‹ Le quatorze juillet. Danton. Les loupsChapitre 1 sur 151 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Le 20 ventôse, an II (10 mars 1794), le Comité de Salut Public décidait :

« i° Que le Théâtre Français serait uniquement consacré aux représentations données de par et pour le peuple, à certaines époques de chaque mois ;

« 20 Que V édifice serait orné, en dehors, de l'inscription suivante : Théâtre du Peuple, et que les sociétés d'artistes établies dans les divers théâtres de Paris seraient mises tour à tour en réquisition pour les représentations, qui devaient être données trois fois par décade. »

Le 27 floréal suivant (16 mai 170/1), le Comilé de Salut Public appelait les poètes « à célébrer les principaux événements delà Révolution française, à comp des pièces dramatiques républicaines, à transmettre à la postérité les grandes époques de la régénération des Français, à donner à l'histoire le ferme caractère qui

convient aux annales d'un grand peuple conquérant sa liberté, attaquée par tous les tyrans de l'Europe. »

(Signé : Carnot, Couthon, Barère, Billaud- Varenne, C.-A. Prieur.)

La place de la Révolution (place de la Concorde), convertie en cirque, devait servir aux spectacles populaires et aux fêtes nationales.

Tous ces projets d'art républicain s'écroulèrent, le 9 thermidor, avec les chefs de la République.

Lorsqu'il y a une dizaine d'années, un certain nombre de jeunes écrivains, groupés autour de la Revue d'Art Dramatique, prirent l'initiative d'un mouvement pour fonder un Théâtre du Peuple à Paris1, ils ne firent donc que renouer la tradition interrompue de la Révolution ; et il était naturel que l'un d'entre eux fut amené à choisir comme sujet de ses premières œuvres populaires la Révolution elle-même, l'Iliade du peuple de France. Les trois pièces, que nous publions ici, devaient faire partie d'un ensemble dramatique sur la Révolution, — une sorte d'épopée comprenant une dizaine d'œuvres. Le 1 4 juillet en était la première page, et Danton, le centre, la crise décisive, où fléchit la raison des chefs de la Révolution, et où leur foi com-

i. J'ai raconté leurs tentatives et résumé leurs aspirations dans un volume, intitulé le Théâtre du Peuple, qui parut, en novembre 1903, aux Cahiers de la Quin:ainc.

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