenait pour ses agents diplomatiques le droit de résider à poste fixe à Pékin », les autres bénéficieraient du même droit.
Si la Chine avait adopté sincèrement ces dispositions,
beaucoup de différents auraient pu être évités par la
suite. Mais elle avait signé, poussée par la nécessité et
sans sincérité. Nous savons comment, peu après, ont été reçus à l’embouchure du Pei-ho, nos plénipotentiaires. Logiquement, d’ailleurs, ce n’était pas instantanément que pouvait s’opérer une modification et une adaptation de la mentalité chinoise. Mir
C'est à la suite de l’expédition de 1860 que les Puissances obtiennent le droit de résidence fixe à Pékin,
pour leurs agents diplomatiques. Ceux-ci s’y installent
définitivement: fin mars 1861, le ministre de France,
M. de Bourboulon et le ministre d'Angleterre, M. Bruce;
puis, en juillet, le représentant de la Russie, colonel de
Balliouzek et en août 1862, le ministre des Etats-Unis.
La manière dont sont accrédités ces envoyés n’est pas | prévue. J usqu'à une date récente, les ministres ont annoncé leur nomination par une note adressée au Waïkiao Pou, demandant audience au Chef de l’Etat pour remettre leur lettre de créance.
Outre ces questions de base, les Puissances réglèrent formellement un certain nombre de points particuliers relatifs à à leurs relations diplomatiques. Une
Il ne suffisait pas que les agents fussent acceptés; il fallait aussi réglementer leurs rapports avec les autorités chinoises. Jusque là, celles-ci avaient souvent désigné des fonctionnaires subalternes ou des personnalités sans position définie. |
Deux conceptions sont appliquées : Les Etats-Unis, (traité américain, art. 4) stipulent que leurs représentants doivent traiter à égalité, dans la Capitale, avec
les membres du conseil privé, et, dans les provinces,
avec les gouverneurs. La Grande-Bretagne (traité an-
glais, art. 5) exige la désignation par la Chine, d’un Secrétaire d'Etat ou d’un Président de Ministère. En fait, nous allons le voir, un organisme spécial est
créé dès janvier 1861.
Les règles humiliantes du protocole chinois provoquent d’autres dispositions spéciales.
L’Angleterre spécifie (traité anglais, art. 3), que son représentant « Shall not be called upon to perforim any
ns QUARTIER DIPLOMATIQUE DE PÉKIN
|ceremony dérogatory to him as representing the Sovereign of an independent nation on a footing of equality with that of ra On the other hand, he shall use the same horms of ceremony and respect to his Majesty the Emperor as are employed by the Ambassadors, Ministers or Diplomatie Agents of his Majesty towards the Sovereign of independent and equel European Nations ». Ve ENS Les traités (américain art. 7 — français art. 4) prévoient en détail les formules à employer dans les communications; elles doivent être des formules d’é galité. La langue utilisée doit être celle du représentant ‘étranger, mais accompagnée de la traduction chinoise, Jus au jour où le gouvernement de l’Empire du Milieu aura des interprètes en état de : comprendre les langues. ! Alors la correspondance se fera, pour chaque partie dans sa propre langue (traité français, art. 3 — traité l anglais, art. 50).
Les traités spécifient aussi la langue faisant foi: c’est la langue de la partie contractante étrangère, à l'ex. clusion du texte chinois (traité français, art. 3 — traité anglais, art. 50). À ce point de vue, pour des traités ultérieurs, es solutions diverses ont été adoptées (1).
(1) 1° Le texte est valable pour chaque on dans sa ï langue: Belgique (1865), Espagne (1864), Hollande (1863), Italfe (1866 LAN Une ee langue (français ou anglais) fournit Je : : texte faisant foi: le one AU le Brésil (1881), la Perse (1° juin 1920), l'Allemagne (20 mars 1921); l'Anglais pour le Danemark ut le un GEL le Chili pie
Les représentants étrangers devant, dès lors, avoir des rapports fréquents avec le gouverndment chinois, il fallut créer un organisme spécial pour les affaires étrangères. Ce fut le Prince Kong lui-même qui présida cette institution destinée, disait-il, « à consolider et assurer les bonnes relations entre la Chine et les Empires étrangers }. +
. Il s’appela d’ abord: Tsong-li ko-Kouo-che- wou Le 5 men « Tribunal pour diriger les affaires de tous les pays », puis: Waï-wou Pou « Ministère des affaires extérieures », et enfin: Waï-kiao Pou « Ministère des
relations extérieures » (1).
Les autres Puissances veulent obtenir des avantages analogues. Elles se heurtent évidemment au gouvernement chinois et parfois même à la France et à l’Angleterre qui ont acquis leurs traités par la guerre.
La Russie manœuvre habilement. Le Général Ignatief s’introduit en 1860 auprès des plénipotentiaires anglais ‘et français et leur sert, en quelque sorte, d’intermédiaire, tâchant « à persuader au Gouvernement Chinois d'arriver à des négociations définitives avec les Ambas-
sades de France et de Grande-Bretagne, et de mener
(1) Après les « Boxeurs », des Edits impériaux modifiè- : rent le cérémonial de la cour relatif à la réception des représentants étrangers et établirent que le Ministère des Relaee Extérieures « prenait rang avant les autres ministères ».
à ces négociations avec plus de bonne foi duel ne déni ù fait jusqu'alors ». Il tire facilement profit de son attitude et obtient le traité des 2-14 novembre 1860, favorable aux dmpiètements de la Russie, qui s’étendent jusqu’au Pacifique et Vladivos tock (1).* |
La Chine fait surtout des difficultés au sujet de nou-
veaux agents diplomatiques à accréditer dans la Capi- —
tale.
| La Prusse obtient par le traité de T'ien-tsin, du 2 septembre 1861, le droit d’avoir un ministre à Pékin, mais simplement après un délai de cinq années. M. Eulenburg n’arrive d’ailleurs à ceci, que grâce au concours de M. de Bourboulon. Le Prince Kong disait en effet que « le Royaume de Prusse n’ayant eu jusqu’à présent aucune relation avec la Chine, il ignore entièrement à quelle catégorie d’Empire il appartient ».
Le ministre du Portugal qui veut se rendre à Pékin
est avisé & qu’il ne pourrait se rendre dans la ville
sans être muni d’un passeport délivré par l’une des
légations admises à y résider ».
(1) « Le Ministre de Russie près la cour chinoise eut la chance d'apprendre que les deux alliés avaient décidé de se retirer avant l'hiver, mais que la décision devait rester secrète plusieurs mois encore. Il s’en alla au Tsong-li Yamen et, lui aussi dans le plus profond secret, promit aux Chinois l'appui russe pour que les forces étrangères quittässent Pékin au plus tôt; et il posa une condition: que la province du Pacifique fut cédée à la Russie. Le Gouvernement Chinois accepta. Les Anglo-Français partirent à l’époque qu'ils avaient déjà décidée, sans la moindre pression russe. Mais la province du Pacifique passa à la Russie ». Comte SFORZA. L’Egnime Chinoise, p. 138.
AVS
26 Re ÉE QUARTIER DIPLOMATIQUE DE PÉKIN
{ | L'Espagne obtient cependant le droit d’ accréditer,
trois ans après la signature de l’accord, un agent à
Pékin. Enfin des conventions analogues sont conclues avec la Belgique (novembre 1865), l'Italie (octobre 1866),
l’Autriche (1879).
Définitivement représentées dans la Capitale, les Puissances, pensant agir dans leur intérêt, aident alors le Gouvernement Mandchou à réprimer la révolte des T’aï-ping (Gordon, chef de L’ « armée toujours victorieuse ») définitivement écrasée en juillet 1864.
En 1865, la situation apparaît assez bonne.
Au point de vue intérieur, le Gouvernement impérial ‘fait appel, dans une certaine mesure, au concours étranger pour une réorganisation administrative et militaire.
Au point de vue extérieur, les dernières troupes alliées sont retirées en juillet 1865. « Les Puissances liées par des traités avec la Chine voient enfin le moment où leurs nationaux vont pouvoir bénéficier des accords intervenus et se livrer en toute sécurité au commerce, aux industries et aux œuvres de propagande dont le Gouvernement chinois leur a solennellement autorisé l’exercice ». (1).
Me ce n’est qu’une PRE
(1) MasPEro. — La Chine, t. I, p. 145.
Le re
Ne CHAPITRE in
LL DE LA Cure CONTRE LES TRAITÉS
« L'Histoire des quarante années qui suivent est
celle des efforts de cette cour byzantine pour se dérober
aux obligations acceptées et pour détourner contre les
Européens la désaffection de ses sujets; de la crois-
sante irritation des Puissances qu’exaspère le massacre
des missionnaires imprudents.. » (1).
$1 ne Le Prince Kong, partisan d’une politique conciliante, rencontre à à la Cour une forte opposition qui, favorisée par les circonstances, ne va que grandir.
Les premiers incidents peuvent être dûs, pour une
part, au zèle un peu excessif de certains missionnaires
(catholiques et protestants), et la xénophobie se mMaAni-
feste surtout contre les « soutiens de la religion ». La
Cour, dont L Pres est exalté par 1 ’échec d’une expé-
® HOVELAQUE. — La Chine, p. 205.
dition française de représailles en Corée, excite cet état d’esprit et le Gouvernement chinois, croyant de plus en plus à sa supériorité, cherche à se soustraire aux obligations des traités. Les diplomates étrangers n’agissent d’ailleurs pas toujours d’une façon adéquate. Le Ministre d'Angleterre, Sir Alcock signe en octobre 1869, une convention faisant des concessions à la Chine et dont la non-ratification accroît encore la malveillance chinoise.
Les vexations et les excitations continuelles contre les chrétiens et les résidents étrangers incitent les ministres, qui se réclament de la mission Burlingame (1) et du principe de réciprocité, à solliciter une audience à l’Empereur. Cette demande est refusée (29 septembre 1869). Nate
En 1870, la xénophobie est générale et aboutit en juin aux massacres de T'’ien-tsin. Malgré des notes collectives des diplomates de Pékin, la France n’obtient pas réparation et l’ambassadeur chinois chargé de porter
(1) Burlingame était ministre des Etats-Unis à Pékin. Il démissionne le 21 novembre 1867, fait curieux et unique dans l’histoire, pour aller représenter la Chine auprès des Puissances. Il est reçu avec de grands honneurs à Washington, puis à Londres, Paris, Stockolm, Copenhague, La Haye, Berlin, Saint-Pétersbourg. é
Les termes de ses lettres de créance font naître l'espoir que la Chine s’est enfin décidée à admettre les règles du Droit international.
Il n’en est rien. Les égards qu’on a partout pour cet extraordinaire envoyé sont pris par le Gouvernement chinois pour
des marques de crainte, de faiblesse et d’infériorité des Etats étrangers. ANR DRE
L'ats.
en personne de excuses à notre gouvernement, arrive, malencontreusement, en plein siège de Paris par les Allemands. L’audace chinoïse s’en trouve accrue et, en février 187 1, le Prince Kong remet le « Memorandum », ‘ensemble de dispositions contre les chrétiens, à notre Ministre, considéré comme l'intermédiaire officiel des
missions. Fort heureusement, une attitude énergique de
notre part oblige la Chine à ne pas insister.
Une question intéressante se place à ce moment: celle
de l’audience impériale. |
L'Empereur avait toujours refusé de recevoir les ministres étrangers et même, le jour du mariage de T’ong-tche (16 oct. 1872), on avait prié ceux-ci « de ne point sortir et de ne pas se trouver sur le passage du cortège ».
. Une circonstance allait rendre possible cet événement. À la déclaration de majorité de l'Empereur (21 octobre 1872), les ministres, dans une note collective, font connaître « qu’ils manqueraient à leurs devoirs, si en cette occasion, ils ne demandaient à présenter, au nom de leurs gouvernements, leurs respects et félicitations à Sa Majesté ». y
La forme de cette requête la fait admettre. Toutefois il faut noter que le décret impérial insiste fortement sur le fait que cette faveur a été implorée par les minis-
tres étrangers eux-mêmes.
D'ailleurs, comme on le sut peu après, cette audience a lieu dans la salle des « Princes tributaires », CirCOns-
tance qui provoque des moqueries et des pamphlets
contre les étrangers et qui accroît une xénophobie exci-
tée au même moment par la publication d’un rapport
sur l'exportation des coolies en Amérique centrale et
: ; NES les mauvais traitements subis par eux.
C’est au milieu de cet état de choses qu'a lieu l’avène-
ment de Kouang-siu (26 janvier 1875), c’est-à-dire la
prise complète du pouvoir par l’Impératrice Ts’eu-hi,
dont les sentiments anti-étrangers sont bien connus. Un .
mois plus tard, le 21 février 1875, commence l’affaire | Margary (assassinat de ce consul anglais, à l’instigation des autorités chinoises) qui & fut par ses résultats, l’une des plus importantes de l’histoire des relations
de la Grande-Bretagne avec l’Empire du Milieu ».
L’Angleterre ici veut agir isolément et inaugure la
politique du (cavalier seul » provoquant chez les autres
puissances une attitude réservée. Elle obtient le 13 septembre 1876 la convention de Tche-Fou, où, en dehors
des questions intéressant spécialement la Grande-Bre-
tagne, entrent certains points (appartenant au domaine
commun de la diplomatie étrangère à Pékin ».
Les autres ministres refusent de considérer ces dispositions. Le Corps diplomatique proteste. « En somme,
il s'élevait avec raison contre la violation commise par
de
représentant du Gouvernement britannique à à l'égard
la tradition qui voulait qu »j] agit tout entier dans
une question d” intérêt général et qui avait fait jusqu'ici
VE
sa véritable torco vis-à-vis du Gouvernement chi-
aois » ().
k LE action du ministre d'Angleterre a procédé ici d’une
(théorie dangereuse qui en se généralisant va permet-—
tre à la Chine, de longues années durant, d’éluder les.
obligations qu’une action d’un Corps diplomatique uni
l’eut contrainte d’observer sans délai et sans réti-
cence. » Cl; | -
Vers cette époque a lieu un ee évènement important: la constitution d’un dplomatique chinois à 1 étranger.
A la suite de 1 RES Margary et à la oide de la Grande-Bretagne (août 1875), le Gouvernement
chinois décide d’envoyer deux dignitaires de haut
rang, (pour exprimer les regrets du Gouvernement chinois de ce qui s’est passé ». Arrivé à Londres le 22 janvier 1877, l’un d’eux, Kouo Soung-Tao, y reste en permanence comme représentant de la Chine à la Cour de Saint James. de
Un Décret impérial du 11 décembre 1875 nomme des Envoyés Extraordinaires aux Etats-Unis, en Espagne,
au Pérou, pays d’émigration et, un peu plus tard, des
Représentants sont accrédités auprès des Chefs des principaux Etats.
(1) MasPero. — La Chine, t. I, page 177.
C’est dans une affaire avec la Russie que l’Empire du Milieu essaye d’abord d'utiliser la rivalité des Puissances. SA |
La Chine avait refusé de signer en octobre 1877 le traité de Lävadia, scandaleusement avantageux pour la Russie. La Chine peut le faire abroger, mais n’en retire que peu de bénéfice (traité de St-Pétersbourg, 12-14 février 1881).
Un fait intéressant est à noter: les poursuites dirigées contre le négociateur de Livadia par le Gouvernement chinois, furent considérées comme une «( sorte de manifestation du parti anti-européen », situation qui (éveilla l’attention du Corps diplomatique ».
Les ministres des Puissances, malgré leurs divergences de vue et ( pour ne pas rompre l’accord unanime qui est en Chine leur seule sauvegarde » interviennent en
faveur de Tch’ong-héou auprès du Prince Kong (1).
Quelques années plus tard, la situation troublée aux !
frontières du Tonkin et l’action du Marquis Ts’eng, amènent, après une période confuse, la guerre (Pavillons Noirs) avec la France, guerre qui se termine à notre avantage par le traité Cogordan (1886) et la convention Constans (1887).
Poussée par l’Angleterre, l'Allemagne, l'Italie et la
Belgique, jalouses de nos succès, la Chine nous crée des
(1) MaspERoO. — La Chine, t. I, page 183.
LÉ QUARTIER DIPLOMATIQUE DE BÉRIN 33 difficultés dans l'exercice de notre protéctoral sur 188 missions. L'Allemagne et l'Italie font reconnaître leur droït de protéger elles-mêmes leurs missionnaires, ce qui ruine la situation privilégiée dé la France.
La Chine, par la division des Puissances, remporte peu après, une victoire morale importante, propre à exalter grandement son désir d’ abroger les traités sés. C’est de nouveau au sujet de l’audience impériale, - question qui revêt aux yeux chinois une importance plus que simplament protocolaire.
Le Fils du Ciel avait déjà fait onde RER ans les ministres étrangers, mais à l’occasion de son accession au pouvoir en 1889, il décide de les recevoir, au début de 1891. L ’audience à lieu le 5 mars, et, comme en 1873, se passe dans le « Pavillon des Tributaires » humiliation rendue possible par l’attitude du ministre allemand M. Von Brandt qui « sacrifice les intérêts généraux à ceux de son pays. » (1).
Les diplomates, cependant, n’avaient consenti, qu’à la condition posée unanimement d’obtenir l’année suivante « l’admission dans le Palais ». ne
Malgré cela, les ministres d’Autriche-Hongrie (27 octobre 1891), de Grande-Bretagne (13 décembre 1892) Ê d'Allemagne (22 juillet 1893), de Belgique (8 décembre 1893), acceptent encore d’être reçus dans le même Pavil-
‘() ‘H. CORDIER. — Histoire des relations’ ‘de la Chine avec les Puissances occidentales. T. 3, p. 52.
lon des Tributaires. Seules la France et la nd. s w
refusent formellement.
Ce sont les premiers revers subis ne sa guerre
contre le Japon, qui contreignent le Gouvernement
chinois à se plier aux règles de ie courtoisie interna-
fl =
tionale.
‘Fin 1894, le Corps diplomatique pénètre pour la pre-
mière fois dans la salle du Trône. « L’audience du
12 novembre 1894 marque une date importante dans l’histoire des relations de l'Occident avec la Chine. Pour la première fois a été franchie par les représentants des Puissances étrangères, la porte de la Ville interdite, c’est-à-dire le Temple où réside l’Idole Impériale. Les audiences précédentes, soit en 1873, soit en 1891,
s'étaient arrêtées sur le seuil. Il fut reconnu avec plus
ou moins de bonne grâce que ce résultat était dû à l’atti-
tude des légations de France et de Russie, qui, en maintenant patiemment le principe de l'égalité et de la réciprocité entre les Cours ont ménagé et préparé l’établis-
sement entre la Cour de Pékin et le Corps diplomati-
que, de rapports conformes à la dignité des Gouverne-
ments étrangers » (1).
La guerre avec le Japon, arrive, en tous points, à propos; la Chine connaît, en effet, un mouvement xénophobe eroissant qui crée nombre d'incidents et aurait
(1) H. CorpiEr. — Histoire des relations de la Chine avec les Puissances occidentales. T..3, p. 208.
conduit à à une e catastrophe. Cette guerre, commencée en 1894, à 1? occasion d’une révolte intérieure en Corée, se | termine par le traité de Simonoscki (17 avril 1895) et par une victoire écrasante du Japon, victoire qui révèle | définitivement aux Puissances la faiblesse inimaginable de l’Empire chinois. AE |
° Ces Puissances «ne cèlent plus désormais leurs ne a tions qui se manifestent comme des exigences... c’est la curée » (1). Par des interventions financières ou diplomatiques et par la menace, elle vont s’efforcer de mettre la Chine dans leur dépendance et réalisent des annexions et des avantages de tous ordres.
; Conscients des dangers que son extrême faiblesse fait courir à l’Empire du Milieu, quelques intellectuels, à la suite de K’ang Yeou-Wei, essayent de préparer des réformes nécessaires. Leur action, connue sous le nom des « Cent Jours » se termine par l'échec et l’écrasement. |
Le parti de l’Impératrice et de toutes les forces traditionnelles, excédé par les prétentions croissantes des Puissances et menacé aussi par une certaine agitation populaire — seul résultat de la tentative des réformateurs — cherche à détourner ce mouvement contre les « Barbares » et tente un dernier effort pour dégager l’Empire de l'emprise étrangère: c’est 1 révolte des Boxeurs. Nef
(1) Masrero. — La Chine. T. I, p. 258.
$ 2 P Boxeurs forment une secte, une société res se rattachant à celle qui provoqua le mouvement T’aïp'ing. Ennemis du christianisme, leur programme se lit dans leur devise: « Protéger la dynastie, ‘exterminer les étrangers ». La Cour et les Mandarins les excitent en sous-main, mais les légations ne voyent dans ce mouvement qu’une agitation, « qui hâterait la ruine de la Chine et ne pouvait que servir les intérêts des Puissances européennes, en permettant une réalisation plus prochaine de leurs appétits » et « n’arrivent plus à se rendre compte du mouvement xénophobe et des dangers qu’il leur faisait courir » (1). Ne Le 20 mai 1900, la menace devenant évidente, He ministres-se réunissent, mais malgré l’avis du diplomate français, M. Pichon, ils ne veulent pas la venue de gardes européennes et se laissent leurrer par les assurances que leur donnent, le 28, les gouvernants chinois. Le 29, les troubles commencent: la gare est ue la voie ferrée est détruite, le personnel européen est en danger. Les Boxeurs sont aux portes de la ville:et le Corps diplomatique décide de faire venir d’urgence des troupes. Elles arrivent le 31 (détachements anglais, américain, italien, russe, japonais et français). Il est
temps! Le 4 juin, le Gouvernement chinois soutient et
(1) MaspEro. — La Ghine. T..I, p. 294.
dirige nue la révolte. Le 11, le dent de la légation du Japon est assassiné; le 13 commence le massacre des chrétiens indigènes et la destruction des églises. Une colonne internationale (2.000 homme environ) commandée par l’amiral Seymour, marche sur la capitale mais échoue et doit se replier sur T’ien-tsin le 26, avec de lourdes “pertes.
Le 17, les flottes alliées débarquent des troupes qui
s’emparent des forts de Ta-Kou. Arguant de ce que l’état de guerre existe dès lors, le Tsong-li Yamen somme les étrangers de quitter la capitale dans les vingt-quatre heures et M. de Ketteler, qui va protester en personne, est tué. Ce délai écoulé, l’attaque des légations com- |mence; puis des édits impériaux des 26 juin et 2 juillet, ordonnent l’enrôlement des Boxeurs, l’expulsion des missionnaires et le massacre des chrétiens (De
Le 14 juillet, T’ien-tsin, où les concessions avaient été aussi attaquées, est pris par les troupes alliées, qui sur l’avis du général japonais Yamaguchi, marchent sur Pékin et délivrent les légations le 14 août. C’est la fin. Plus tard arrivent des détachements de secours placés sous la haute direction du Feld-Maréchal allëmand de Waldersee, qui finissent de pacifier la région et appuyent l’action diplomatique.
Vaincue dans cette ultime tentative pour se sOus-
(1) IL faut noter quer toutes ces excitations n’eurent d'effet que dans le nord de la Chine.
traire à l’emprise d. Puissances, 4 Chine est désormais complètement livrée à l’expansion étrangère. . Les négociations, menées du côté chinois par Li Hong-
tchang, se temminent par la signature du Protocole
Final du 7 septembre 1901.
Des conditions humiliantes sont imposées à l’Empire du Milieu, les unes en réparation des dommages et d’autres pour éviter le retour d’incidents analogues. Parmi celles-ci figure la création du Quartier diplomatique, institution unique en son genre et dont nous allons
entreprendre l’étude détaillée.