‹ Le Quartier Diplomatique de PékinChapitre 9 sur 33 · À LAS · texte numérisé non relu

À LAS

si pas, comme tel, la plupart des légations sont déjà gro

| pées, près du Kiao Min tsiang (rue des Relations avec É le Peuple), qui est actuellement la « rue des Légations ». % Cette rue tenait son nom du fait que les Envoyés des

. Pays. tributaires, Mongols, Thibétains et. Coréens, par

Le exemple, y étaient logés. Connäissant déjà la conception que le Gouvernement chinois se faisait des Etats étrangers, nous comprenons la raison er la .

dence de leurs représentants en cet endroit.

Quand, par la force et la pression, après la guerre de ï 1860, le Gouvernement de l’Empire est forcé d’accorder résidence fixe aux diplomates étrangers, dans la capitale, il cherche d’abord à éluder cette concession. Il essaye de par les légations, à à proximité certes, mais hors de la Cité, et offre d’ on le vieux Palais d'Eté

que les étrangers avaient eux-n même brûlé, puis un autre

site à l’extérieur de la muraille ouest. Ces astucieuses

propositions sont refusées par les légations, qui s’éta-

blissent dans la Ville même.

Ce sont les Français et les Anglais qui s'installent

les premiers, le 25 mars 1861.

LA LEGATION DE FRANCE prend le Tsing Koung fou, Palais du‘due de Tsing, appartenant à une famille

jadis riche, maïs aujourd’hui demi-ruinée (1).

| LA LEGATION ANGLAISE se loge dans le Liang Koung fou, donné autrefois par l'Empereur K’ang-hi à son trente-troisième fils et qui est loué par le Tsong-H Ya-men pour 500 livres par an, jusqu’après 1900 où il

devient propriété de la Couronne britannique.

LES RUSSES hissent leur pavillon un peu plus tard,

en juillet 1861. Les bâtiments qu’ils occupent constituent la plus vieille propriété étrangère à Pékin. Ils sont situés à l’emplacement même où s’arrêtaient les premières missions spéciales Russes du xvr° siècle. C’est dans ce site, appelé Nan Kusn, que fut établi le logement officiel de la légation et des caravanes russes, autorisées par les accords commerciaux du traité de Nerchinsk de 1689.

() Voir, dans H. Conpier (Histoire des relations de la Chine avec les Puissances occidentales, tome I, p. 113), la lettre du Comte Kleezkowski, premier secrétaire, à M. de Bourbouton, lettre qui fait la DEUX de la légation.

Quand le traité de Kiakhta permit à une mission religieuse de s'installer à Pékin, le Nan Kuan fut transformé en monastère et demeura réservé à cet usage jusqu’en 1858. Cette mission religieuse avait d’ailleurs des ‘fonctions .semi- diplomatiques.

Après les traités de T'ien-tsin, le Na an Kuan fut cédé pour 1 ’établissament de la Légation et le monastère s'établit alors au Pei Kuan (vers l’angle nord-est de la Cité tartare). te | ve

Les diplomates américains, qui s'installent définiti- ‘vement à Pékin en juillet 1862, reçoivent d’abord l'hospitalité de la Légation de France, puis ose à plu-

sieurs reprises leur résidence.

Ils occupent en particulier le terrain où se trouve aujourd’hui la Banque de l’Indochine, terrain appartenant alors à M. Williams (l’auteur du « Middle Kingdom ») et qui fut vendu par la suite à la Légation de Corée (1).

La plupart des nations représentées à Pékin louent ou achètent des terrains auprès de celles qui y étaient déjà fixées, de sorte qu'avant la révolte des Boxeurs, il y avait dix légations groupées dans un même quartier.

Cet ensemble se présentait « comme une réunion de

grands enclos plus ou moins isolés, plus ou moins vastes,

e (1) Voir l’article 8 du Protocole de 1904 (page 58).

fe, 2e «RS Le o

se touchant presque et entremélés de maisons chinoises relativement misérables » (1). :

On peut noter que cette circonstance a été particulièrement heureuse en 1900:

| « Quelle circonstance providentielle que ce groupement qui va permettre aux assiégés pendant un siège de 2 mois de se prêter mutuelle assistance, de se fortifier et de communiquer dans les moments critiques. Les Légations éparpillées, c'était la destruction certaine et individuelle ; c’est ce groupement voulu re la Chine soupçonneuse, parquant ainsi les étrangers dans leurs domiciles diplomatiques, qui a été leur salut » (2). |

Après le règlement de la révolte, qui- établit un «Quartier diplomatique » officiel: les légations restent presque toutes à leurs anciens emplacements, mais ceuxci sont de beaucoup étendus. "he | Les propriétés et maisons chinoises qui les séparaient sont confisquées dans ce but et pour l'établissement de casernes.

La Légation de France s’augmente d’une partie du terrain de l’hôtel Chamot; celle d'Angleterre qui était déjà la plus étendue, s’adjoint les terrains du Han Lin College et de l’Imperial Carriage Park.

D’autres sont agrandies dans des proportions très

(1) Francis LAUR. — Siège de Pékin, p. 68.

fortes. Celle d’Allemagne passe de , 5 à 95,5 acres. Celle d'Italie de 1 à 10; celle du J apon dé 1 à 14, 5 (). La Légation d’Amérique change d’ ‘emplacement après

le siège. Elle fonctionne d’abord, pendant la construc-

tion du nouveau « compound », au San Kuan Miao, Lx

DS

actuelle résidence des attachés militaire et naval. Plusieurs autres légations viennent à es tour dans

le limites du Quartier.

Les Belges se fixent sur l’ ancienne propriété du chef

Done Hsu T’ ung. Les Italiens et les J. aponais se par- ;

tagent le T” ang-tze et le Sou Wang Fou, damaine où avaient été logés trois qe chrétiens RE pendant le siège.

ë Il faut noter que les bâtiments des légations, bien

que situés sur les mêmes emplacements qu’autrefois,

sont, pour la plupart, de construction récente.

Avant 1900, il y avait déjà, à proximité du Kiao Min tsiang, plusieurs banques, un bureau de poste, un hôtel, l’hôtel Chamot et le magasin Kierolff qui avait pu réussir à s'établir, malgré les protestations chinoises, Pékin étant officiellement fermée au commerce étranger.

Depuis 1900, et à l’heure actuelle, outre les légations proprement dites, et les casernes pour les troupes, le

Quartier comprend des églises, des hôpitaux, des ban-

(1) Morse. — The international relations of the Chinese Empire. T. HI, 1978, p. 355 et suivantes.

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ques, un hôtel (l'hôtel des Wagons-Lits), des clubs et

un certain nombre de magasins et de maisons apparte-

nant à des particuliers (1).

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> @) Il ne nous a pas paru utile, pour notre sujet, de faire

une description du siège des Légations en 1900. Ceci deman-

derait, pour être intéressant, de longs développements.

> A ce propos, outre les ouvrages de M. H. CORDIER, il faut z surtout lire: La défense de la Légation de France, de Eugène Darcy; /ndiscreet letters from Peking, de Putnam

? WEALE, et Siège de Pékin, de Francis LAUR.

| Le dernier ouvrage cité, publié en 1904, en un petit nom-

4 bre d'exemplaires, est particulièrement vivant. Il est rédigé d’après les récits des assiégés eux-mêmes et contient de 1

nombreuses et belles Pop

Pour l’histoire et la description générales de Pékin, il faut voir le grand livre Pékin, de Monseigneur FAVIER, et le volume plus récent de Juliette BREDON: Pekin, a historical and intimate description of its hief places of interest.

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