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ze de J.-F. BLoNDer, l'Architecture françoise.
trésorier général des États du Languedoc, et Antoinette-Marie Delaroche, son épouse, qui demeuraient à l'hôtel d’Aligre, « rue d'Orléans Saint-Honoré » : L'acte décrit :
Une grande maison avec toutes ses circonstances et dépendances, sise à Paris, rue Neuve-des-Capucines, ayant trois p: rue Neuve-des Capucines etune sur larue Neuve-de-Luxembourg; la dite mai-
rtes cochères, deux sur la dite
son construite par M. François Castanier sur les emplacements du terrain pro-
venant des deux acquisitions par lui faites des sieurs et dame Leduc et de Mie Astier, et de l'échange avec M" Ve et héritiers Crozat, suivant les contrats prédatés.
À la fin de l’année 1776, ou au début de 1777, Guillaume Mazade de Saint-Bresson décéda. Il laissait pour seule héritière sa fille, Antoinette-Marguerite-Henriette, épouse de Louis-Alexandre- Céleste d'Aumont, duc de Villequier-Aumont, lieutenant général des armées du Roï et gouverneur de Boulogne-sur-Mer. Sa veuve conservait l’usufruit, et continua d'habiter l'hôtel avec sa fille et son gendre. La duchesse de Villequier mourut quelques années plus tard, laissant quatre enfants mineurs.
Le 22 juillet 1786, M° Doillot et son collègue, notaires à Paris procédaient au partage des biens immeubles et valeurs mobilières entre Mme V'e de Saint-Bresson, « demeurant à Paris rue Neuvedes-Capucines », et le duc de Villequier-Aumont, « demeurant à Paris en son hôtel, aussi rue Neuve-des-Capucines », au nom et comme tuteur de ses quatre enfants. M" Mazade abandonnait,
entre autres choses, à ses petits-fils et petites-filles, « l’usufruit et la jouissance, à partir du 1“ juillet 178$, de l'hôtel rue Neuve-des- Capucines, pour la somme de 580.000 livres. » Elle abandonnaïit, en outre, pour une valeur supplémentaire de 18.000 livres, « le ouvrages de construction des cuisines, écuries et remises qu’el avait fait faire dans l'hôtel ». Le tout formait, en réalité, deux hôtels distincts qui prirent à cette époque les noms de Grand et Petit hôtels de Villequier.
A la Révolution, le duc de Villequier et ses enfants émigrèrent et leurs biens confisqués furent réunis au Domaine. Mis en vente le 16 messidor an IV, le grand hôtel de Villequier, « ayant façade sur la rue des Capucines et faisant retour par ses dépendances sur la rue de Luxembourg », échut à Françoise-Félicité Mauduit pour le prix de 324.000 francs. Le petit hôtel, « ayant façade seulement sur la rue des Capucines », et portant alors le numéro 120, fut acquis par Marie-Jean-Michel Drieu, moyennant 108.000 francs. A noter que ce Drieu est indiqué comme demeurant déjà au n° 120 de la rue Neuve-des-Capucines.
Le 7 ventôse an VI, Me Mauduit avait revendu le grand hôtel Villequier à François Guinebaut, mais, faute de paiement, le contrat avait été résilié le 11 prairial. Le 1® germinal an VII, Mie Mauduit vendait l'hôtel, moins les dépendances sur la rue de Luxembourg, à Louis-François-Joseph Bonamy négociant de Tréguier, moyennant 100.000 francs payés comptant. Le reste de la propriété avaient été vendu par Mie Mauduit au sieur Higgenson dés le 11 frimaire an V. Mais, de son côté, le 1® germinal an VII en même temps qu'il achetait le grand hôtel, Bonamy acq Dricu, pour 50.000 francs, le petit hôtel Villequier, réuniss nouveau ces deux immeubles que la vente domaniale avait divis
Le 23 germinal an X, Bonamy et sa femme Julie-Anne Delange, par contrat passé devant M° Montaud, et pour le prix de 165.000 francs, cédaient les deux hôtels, numérotés sur la rue des Capucines 120 et 121, à Antoine-Pierre Bandelier-Befort, négociant à Paris, qui le r9 germinal an IX s’était rendu acquéreur de la partie vendue à Higgenson. La demeure construite pour un des plus riches financiers du xvmf siècle passait donc successivement entre les mains de nouveaux enrichis. Sans doute, Bandelier-Befort avait-il vu trop grand, car, le 25 frimaire an XII, à la requête de ses créanciers — dont le principal, par une curieuse coïncidence, portait le nom de Edme-Marie Foncier — les deux hôtels étaient adjugés, moyennant une rente de 30.000 francs aux créanciers inscrits, et 14.100 francs en deniers comptants, à Mathurin-Julien-Marie Delamarre, propriétaire, demeurant à Paris rue Bergère, n° 1005. Mais Delamarre, qui, par contrat du 28 janvier 1784, avait épousé Anne Moisnet, revendit avec sa femme au comte de Girardin, Alexandre-Louis-Robert, la partie du grand hôtel de Villequier, rue de Luxembourg, provenant de Higgenson.
Me Delamarre mourut à Paris le 24 octobre 1826, laissant pour héritiers son mari et ses trois enfants :
— Auguste-Dominique Delamarre.
— Gaspard-Mathurin-Hippolyte Delamarre.
— Achille-Joseph, comte Delamarre.
La succession fut liquidée par tirage au sort des lots établis, après jugement du tribunal de la Seine, le 1 septembre 1829. Le premier de ces lots, comprenant l'hôtel de la rue Neuve-des-Capucines, fut dévolu à Gaspard-Mathurin-Hippolyte Delamarre.
Le $ octobre 1838, devant MS Roger et Linard, Hippolyte Delamarre cédait à Alexandre-Epaminondas Godde, architecte, une portion de terrain prise au fond de son jardin, à droite, en échange d'une autre portion formant couloir, « dégageant au rez-de-chaussée le grand salon, et longeant le petitsalon ». La portion que M. Godde échangeait, à charge par lui de verser à Delamarre une soulte de 125.800 francs, avait été achetée par lui, le 23 juillet 1838, sous le prête-nom d’Elie Daguin, en même temps qu'un autre terrain sis rue Neuve-de-Luxembourg, n° 14, au comte Alexandre-Louis-Robert de Girardin et Fidèle-Henriette-Joséphine de Vintimille du Luc, son épouse, eux-mêmes acquéreurs, par contrat du 25 janvier 1822, de M. et Mme Delamarre-Moisnet. C'était la portion provenant de Higgenson et du grand hôtel Villequier, revendue par Mathurin Delamarre.
Hippolyte Delamarre décéda le 11 février 1844, laissant pour héritiers ses deux frères : Auguste-Dominique et Achille-Joseph. L'hôtel fut adjugé sur licitation, le 7 mai 1844, à Auguste-Dominique qui en devint seul propriétaire. Ce dernier mourut, à son tour, dans le Loiret, le 30 mai 1850, léguant ses biens aux cinq enfants qu'ilavait eus de son mariage avec Claudine-Marguerite-Pauline Asselin :
— Julien-Paul Delamarre ;
— Henri-Louis Delamarre;
— Louise-Anne Delamarre, épouse du vicomte Jul Toustain ;
— Charlotte-Gabrielle, épouse de Jules quis de Malterr
—- Marguerite-Augustine, alors mineure, qui épousera Jules-Hyacinthe-Marie Langlois, vicomte d’Amill
Les héritiers Delamarre vendront l'hôtel, le 9 septembre 1854 devant maîtres Turquet et Brun, au Crédit Foncier de France qui lui a redonné un peu de son ancienne splendeur.
s-Marie de
Louis de Vaufleury, mar-
Ainsi donc, après des aventures successives, voire même des divisions passagères, les hôtels Desvieux et Castanier se trouvent aujourd’hui réunis entre les mains de cette importante société financière. À l'exemple de ces fermiers généraux, de ces directeurs de la Compagnie des Indes, qui firent édifier ces demeures enrichis par les artistes de leur époque, les Gouverneurs du Crédit Foncier se sont montrés non moins gens de goût que leurs prédécesseurs des grands siècles. Tout en faisant la part d gences imposées par l’organisation des services dont ils avaient la charge, ils se plurent à conserver ces souvenirs du passé qui leur étaient dévolus, à sauvegarder cette parcelle du Vieux-Paris, qui, sans eux, aurait sans doute disparu.
Qu'il nous soit permis de remercier ici M. le Gouverneur du Crédit Foncier, M. Petit, sous-gouverneur, M. Fort, secrétaire général, et M. Boyer, chef du Matériel, de la bonne grâce parfaite avec aquelle ils ont bien voulu nous accorder les autorisations nécessaires, et nous faciliter notre tâche.
Le cabinet du Gouverneur (pl. 30), avec ses panneaux, son plafond et sa cheminée; celui des sous-gouverneurs M. Petit et M. Regard (pl 28), avec leurs boiseries; celui du secrétaire général, avec son afond directoire et sa jolie frise en camaïeu ; l'antichambre (pl. 27); a salle du bureau d'émargement, avec le plafond de Le Lorrain (pl. 29), sont autant de preuves du soin qui a présidé à la conservation des différentes pièces. Une belle rampe d'escalier, avec têtes de ions et de vautours, conduit au secrétariat général ; elle provient de l'hôtel du baron de Schickler, place Vendôme.
Et dans ces appartements, où le bruit du Paris moderne ne vient pas déranger la rêverie, dans ce cadre d'autrefois si bien conservé, oubliant cartons et dossiers, on évoque les silhouettes de leurs anciens habitants, depuis l’irascible Desvieux ou l’imposant Castanier jusqu'aux figures plus discrètes d’un Tourteau de Septeuil ou d'un Mathurin Delamarre.
HOTEL CORDIER DE LAUNAY Rue Cambon, n°® 47 et 49.
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Les immeubl
:s situés 47 et 49, rue Cambon, et qui se ramifient avec la propriété du boulevard de la Madeleine, n° $, par des cours ont leur origine dans les dépendances de l'hôtel de Luxembourg, sur l'emplacement desquelles la rue Cambon, ancienne rue Neuve-de-Luxembourg, fut ouverte par lettres patentes du 3 septembre 1719. Mais Lefeuve a fait erreur en dénommant les ns 47 et 49 : hôtel Villequier-d'Aumont. Il est possible, comme il le dit, « que M" de Bronville perçut le loyer de ce grand hôtel », qui était voisin, mais M. de Brunville — et non Bronville était propriétaire du n° 47, qu'il avait, on le verra, acheté à Cordier de Montreuil.
commune:
Le #12 V/ UT À APT 310
18 LESMVIEUXMAOMELIS DEN PARIS
L'emplacement qui compose les n° 47 et 49 de la rue Cambon fut acquis par Pierre-Philémon Leduc de La Touche, écuyer, capitaine, premier enseigne de la Compagnie des Cent-Suisses de la garde du roi, des mains du curateur à la succession de François- Henry de Montmorency-Luxembourg, pair et maréchal de France *. Leduc de La Touche céda le 4 septembre 1739.à Madeleine Perrot, veuve Desgrez, qui fit bâtir. Jacques Cordier de Launay, seigneur des Verrières, trésorier général de l'extraordinaire des guerres, et Anne-Thérèse Croëzer, sa femme, se rendirent acquéreurs de la partie n° 49 actuel, le 16 octobre 1743, par acte passé devant ME Baptes
Le 28 mai 1744, Cordier de Launay achetait de la même manière, et toujours à la veuve Desgrez, le n° 47:
Vente par Madeleine Perrot, veuve du sieur Léger Desgrez, bourgeois de Paris, à Jacques-René Cordier de Launay.
Une maison à porte cochère sise à Paris, rue Neuve de Luxembou:
consis-
tant en deux corps de logis, l’un surle devant et l’autre sur le derrière, cour entre deux avec puits en icelle, mitoyen avec la maison appartenant aux dits
sieur et dame Delaunay, suivant l’acquisition qu’ils en ont faite de la dame
veuve Desgrez, par contrat passé devant M° Bapteste, le 16 octobre 1743. Le corps de logis de devant consiste en un rez-de-chaussée, escalier en aile, entresol au-dessus. trois étages au-dessus de l’entresol, dont le troi- Le corps de logis derrière consiste par bas en une double remise, un petit escalier au milieu, trois chambres au-dessus. Appartenances et dépendances de la dite maison. sans en rien ensemble glace, tableaux, dessus de porte, menuiserie, chambranles de che-
sième est lambri
minée.
La dite maison appartenant à la dite dame veuve Desgrez, comme l'ayant fait construire sur partie de l'emplacement qu’elle avait acquis de Pierre- Philémon de La Touche... le 4 septembre 1739.
Détail à noter : cette partie était, au moment de la vente Perrotde Launay, « tenue à loyer par Pierre-Charles Devillette, écuyer, conseiller du roi, receveur général des Finances de Flandre, et dame Thérèse-Charlotte Cordier de Launay, son épouse, une des filles de Jacques-René, qui avaient signé bail le 23 février 1743.
Au moyen de cette double acquisition, Jacques-René Cordier de Launay devenait donc propriétaire de l’ensemble de: tions. Ce Cordier de Launay, d’une famille de robe parisienne, seigneur d'Échauffou et de Montreuil-Largille, avait obtenu le 3 décembre 1735 un arrêt du Conseil d'État par lequel le roi le relevait du défaut de trois années d’exe père pour acquérir la noblesse hérédit secrétaire du roi.
Ainsi pourvu d'un titre de noblesse en bonne et due forme, il
rêva d’une demeure somptueuse et compléta, le 21 août 1744, ses achats précédents par celui des terrains avoisinants, dépendant du jardin de Jacques Michel, banquier à Paris. Il ajouta aux bâtiments de nouvelles constructions avec jardin, s'étendant au n° 45 de la rue Cambon, et jusqu’au n° $ du boulevard de la Madeleine. A la mort de Jacques Cordier, survenue en 1760, son fils Claude- René Cordier de Montreuil, président en la cour des Aides, recueillit en succession et après partage, l'hôtel formé par le n° 47, tandis ue sa sœur, Anne-Prosper Cordier de Launay, recevait le n° 49.
construc-
1Ce manquant à son grandaire attachée à son office de
L'histoire des deux numéros communiquants se sépare ici, avant de se réunir plus tard.
Voici donc Claude-René Cordier de Montreuil, propriétaire du n° 47. Il avait épousé, en 1740, Marie-Madeleine Masson de Plissay, devint intendant de la généralité de Caen en 1789, prit part aux assemblées de la Noblesse, mais n’habita point l'hôtel. Passé en Russie, au moment de la Révolution, il devint Conseiller d'État, secrétaire de l'empereur Paul I‘, et mourut à Saint-Pétersbourg en
Dès le 11 septembre 1776, il avait vendu cette partie n° 47 à Antoine de Flandre de Brunville, conseiller au Parlement, ce magistrat populaire qui manqua de prendre la place de Bailly comme maire de Paris, et qui fit de la maison de la rue de Luxembourg sa résidence.