‹ Le quatorze juillet. Danton. Les loupsChapitre 129 sur 151 · I.' \[ BERGISTE · texte numérisé non relu

I.' \[ BERGISTE

Je puis te faire chauffer un peu d'oie rôtie. Mais il te faudra attendre, mes fourneaux sont éteints. Ou, si tu es i\-tudu cochon froid?

rai LIER.

('..• qui sera prêl : n'importel J'ai hâte de dormir. L'auber-

- i Ainsi, mes prévisions ne m'avaient pas

trompé] c'était pour nous trahir qu'il était avec nous. C'est

ulier. Avoir de la noblesse, de l'intelligence «'t du cou-

mettre tout cela au service d'une si ignoble

ie! Il faut être bien corrompu pour se déshonorera

! rien ne vous Traître par désceuvre-

nin singulier... E( comme il avait su mener son

jeu, sans se démentir une fois! Car il o \ a pas à I«* nier, il

• bien battu pour la bonne cause depuis six mois. I ne

telle fou mulation !...

i m ' I tenant un plat.

Oui. citoyen, c'est incroyable. On se demande comment

il a pu s'imposer celte contrainte. C'est que cela durait depuis des mois, pense donc.

TEULIER.

Vraiment ?

l'aubergiste.

On a les preuves. Toute une correspondance avec le roi de Prusse. Des lettres de lui, depuis le commencement du

siège.

TEULIER.

Mais qui a mis la main dessus ?

l'aubergiste.

C'est Verrat.

TEULIER, léger sursaut.

Ali ! Verrai?... Vraiment?... Quand a-t-il trouvé cela?

l'aubergiste.

Il n'y avait pas vingt minutes que tu étais parti. On a arrêté un espion portant des lettres...

TEULIER.

Et on l'a interrogé, cet espion?

l'aubergiste.

Oh î lui, il ne voulait pas convenir... il disait qu'il ne savait pas ce qu'on voulait dire... Hein ! fallait-il qu'il s'entendît bien avec eux, ce gredin !

TEULIER.

C'est bon, laisse-moi.

l'aubergiste.

Tu ne veux plus rien ?

TEULIER,

Non.

l' m bergiste.

Tu ne manges pas. Est-ce qu'il n'est pas bon?

Il montre le plat.

III LIER

Si. Tout a l'heure. Je suis fatigué.

L'aubereistc sort

scèm: 11

TEULIER seul. — Il ne parle pas, pendant quelque temps. Il se

baise, en regardant dans le vide. Puis il se lève, se pro-

mène machinalement, eux préoccupés, quelques gestes et des

- qui n'ont pas de sens. Il B'arrète et se passe la main

511 r le front.

I 1 I LIER

J'ai la tête vide. Je me suis trop fatigué aujourd'hui. 11 C'est curieux, je a'ai plus faim. Il f'uul manger pourtant. H approche son assiette, mais ne mange pas. ( '. est un bonheur qu'il soit arrêté. La canaille' voilà donc pourquoi il désirait cette expédition contre les émigrés. Il se sentait lilé ; il cherchait à s'échapper, après avoir pris noie de notre plan de défense. Et alors, il lui eùtété facile... H laissé tom-

Verrat, c'est Verrat qui... Reprenant machinale-

. 11 lui eût été facile... -> Une balle intelligente peut

leschoses... ■ — Irrité. Ah ! ça, qu'est-ce que j'ai

«lune ? Je ne suis |»lu> capable de finir une phrase ! — 11 re-

I u espondance avec le roi de

Prusse ! et depuis des mois ! Je rçnais de partir, dit Rieflel.

— [1 défendait Brunswick encore ce matin, il admirait la

ique prussienne... Mais ce frère, ce frère acharné à

le perdre, toutes ces machinations parties du camp des

Tonnerre ' 11 m \ oyons,

ulier. I u perds la tète. Raisonne un peu. 1 le

<|ue t'a «lit d'Oyron n'était peut-être qu'une ruse de plii>.

questioi voir - M a imaginé ce conte

pour détourner tes soupçons. S il \ a, comme dit l'autre,

s évidentes, des lettres écrites par lui, toute une

1 la port.-.

Rieflel!

L'aul eut.

l'aubergiste.

Eh bien, eh bien, tu vas réveiller toute la maison. Que veux-tu, citoyen ?

TEULIER, repoussant le plat.

Emporte ça. C'est cru, c'est répugnant ; cela sent le suif !

l'aubergiste.

Par exemple ! Le citoyen Chapelas a dit que, de sa vie...

TEULIER.

Assez ! Ne réplique pas. — Attends : tu étais là, quand on l'a arrêté?

l'aubergiste.

Le traître? — Sur cette porte. C'était effrayant. Ils* étaient tous comme des enragés...

Sais-tu si les lettres qu'on a trouvées étaient de la main du...

l'aubergiste.

Du gredin? Ah! dame, je ne sais pas. Ils se sont enfermés pour le conseil. Des lettres de lui, ou des lettres à lui, je ne peux pas dire ; mais c'est la même chose. En tout cas, il y avait des lettres.

TEULIER.

Va. L'hôtelier sort. — Seul. Il serait absurde, s'il avait écrit des lettres aux Prussiens, qu'on ait pu les trouver sur l'espion qui portait leur réponse. — Mais alors, s'il n'a élé condamné que sur des lettres écrites par eux... Ah! bon Dieu ! qu'ont-ils fait !

Il va à la fenêtre et l'ouvre. L'aubergiste rentre un instant pour desservir la table.

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