Q1 E8NEL
Est-ce que tu as porté dos Ici très de lui ?
LE PAYSAN
Oui. citoyen : — c est-à-dire non ; ce n'est pas moi: c'est Gûllicb, (jottfricd Gûllich d'Obermoschel.
Il a porté beaucoup de lettres de lui?
Il PAYSAN.
i II l.ll i;.
Tu le ji:i
< )h ! citoyen, nir le bon I Heu '■
Il fait m ..ii.
n i in c.
Il ineul .
INI i .
• en :
LE PAYSAN, tremblant d'émotion.
Alors je peux m'en aller?
QUESNEL
Oui, puisque je te le dis.
LE PAYSAN
Je peux m'en retourner vraiment ? Oh ! citoyens ! Oh ! citoyens!...
Qu'est-ce que cela signifie? T'en retourner? Où cela ?
LE PAYSAN
Mais chez moi, à Weisenau, comme vous m'avez promis.
QUESNEL
Tu divagues. A la prison, drôle ! Tu ne sortiras de là que pour la guillotine.
LE PAYSAN, saisi.
Ça n'est pas vrai !
QUESNEL, haussant les épaules.
Tu verras bien.
LE PAYSAN
Citoyen!... Mais tu m'as fait grâce!
QUESNEL
Moi ?
LE PAYSAN
Vous m'avez promis !
ni ISNF.L.
Je t'ai promis ?
LE PAYSAN
Pas toi ; — le commandant.
I I ! LIER
Quel commandant*
LE PATS AN.
Le commandant Verrat.
Le commandant Verrat t'a promis quelque chose ? Il a causé avec toi ? Quand t'a-t-il vu ? Que t'a-t-il dit ?
LE PAYSAN, éperdu.
Il ne vous a rien dit ? Vous ne m'avez pas fait grâce ? — Ah ! le brigand 1 il m'a trompe !... Pitié, citoyens ! Sauvezmoi ! Je dirai tout.
quesm i .
Parle.
LE PAYSAN
Est-ce que vous me sauverez au moins, vous autres, si je dis la vérité ?
QUESM I .
Non. La Convention n'arrache point la vérité par un mensonge. Tu mourras.
LE ftAYBAH] haineux.
Eh ! que m'importe alors que vous vous tuiez les uns les autres !
ni mm;
Donc d'Oyron n'est pas coupable?
LE 1>\ÏS\\.
Il est coupable, efl toi aussi, »-l voua tous, VOUS ries coupables.
Ql l.sM.I .
tu n Vu tirerons rien.
Le paysan s'achemine »era la porte, ramassé nu loi*mènM, le* jambes flageolantes. — Brusquement, il m retours, (orieaseaai
Il l>\ï>\\.
il faut d'abord qu'il me le paiel
QUESNEL
Qui ?
LE PAYSAN
Taisez-vous, je vas tout raconter. Je voudrais que vous fussiez tous crevés, — mais lui d'abord, la carne !... Ecoutez. J'ai dit que je voulais révéler quelque chose.
QUESNEL
Quand cela?
LE PAYSAN
Tout à l'heure, dans l'après-midi... j'ai dit que je voulais parler. — Le commandant est venu. Nous étions seuls. Alors je lui ai raconté tout.
TEL LIER
Quoi ?
LE PAYSAN
Tout. Tout ce qui est vrai. Que la lettre n'est pas vraie. Que c'était pour perdre le commandant d'Oyron. Que c'est le frère, le comte d'Oyron, qui me l'a donnée, pour se venger de lui ; qu'il disait qu'il ne serait content que quand il l'aurait fait pendre par les sans-culottes. Que je devais m'arranger pour laisser saisir le papier. — Tout, j'ai tout raconté.
Teulicr et Quesnel se regardent épouvantés. QUESNEL, d'une voix étranglée.
C'est faux.
LE PAYSAN
Je lui ai fourni les preuves.
QUESNEL
Quelles preuves ?
LE PAYSW.
Les Prussiens ont écrit, il y a quelques jours, à un d'ici, Melchior Haupt, le professeur, pour le mettre au courant du tour qui se préparait et de ce qu'on attendait de lui. Je
is lui remettre la lettre du major de Zastrow à d'Oyion. el Melchior te l'eût portée ensuite.
QUESNBIi, tic même.
Api
LE PAYSAN
Après, c'est tout.
ni 1.11:11.
Verrat ?
Il l'\^\N.
Il n'a rien dit ; il m'a ('coûté : puis il s'est mis en colère ; il sacrait, en donnant des coups de pied au mur. Puis il m'a dit que je mentais, que si je continuais à mentir, on me couperait la tète. J'ai dit que je ne mentais pas; mais il m'a mis son poing sous le nez, et il jurait, avec un bruit épouvantable. Alors j'ai demande si, en ne mentant pas, je ne serais pas condamné: et il a dit que oui, qu'on nie ferait grâce. Alors il est parti ; et moi, j'ai attendu tout le jour qu'on vint me chercher. El quand vous m'avez t'ait demander, j'ai cru que vous allie/ nie mettre en liberté. — Ali ! le gueux ! il m'a trompé !
ilier se taisent, u regardent. Le paysan pleure, né <!'■ hoqueta île
< >i ESNSL.
-il !
paysan ra ren I» porte. L'eau les officiers,
et le* injurie.
LE PAYSAN
BUV< leurs de I
oldata L'entraînent.
- ÈNE \
I El LIER, "i l 5NEL I ni muu
parler 1ère enfin, ei louche L'épaule
meL
Mlon
QUESNEL
Tonnerre ! Comment sortir de toutes ces saletés ? Que faire, Teulier ? Que faire ?
Casser la condamnation. Il en est temps encore.
QUESNEL
Temps encore ? Y as-tu seulement réfléchi !
TEULIER.
Il est deux heures. A six, l'exécution. Il y a donc quatre heures. Qu'as-tu besoin de plus ?
QUESNEL
Ce serait quatre jours au lieu de quatre heures, que je ne serais pas plus avancé.
TEULIER.
Quoi ? il suffit d'un trait de plume !
QUESNEL
Que je gracie d'Oyron? Et que dira-t-on à Mayence?
TEULIER.
Que t'importe ?
QUESNEL
On dirait que j'ai des indulgences pour les traîtres, que je m'entends avec eux, que je prends mes arrangements en prévision de la défaite.
TEULIER.
Est-ce pour l'opinion que tu travailles ?
QUESNEL
Je ne dois point l'ébranler, l'affaiblir en ce moment.
TEULIER.
Dis-leur qu'il est innocent.
Ils ne me croiront pas.
LES LOI 33i
ti.i i.i il; .
Dis-le à l'état-major.