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CES MESSIEURS

Sur cette rive gauche, on rencontre des Polytechniciens, jeunes hommes qui subirent des examens ardus, qui sont costumés de noir et galonnés de rouge et abritent sous des bicornes dorés leurs visasres satis-

faits et fatigués.

Parfois des Saint-Gy riens, gentilshommes qui passèrent des examens moins pénibles, mais sont plus forts en gymnastique et portent des képis. Déjà ils s'exercent à ces attitudes cavalières que seules les années et un excellent culottier pourront amener à ce suprême ton qui charme la province et l'amour.

^ Aux élèves de l'I^cole centrale leur règlement interdit la fréquentation du quartier, à cause que leur jeunesse, non bridée du harnais militaire, se pourrait échauffer jusqu'à négliger la mécanique officielle pour des engrenages prohibés.

Quant à ceux de la rue d'Ulm, messieurs les normaliens, ils consacrent leurs jours de sortie à prendre des leçons de danse et de savoir-faire.

Tous ces jeunes hommes des écoles fermées forment d'ailleurs une caste spéciale, un peu froide et gourmée. Identiques et maigres, tous, Saint-Cyriens et Polytechniciens, aux jours réglementaires, ils sortent de leurs casernes, vêtus de costumes somptueux et de souliers tout propres. Ils sont graves et vergogneux. Ils évitent le commun des adolescents. Encore qu'apoplectiques d'amour, ils demeurent sanglés, gouailleurs et timides auprès des jeunes filles. Restaurateurs et cafetiers, empressés et tête nue, les saluent.

Mais le véritable étudiant, c'est vous, bon peuple divers, qui flânez sous l'Odéon à la lecture en plein vent, qui garnissez les terrasses élégantes du boulevard Saint-Michel ou entassez des soucoupes dans des tapagies. Vieux routiers qui fument des pipes, qui possèdent un rond de serviette dans toutes les pensions et une amie dans toutes les brasseries du quartier, ils ont cette laveur de tutoyer des garçons de café, ils échappent à toute discipline, et chaque jour ils s'instruisent^ selon leur tempérament, aux compromis de l'existence d'un galant homme. Au demeurant ils cultivent le droit, la médecine ou la pharmacie ; quelquesuns même s'échauffent pour la littérature ou les arts plastiques. Et les plus nobles de ces spécialistes, dans l'emportement de leur vocation, se méprisent les uns les autres.

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UNE JOa^BÉ© D^ÉTUDIANT

Dès huit heures,quelques-uns, les honsjeunes hommes, le teint frais, la serviette sous le bras, gravissent la montagne Sainte-Geneviève, où des érudits, verbeux et subventionnés, leur détaillent, selon la formule, les artifices du peuple romain avec les embûches de notre législation. L'auditoire somnole et suce ses crayons dans une atmosphère méphitique, jusqu'à ce que sonne onze heures, enfin.

Des scènes analogues, aussi peu intellectuelles, so

déroulent dans les locaux de médecine, de pharmacie et à la Sorbonne.

Les meilleurs de ces bons jeunes hommes, à la sortie du cours, font les cent pas pour croiser leur professeur qu'ils saluent.

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