AU PEUPLE DE PARIS
Le i/j. Juillet
Pour qu'une nation soit libre, il suffit qu'elle le veuille.
La Fatette.
ii juillet 178g.
L'auteur a cherché ici la vérité moral*4 plus que la vérité anccdotique. Il a cru devoir user, dans cette action qu'enveloppe une poésie légendaire, de plus de libertés avec l'histoire qu'il ne se lest permis en écrivant Danton. Dans cette dernière œuvre, il s'est astreint à serrer d'aussi pies que possible la psvchologie de quelques personnages : car le drame tout entier est concentré dans l'âme de trois ou quatre grands hommes. — Ici, rien de pareil : les individus disparaissent dans l'océan populaire. Pour représenter une tempête, il ne s'agit pas de peindre chaque vague, il faut peindre la mer soulevée. L'exactitude minutieuse des détails importe moins que la vérité passionnée de l'ensemble. Il v a quelque chose de faux et de blessant pour l'intelligence dans la place disproportionnée qu'ont prise aujourd'hui l'anecdote, le fait divers, la menue poussière de l'histoire, aux dépens de l'âme vivante. Ressusciter les forces du passé, ranimer ses puissances d'action, et non offrir à la curiosité de quelques amateurs une froide miniature, plus soucieuse de la mode que de l'être des héros; rallumer l'héroïsme et la loi de la nation aux flammes de l'épopée républicaine, afin que l'œuvre interrompue en 1794 soit reprise et achevée par un peuple plus mûr et plus conscient de ses destinées: tel est noir»; idéal. Si nous ne sommes pas assez forts pour le réaliser, nous le sommes toujours âssez^pour v travailler de notre mieux. La fin de l'art n'est pas le rêve, mais la vie. I. action doit surgir du spectacle de l'action.
Juin 1901.
Cette pièce a été représentée pour la première fois au théâtre de la Renaissance-Gémier, le 21 mars 1902, avec la distribution suivante :
La Contât
lucile duplessis
Makie Bouju
Première Femme du Peuple
Deuxième Femme du Peuple
Première Fille
Deuxième Fille
Troisième Fille
Une Jeune Fille
La Petite Julie
Hoche
Hulin
Marat
Camille Desmoulins
Yintimille
De Launey
L'Homme en Faction
Gonchon
De Flue
Béquakt
Robespierre
l \ Maniaque
Un Crocheteur
Un Notaire
Un Carde Française
Un Etudiant
Un Gueux
Un Marchand
Premier Crieur de Journaux
Deuxième Crieur de Journaux
Un Abbé
Premier Bourgeois
Deuxième Bourgeois
Troisième Bourgeois
Quatrième Bourgeois
MB«« André Mégard
Jane Heller
René Bussy
Marcelle Jullien
Jeanne Lion
Dinard
Hélène Milton
Delage
Renée Leduc
La petite Marcelle MM. Gémier
Arvel
Beaulieu
Capellani
Lenormant
Frédal
Maxence
Baudoin
Mosnier
Berthier
Godeau
Jehan Adès
Jarrier
Courcelles
Cailloux
Laforèt
Edmond Bauer
Gorieux
Berlin
Mallet
IvHler
Thoulouze
Ludwig
Schells
Régnier
Musique de scène de M. Julien Tiersot
PEHSOW ACiES
LAZARE HOCHE, 21 ans. — Grand, maigre ; les cheveux et les veux noirs ; une légère cicatrice, du milieu du ne/ à l'extrémité du front, à droite ; la bouche point grande, et de belles dents. La gravité est le fond de sa physionomie réfléchie, un pou mélancolique, <[ui porte, comme tout son être, l'empreinte de la volonté. I ne tristesse cachée, lointaine, ([/homme qui mourra jeune, usé par les fatigues, les insuccès, les soupçons, le mal qui mine sourdement sa poitrine athlétique. Mais une jovialité héroïque prend le dessus, et, dans les moments de crise, rit d'un rire juvénile qui étonne.
PIERRE-AÏ (.1 STIN 111 LIN, 3i ans.— Très grand, très large, blond, flegmatique, parlant peu, sans violence, riant nlencieu- •it, indifférent aux raisons, tranquillement obstiné, avec de subits accès de fureur qui brisent tout. I n héros qui n'agirait pas, sans l'exemple de son ami Hoche, -ans son instinct de brave homme, et sans le besoin de dépenser une force herculéenne. (L'homme qui, sans initiative personnelle, ne recule devant rien, et, sorti de rien, montera à tout, sans s'étonner, — plus tard comte de l'Empire, général de division, commandeur de la Légion d'honneur, gouverneur de Milan, de Vienne, de Berlin conquis-, commandant de Paris, président de la commission militaire qui fera fusiller le dur d'Eiujhien.)
\-P\l L M\I»\|T|, i6 ans. D'origine espagnole, né en petit (moins de cinq pied-). Robuste, non corpulent. — Pabre d'Églantine a tracé de lui un admirable portrait: « Le cou fort, le visage Eu ux, le nés tquilin*,
té et nièii avec le dessous proéminent el 1-
bouche moyenne, souvent crispée dans l'un de- coins par une contraction fréquente; les lèvres minces; le front grand.
ix gris-jaune, vifs, : naturellement doux, et d'un
regard assuré ; le sourcil rare : le teint plombé et flétri : le poil noir, les cheveui brun- et négligés... Il marchait la liante, droit.- el en arri une rapidité cadent
s'ondulait sous un balancement de han< hes. Son maintien lo
Cette pièce a été représentée pour la première fois au théâtre de la Renaissance-Gémier, le 21 mars 1902, avec la distribution suivante :
La Contât
lucile duplessis
Makie Bouju
Première Femme du Peuple
Deuxième Femme du Peuple
Première Fille
Deuxième Fille
Troisième Fille
Une Jeune Fille
La Petite Julie
Hoche
Hulin
Marat
Camille Desmoulins
Yintimille
De Launey
L'Homme en Faction
GONCHON
De Flue
Béquart
Robespierre
l.\ Maniaque
Un Crocheteur
Un Notaire
Un Garde Française
Un Etudiant
Un Gueux
Un Marchand
Premier Crieur de Journaux
Deuxième Crieur de Journaux
Un Abbé
Premier Bourgeois
Deuxième Bourgeois
Troisième Bourgeois
Quatrième Bourgeois
MB« André Mégard
Jane Heller
René Bussy
Marcelle Jullien
Jeanne Lion
Dinard
Hélène Milton
Delage
Renée Leduc
La petite Marcelle MM. Gémier
Arvel
Beaulieu
Capellani
Lenormant
Frédal
Maxence
Baudoin
Mosnier
Berthier
Godeau
Jehan Adès
Jarrier
Courcelles
Cailloux
Laforèt
Edmond Bauer
Gorieux
Berlin
Mallet
Relier
Thoulouze
Ludwig
Schells
Régnier
Musique de scène de M. Julien Tiersot
PERSONNAGES
I. VZARE HOCHE, 21 ans. — Grand, maigre ; les cheveux 1 jeux, noirs ; une légère cicatrice du milieu du n</ à L'extrémité du front, à droite ; la bouche point grande, et de belles dents. La gravité est le fond de sa physionomie réfléchie, un peu mélancolique, qui porte, comme tout son ôtre, l'empreinte de la volonté. I ne tristesse cachée, lointaine. (L'homme qui mourra jeune, usé par les fatigues, les insuccès, les soupçons, le mal qui mine sourdement sa poitrine athlétique. M.'iis une jovialité héroïque prend le dessus, et, dans les moments de crise, rit d'un rire juvénile; qui étonne.
PIERRE-AÏ (.1 STIN III LIN, 3l ans.— Très grand, très large, blond, flegmatique, parlant peu, sans violence, riant silencieufit, indifférent aux raisons, tranquillement obstiné, avec de subit» accès de fureur qui brisent tout. I n héros qui n'agirait pas, sans l'exemple de son ami Hoche, sans son instinct de brave homme, et sans le besoin de dépenser une force herculéenne. (L'homme qui, sans initiative personnelle, ne recule devant rien, et, sorti de rien, montera à tout, sans s'étonner, — plus tard comte de l'Empire, général de division, commandeur de la Légion d'honneur, gouverneur de Milan, de Vienne, de Berlin conquis, commandant de Paris, président de la commission militaire qui fera fusiller le duc d'Enghien.)
N-I'VI L \I\I»\|T|, 'tr> ans. D'origine espagnole, né en — I 1 - petit (moins de cinq pieds). Robuste, non corpaient. — Pabre d'Églantine ;i tracé de lui un admirable portrait: « Le cou fort, le visage tai iix, le Des tquilin*,
avec le dessous proéminenl et w\ bouche moyenne, souvent crispée dans l'un des coim par une contraction fréquente; les lèvres minces; le front grand, yeux gris-jaune, vifs, perçants, naturellement doux, et d'un 1 rare ; le teint plombé et flétri ; le poil noir, les cheveux brun- et négligés... 11 marchait la haute, droite et en arrière, avec une rapiditi .qui
s'ondubiit sous un balancement de hanches. Sun maintiei
plus ordinaire était de croiser fortement ses deux bras sur sa poitrine. Il s'agitait avec véhémence en parlant, et terminait presque toujours son expression par un mouvement de pied qu'il tournait en avant, et dont il frappait la terre, en se relevant subitement sur la pointe, comme pour élever sa petite taille à la hauteur de son opinion. Le son de sa voix était mâle, sonore, un peu gras, et d'un timbre éclatant ; un défaut de langage lui rendait difficile à prononcer nettement le c et Vs, dont il mêlait la prononciation à la consonance du g, sans autre désagrément sensible que d'avoir le débit un peu lourd, une pesanteur maxillaire, qu'effaçait l'énergie de sa conviction. Il était vêtu d'une façon négligée, complètement ignorante des convenances de la mode et du goût, et même avec l'air de la malpropreté. :» — Au moral, sous l'exaltation d'une sensibilité frémissante, qui le jette parfois dans des accès convulsifs, une bonhomie qui ne veut pas s'avouer, et un profond sens moral, un amour ardent de la vérité, — qui lui fait reconnaître ses propres erreurs, quand la raison les lui a démontrées.
CAMILLE DESMOULINS, ar, ans. Avocat au Parlement. — Voir son portrait dans Danton. — Bien que moins âgé que dans Danton, moins jeune en apparence: le bonheur n'a pas encore passé sur lui. — Un maigre lévrier. Un gamin de Paris, audacieux et effronté ; la figure bilieuse, flétrie par la misère, les veilles, la vie dissipée ; la bouche rieuse, un peu grimaçante, et les traits irréguliers.
MAXIMILIEN DE ROBESPIERRE, 3i ans. Député à la Constituante. — Voir son portrait dans Danton. — Mais sa figure est plus pleine, plus molle ; elle n'a pas encore été pétrie par une âpre pensée, — creusée par la fatigue et la responsabilité. — I ne flamme blanche. L'àme n'a pas pris conscience de sa force intérieure; mais cette force est là, muette, se manifestant seulement par l'absolu renoncement qu'on sent qu'il a déjà fait de sa vie, sans croire au succès, par un stoïcisme hautain, pessimiste et glacé.
GONCHCMN LE PATRIOTE, ko ans. Teneur de tripots au Palais- Royal. — Petit, énorme de ligure et de stature, boursouflé, marqué de la petite vérole. Cabotin vaniteux, matamore et menteur, qui veut cire terrible, et joue les .Mirabeau grotesques.