I.' \[ BERGISTE
Je puis te faire chauffer un peu d'oie rôtie. Mais il te faudra attendre, mes fourneaux sont éteints. Ou, si tu es i\-tudu cochon froid?
rai LIER.
('..• qui sera prêl : n'importel J'ai hâte de dormir. L'auber-
- i Ainsi, mes prévisions ne m'avaient pas
trompé] c'était pour nous trahir qu'il était avec nous. C'est
ulier. Avoir de la noblesse, de l'intelligence «'t du cou-
mettre tout cela au service d'une si ignoble
ie! Il faut être bien corrompu pour se déshonorera
! rien ne vous Traître par désceuvre-
nin singulier... E( comme il avait su mener son
jeu, sans se démentir une fois! Car il o \ a pas à I«* nier, il
• bien battu pour la bonne cause depuis six mois. I ne
telle fou mulation !...
i m ' I tenant un plat.
Oui. citoyen, c'est incroyable. On se demande comment
il a pu s'imposer celte contrainte. C'est que cela durait depuis des mois, pense donc.
TEULIER.
Vraiment ?
l'aubergiste.
On a les preuves. Toute une correspondance avec le roi de Prusse. Des lettres de lui, depuis le commencement du
siège.
TEULIER.
Mais qui a mis la main dessus ?
l'aubergiste.
C'est Verrat.
TEULIER, léger sursaut.
Ali ! Verrai?... Vraiment?... Quand a-t-il trouvé cela?
l'aubergiste.
Il n'y avait pas vingt minutes que tu étais parti. On a arrêté un espion portant des lettres...
TEULIER.
Et on l'a interrogé, cet espion?
l'aubergiste.
Oh î lui, il ne voulait pas convenir... il disait qu'il ne savait pas ce qu'on voulait dire... Hein ! fallait-il qu'il s'entendît bien avec eux, ce gredin !
TEULIER.
C'est bon, laisse-moi.
l'aubergiste.
Tu ne veux plus rien ?
TEULIER,
Non.
l' m bergiste.
Tu ne manges pas. Est-ce qu'il n'est pas bon?
Il montre le plat.
III LIER
Si. Tout a l'heure. Je suis fatigué.
L'aubereistc sort
scèm: 11
TEULIER seul. — Il ne parle pas, pendant quelque temps. Il se
baise, en regardant dans le vide. Puis il se lève, se pro-
mène machinalement, eux préoccupés, quelques gestes et des
- qui n'ont pas de sens. Il B'arrète et se passe la main
511 r le front.
I 1 I LIER
J'ai la tête vide. Je me suis trop fatigué aujourd'hui. 11 C'est curieux, je a'ai plus faim. Il f'uul manger pourtant. H approche son assiette, mais ne mange pas. ( '. est un bonheur qu'il soit arrêté. La canaille' voilà donc pourquoi il désirait cette expédition contre les émigrés. Il se sentait lilé ; il cherchait à s'échapper, après avoir pris noie de notre plan de défense. Et alors, il lui eùtété facile... H laissé tom-
Verrat, c'est Verrat qui... Reprenant machinale-
. 11 lui eût été facile... -> Une balle intelligente peut
leschoses... ■ — Irrité. Ah ! ça, qu'est-ce que j'ai
«lune ? Je ne suis |»lu> capable de finir une phrase ! — 11 re-
I u espondance avec le roi de
Prusse ! et depuis des mois ! Je rçnais de partir, dit Rieflel.
— [1 défendait Brunswick encore ce matin, il admirait la
ique prussienne... Mais ce frère, ce frère acharné à
le perdre, toutes ces machinations parties du camp des
Tonnerre ' 11 m \ oyons,
ulier. I u perds la tète. Raisonne un peu. 1 le
<|ue t'a «lit d'Oyron n'était peut-être qu'une ruse de plii>.
questioi voir - M a imaginé ce conte
pour détourner tes soupçons. S il \ a, comme dit l'autre,
s évidentes, des lettres écrites par lui, toute une
1 la port.-.
Rieflel!
L'aul eut.
l'aubergiste.
Eh bien, eh bien, tu vas réveiller toute la maison. Que veux-tu, citoyen ?
TEULIER, repoussant le plat.
Emporte ça. C'est cru, c'est répugnant ; cela sent le suif !
l'aubergiste.
Par exemple ! Le citoyen Chapelas a dit que, de sa vie...
TEULIER.
Assez ! Ne réplique pas. — Attends : tu étais là, quand on l'a arrêté?
l'aubergiste.
Le traître? — Sur cette porte. C'était effrayant. Ils* étaient tous comme des enragés...
Sais-tu si les lettres qu'on a trouvées étaient de la main du...
l'aubergiste.
Du gredin? Ah! dame, je ne sais pas. Ils se sont enfermés pour le conseil. Des lettres de lui, ou des lettres à lui, je ne peux pas dire ; mais c'est la même chose. En tout cas, il y avait des lettres.
TEULIER.
Va. L'hôtelier sort. — Seul. Il serait absurde, s'il avait écrit des lettres aux Prussiens, qu'on ait pu les trouver sur l'espion qui portait leur réponse. — Mais alors, s'il n'a élé condamné que sur des lettres écrites par eux... Ah! bon Dieu ! qu'ont-ils fait !
Il va à la fenêtre et l'ouvre. L'aubergiste rentre un instant pour desservir la table.