‹ Le Quartier du Palais-RoyalChapitre 6 sur 42 · TITRE PREMIER · texte numérisé non relu

TITRE PREMIER

. — Le Palais-Royal est concédé au prince Lucien notre frère et à ses s, à titre d’apanage de sa branche.

Art. 2e, — Le prince Lucien jouir Royal, depuis le 1°* janvier de la présente année

des revenus et du domaine utile du Palais-

nmoins,

Il en supportera les dépenses depuis la même époque. Le tout, né

e y avoir lieu à aucune répétition pour les sommes que le Trésor

sans qu’il pui de la maison du Roi ou du domaine extraordinaire auraient reçues où payées jus-

qu'à ce jour sur l’année 1815.

Art, 3%.

tie du budget de notre domaine extraordinaire à dater du 1° janvier 1815, excepté

Les recettes et les dépenses du Palais-Royal cesseront de faire p

pour les sommes réellement reçues où payées jusqu'à aujourd’hui.

TITRE DEUXIÈME Du Mobilier.

Art. 4e. — Il sera fait par l’administrateur général de notre mobilier et les officiers du prince Lucien un inventaire contradictoire du mobilier actuel du Palais- Roy

Cet inventaire distinguera ce qui provient du mobilier de la Couronne et ce qui

provient des achats faits par le duc d'Orléans.

Art, $e. — Nous concédons dès à présent au prince Lucien tous les meubles

provenant du duc d'Orléans.

Quant à ceux qui proviennent du mobilier de notre Couronne, nous nous réservons, avant d’en faire la concession, d'en approuver les états.

Art. 6e. — L’Intendant général de notre Couronne, ayant dans ses attributions

notre domaine extraordinaire, est chargé de l'exécution du présent décret :.

Lucien Bonaparte résida au palais, se contentant de jouir des embellissements antérieurs, La politique, -qui a ses flux et ses reflux, enleva de nouveau les hôtes impériaux, pour y ramener les d'Orléans après les Cent-Jours.

Plan du Sallon

cadeaux. Le 31 mai 1830, les salons s’emplissent d’une foule chamarrée. Le prince donne une splendide réception en l'honneur du roi et de la reine de Naples. Des guirlandes de lampions s’accrochent aux arbres du jardin; les curieux s’agitent, et bientôt, brisant les chaises, les brûlant en guise de feu de joie, foulent les fleurs des parterres, si bien que le duc d'Orléans dut sévir. On dansa jusqu'à une heure; puis on soupa. Tout le monde prit place, jusqu'aux ouvriers et aux valets de chambre. Le duc soignait sa popularité.

A la veille de quitter le Palais-Royal pour les Tuileries, — le duc d'Orléans était devenu roi de France — l’appartement de la duchesse s’étendait depuis le grand escalier jusqu’au bout de l'aile du jardin, sur la rue de Valois. L'appartement du duc, avec les salons de eption, les galeries de tableaux et la chapelle, occupaient le corps de logis principal. Les jeunes princes habitaient l'étage supérieur, au-dessus des appartements de représentation, sur la grande cour, et les princesses, au-dessus de l'appartement de leur mère, dans l'aile dite de Valois.

Sous le règne du roi-citoyen, le Palais-Royal ne subit aucune transformation. De 18$0o à 1852, sous le prétexte d'expositions de peinture, on éleva, dans la cour d'honneur de hideuses baraques. Déjà se faisait sentir le vandalisme qui, de nos jours, abimera par des constructions parasites, soi-disant éphémères mais renaissant toujours de leurs cendres, l'esplanade des Invalides et le Cours-la Reine. Au Palais-Royal, ces baraques ont été remplacées par le toit vitré de vastes caveaux, convertis d’abord en usine d'électricité, puis affectés aux archives de la Cour des Comptes. Cette construction en profondeur a, tout au moins, le mérite d'émerger seulement à fleur de terre, dans un cadre d’arbustes.

Plan de la Salle de Jeu

Plans du grand salon et de la salle

Louis-Philippe resta ensuite au Palais-Royal jusqu'au 1° octobre 1831. Il avait renoncé à faire établir les appartements d'honneur sur ‘emplacement des galeries de bois*, par crainte d’assombrir la cour. « C'est à cette modification apportée par Fontaine dans les plans de Louis, écrit Wilbrod Chabrol, que l’on doit l’ensemble de ces grands appartements qui n’ont pas peu contribué à faire de cette résidence une habitation princière des plus commodes et des plus agréables. » l.y a là, sans doute, exagération de la part d’un homme rempli d'admiration pour le palais confié à ses soins. Si le jardin pouvait faire de ce séjour un lieu plaisant, les appartements — du moins ar ce que l’on peut en juger aujourd'hui — ne devaient pas être des plus pratiques.

Grâce à Louis-Philippe, le Palais-Royal retrouve un peu de ses splendeurs passées. Ce sont des concerts où se fait applaudir la Malibran ; des bals, des fêtes dont le Journal de Cuvillier-Fleury a gardé ‘écho. D'autres jours, comme un simple bourgeois, le duc se proméne avec ses fils dans la galerie. À la saint Sylvestre, un dîner réunissant de nombreux convives, accompagne une distribution de

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