‹ Le quatorze juillet. Danton. Les loupsChapitre 135 sur 151 · Q1 E8NEL · texte numérisé non relu

Q1 E8NEL

Est-ce que tu as porté dos Ici très de lui ?

LE PAYSAN

Oui. citoyen : — c est-à-dire non ; ce n'est pas moi: c'est Gûllicb, (jottfricd Gûllich d'Obermoschel.

Il a porté beaucoup de lettres de lui?

Il PAYSAN.

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Tu le ji:i

< )h ! citoyen, nir le bon I Heu '■

Il fait m ..ii.

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INI i .

• en :

LE PAYSAN, tremblant d'émotion.

Alors je peux m'en aller?

QUESNEL

Oui, puisque je te le dis.

LE PAYSAN

Je peux m'en retourner vraiment ? Oh ! citoyens ! Oh ! citoyens!...

Qu'est-ce que cela signifie? T'en retourner? Où cela ?

LE PAYSAN

Mais chez moi, à Weisenau, comme vous m'avez promis.

QUESNEL

Tu divagues. A la prison, drôle ! Tu ne sortiras de là que pour la guillotine.

LE PAYSAN, saisi.

Ça n'est pas vrai !

QUESNEL, haussant les épaules.

Tu verras bien.

LE PAYSAN

Citoyen!... Mais tu m'as fait grâce!

QUESNEL

Moi ?

LE PAYSAN

Vous m'avez promis !

ni ISNF.L.

Je t'ai promis ?

LE PAYSAN

Pas toi ; — le commandant.

I I ! LIER

Quel commandant*

LE PATS AN.

Le commandant Verrat.

Le commandant Verrat t'a promis quelque chose ? Il a causé avec toi ? Quand t'a-t-il vu ? Que t'a-t-il dit ?

LE PAYSAN, éperdu.

Il ne vous a rien dit ? Vous ne m'avez pas fait grâce ? — Ah ! le brigand 1 il m'a trompe !... Pitié, citoyens ! Sauvezmoi ! Je dirai tout.

quesm i .

Parle.

LE PAYSAN

Est-ce que vous me sauverez au moins, vous autres, si je dis la vérité ?

QUESM I .

Non. La Convention n'arrache point la vérité par un mensonge. Tu mourras.

LE ftAYBAH] haineux.

Eh ! que m'importe alors que vous vous tuiez les uns les autres !

ni mm;

Donc d'Oyron n'est pas coupable?

LE 1>\ÏS\\.

Il est coupable, efl toi aussi, »-l voua tous, VOUS ries coupables.

Ql l.sM.I .

tu n Vu tirerons rien.

Le paysan s'achemine »era la porte, ramassé nu loi*mènM, le* jambes flageolantes. — Brusquement, il m retours, (orieaseaai

Il l>\ï>\\.

il faut d'abord qu'il me le paiel

QUESNEL

Qui ?

LE PAYSAN

Taisez-vous, je vas tout raconter. Je voudrais que vous fussiez tous crevés, — mais lui d'abord, la carne !... Ecoutez. J'ai dit que je voulais révéler quelque chose.

QUESNEL

Quand cela?

LE PAYSAN

Tout à l'heure, dans l'après-midi... j'ai dit que je voulais parler. — Le commandant est venu. Nous étions seuls. Alors je lui ai raconté tout.

TEL LIER

Quoi ?

LE PAYSAN

Tout. Tout ce qui est vrai. Que la lettre n'est pas vraie. Que c'était pour perdre le commandant d'Oyron. Que c'est le frère, le comte d'Oyron, qui me l'a donnée, pour se venger de lui ; qu'il disait qu'il ne serait content que quand il l'aurait fait pendre par les sans-culottes. Que je devais m'arranger pour laisser saisir le papier. — Tout, j'ai tout raconté.

Teulicr et Quesnel se regardent épouvantés. QUESNEL, d'une voix étranglée.

C'est faux.

LE PAYSAN

Je lui ai fourni les preuves.

QUESNEL

Quelles preuves ?

LE PAYSW.

Les Prussiens ont écrit, il y a quelques jours, à un d'ici, Melchior Haupt, le professeur, pour le mettre au courant du tour qui se préparait et de ce qu'on attendait de lui. Je

is lui remettre la lettre du major de Zastrow à d'Oyion. el Melchior te l'eût portée ensuite.

QUESNBIi, tic même.

Api

LE PAYSAN

Après, c'est tout.

ni 1.11:11.

Verrat ?

Il l'\^\N.

Il n'a rien dit ; il m'a ('coûté : puis il s'est mis en colère ; il sacrait, en donnant des coups de pied au mur. Puis il m'a dit que je mentais, que si je continuais à mentir, on me couperait la tète. J'ai dit que je ne mentais pas; mais il m'a mis son poing sous le nez, et il jurait, avec un bruit épouvantable. Alors j'ai demande si, en ne mentant pas, je ne serais pas condamné: et il a dit que oui, qu'on nie ferait grâce. Alors il est parti ; et moi, j'ai attendu tout le jour qu'on vint me chercher. El quand vous m'avez t'ait demander, j'ai cru que vous allie/ nie mettre en liberté. — Ali ! le gueux ! il m'a trompé !

ilier se taisent, u regardent. Le paysan pleure, né <!'■ hoqueta île

< >i ESNSL.

-il !

paysan ra ren I» porte. L'eau les officiers,

et le* injurie.

LE PAYSAN

BUV< leurs de I

oldata L'entraînent.

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I El LIER, "i l 5NEL I ni muu

parler 1ère enfin, ei louche L'épaule

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Mlon

QUESNEL

Tonnerre ! Comment sortir de toutes ces saletés ? Que faire, Teulier ? Que faire ?

Casser la condamnation. Il en est temps encore.

QUESNEL

Temps encore ? Y as-tu seulement réfléchi !

TEULIER.

Il est deux heures. A six, l'exécution. Il y a donc quatre heures. Qu'as-tu besoin de plus ?

QUESNEL

Ce serait quatre jours au lieu de quatre heures, que je ne serais pas plus avancé.

TEULIER.

Quoi ? il suffit d'un trait de plume !

QUESNEL

Que je gracie d'Oyron? Et que dira-t-on à Mayence?

TEULIER.

Que t'importe ?

QUESNEL

On dirait que j'ai des indulgences pour les traîtres, que je m'entends avec eux, que je prends mes arrangements en prévision de la défaite.

TEULIER.

Est-ce pour l'opinion que tu travailles ?

QUESNEL

Je ne dois point l'ébranler, l'affaiblir en ce moment.

TEULIER.

Dis-leur qu'il est innocent.

Ils ne me croiront pas.

LES LOI 33i

ti.i i.i il; .

Dis-le à l'état-major.

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