‹ Le quatorze juillet. Danton. Les loupsChapitre 148 sur 151 · TEL LU. H · texte numérisé non relu

TEL LU. H

Moi.

VERRAT

Toi?... Tu te gausses de moi... Répète... Ce n'est pas possible ! — Ha ! n feint un étourdissenient. Citoyens, c'est trop fort pour moi, voyez-vous. Un ami en qui j'avais toute confiance, un frère, un bougre à côté de qui j'ai combattu vingt fois, — jeluiai sauvé la vie ! — Excusez-moi, ça me fait un coup trop fort. Cela va passer... Attendez... lise relève, écumant. Ah ! salaud ! Ah ! jean-foutre ! — Mais non, il vaut mieux ne pas s'abaisser à répondre à de pareilles saletés !

TEL LIER

Verrat, il m'en coûte ; mais la justice le veut.

VERRAT

Je te défends de me parler. J'aurai ta peau, c'est sûr. Mais je ne te répondrai pas. — Si tu ne crains pas de te salir le gosier, toi, citoyen représentant, parle-moi. Je suis prêt.

QUESNKL.

Verrat, Teulier t'accuse d'avoir reçu de l'espion la preuve manifeste que la lettre à d'Oyron était une machination des émigrés contre lui, et au lieu de nous l'apporter, d'avoir obligé cet homme à garder le silence. Qu'as-tu à répondre ?

VERRAT

Je jure que j'ai sauvé la patrie.

qles.m;l. Citoyen, nous rendons tous hommage à tes vertus mili-

- I.ol PS

taires ; mais puisqu'une imputation précise est dirigée contre

toi. il importe que tu ) répondes.

\ mit VI .

Jamais! Jamais je ne m'abaisserai à me disculper d infâme outrage. J'en laverai tout à l'heure la bave dans le sang de ce traître. Mais parler avec lui, discuter, non. n'est pas mon affaire. Je ne suis pas comme lui un cracheur de phrases, un hâbleur de salons, un conférencier d'aristocrates. Je ne parle point, j'agis. Que ceux qui m'accusent retroussent leurs manches et me suivent dans cette cour! Voilà la repense que je leur ferai.

Il brandit son sabre au el en frapp violemment la table.

TEUI.Ii H.

Je te suivrai. Verrat ; je jette volontiers ma vie dans la querelle. Mais avant la réparation que je te dois, tu endois

à la justice. La justice es! la première offensée, tu lui dois le respect. Rentre ce sabre factieux, el réponds à questions, comme le plus humble de ses sujets.

\ ERB \ i . -, mord I fureur.

Entendez-vous le jésuite, comme le miel el le fiel lui itent delà bouche , — Je ne lui

qui doutent de moi, aillent int.

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i bien mérité de la patrie !

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que tu rendis a la

3o2 THÉÂTRE DE LA RÉVOLUTION

Verrat, nous avons bien mérité d'elle. Tu as fait ton devoir : rien de plus, comme tous ceux qui sont ici. Pas un n'est avare de son sang ; des centaines de combattants obscurs te valent bien : tous tes soldats, tous les miens, tous ceux qui dorment en ce moment sous la terre allemande. Sois donc humble, et...

Il est interrompu par les protestations des officiers. C.U AIT. LA S.

L'envie l'étouffé !

BIQUET

Représentant, ne laisse pas flétrir ceux qui honorent la patrie !

QUESNEL

Silence à tous les deux ! — L'accusation ayant été portée publiquement devant nous, je dois la faire connaître à l'accusé. Je le laisse libre de répondre ou de se taire. Qu'il écoute seulement les charges principales! — On affirme, Verrat,, que tu as fait hier une perquisition secrète chez Melchior Haupt afin de retrouver les preuves de l'innocence de d'Oyron, que l'espion t'avait signalées. Est-ce vrai? Qu'en as-tu fait? As-tu quelque chose à répondre ?

Verrat, qui a écouté Quesnel en reniflant et soufflant, comme s'il avait peine à se contenir, tend violemment la tète vers Teulier, le regarde avec des yeux furieux, lui lâche une grosse injure, et tourne le dos à Quesnel.

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