ART
Tais-toi donc, imbécile î
i.'iw midi:, d'abord irrité.
Imbécile? — Après ..\nir réfléchi, m grattant U tète. — C'est
•î' LIE, q . en jouant, sur un canon.
ae tirerez pas sur nous, dites? — Dana répondent pas. — Dites que vous ne tirerez pas! •!<■ vous en prie. Je \ous aime bien. Aimez-moi au
i \i; i , l'en Bon {H'tit torchon,
[ui a lu la l Ho* ho, hausse les épaules.
Ceci passe tout ! — Messieurs, l'étrange message qui m'est
remis de la part de je ne sais quels robins, qui s'intitulent Comité permanent, nous fait la demande saugrenue de partager la garde de la Bastille entre nos troupes et les bandes populaires.
Les soldats s'esclaffent, les chefs s'indignent. VINTIHILLE.
Belle proposition !
HOCHE, à de Launey.
Écoutez-moi, monseigneur. Empêchez le carnage. Ce n'est pas à vous que nous en avons, c'est à cet amas de pierres, à cette force malfaisante, qui pèse depuis des siècles sur Paris. La force aveugle n'est pas moins honteuse pour ceux qui l'imposent que pour ceux qui la subissent. Cela révolte la raison. Vous qui êtes plus intelligents que nous, vous devez le sentir et en souffrir plus que nous. Aidez-nous donc, au lieu de nous combattre ! La raison, pour qui nous luttons, est votre bien comme le nôtre. Rendez la place, de vous-mêmes ; n'attendez pas qu'on vous la prenne.
VINTIMILLE
La raison, la conscience, il en a plein la bouche Ces
singes de Rousseau ! — à de Flue. Mes compliments, vous nous avez fait un joli cadeau !
DE FLUE
Quel cadeau ?
VINTIMILLE
Votre Jean-Jacques. Vous auriez pu le garder en Suisse.
DE FLUE
Nous nous en serions bien passés nous-mêmes.
DE LAUNET, à Hoche.
Tu es fou. Où a-t-on vu que les plus forts vont, de gaieté de cœur, remettre leurs armes aux plus faibles ?
HOCHE
Vous n'êtes pas les plus forts.
LE li JUILLET m
DE i.m \i:ï .
Tu comptes pour rien ces braves, vingt pièces de canon, vingt coffres de boulets, des milliers de cartouches?
BOCHE
Vous pourrez tuer quelques centaines d'hommes. A quoi bon ? Il en reviendra des milliers.
de i.m m:1» .
Noua serons secourus.
boche.
Vous ne serez pas secourus. Vous pouviez l'être. Vous
ne lavez pas été. Ln roi ne tait pas égorger son peuple : ce
ne serait pas seulement un assassinat, mais un suicide.
- serez vaincus, je vous assure. Vous faites étalage de
votre artillerie. Vous êtes habitués aux vieilles guerres,
- ne comprenez pas celle-ci ; vous ne savez pas ce que qu'un peuple délivré. La guerre est un jeu pour vous,
vous n'y croyez pas. Depuis Malplaquet, personne ne s'intéresse plus à la patrie. Vous étiez 1rs amis des ennemis que
- combattiez ; vous nous réjouissiez des succès du roi de -e. La victoire n'est pas une nécessité pour vous. Nous,
pas le choix: il faut que nous vainquions. — Aaxlnvali imarades, je vous connais bien, je vous
de fiers vieux gas. Mais quand vous vous battiez, c'était pour obéir à des ordres ; vous ne savez pas ce que c'est que de se battre pour soi. — A Béquart. Vousmême, père Béquart, — nous VOUS aimons tous, nous honovotre vaillance ; — mais quand vous étiez à Prague, enfermés par l'ennemi, vous ne défendiez que votre peau. s, c'esl notre .'une l'âme de nos fils, de tous ceux qui sortiront de non-.... Vous entendez ce peuple au pied de ' la qu'une partie de nos forces. Des millions d'êtres, tous les peuples à venir combattent dans nos js, tout ce formidable invisible, qui gagne les batailles.
DE Mil.
Tu nous ennuies. Non» allons balayer en quelques vo-
ion ces forces invisil
Ui THEATRE DE LA RÉVOLUTION
Ne tirez pas ! Si vous tirez, vous êtes perdus. Un peuple n'est pas une armée régulière ; on ne le déchaîne pas impunément.
YINTIMILLE, à lui-même, considérant Hoche.
Quelle étrange espèce d'hommes ! Gomment cela est-il sorti de nous, de notre France ?... Ce sont des Allemands. — Des Allemands ? — Non pas. J'ai connu des Prussiens plus français que celui-ci. Qui nous a changé tout cela?
HOCHE
Songez qu'on peut encore s'entendre, que bientôt Vous ne le pourrez plus. Dès que vous aurez fait couler le sang, rien ne l'arrêtera plus.
DE F LUE
Retourne tes conseils à tes amis.
HOCHE, haussant les épaules. — A Julie.
Yiens-t'en, pigeon de l'arche, on refuse ton rameau d'olivier. ■ — Il remet Julie sur son épaule.
DE L AUNE Y, à Hoche.
Rien ne peut prendre la Bastille. Elle peut être livrée, non prise.
HOCHE
Elle sera livrée.
de la uni: Y.
Et qui la livrera ?
HOCHE
Votre mauvaise conscience.
Hoche sort avec Julie, dans le silence général, sans qu'on pensr à l'arrêter.
VINTIMILLE, réfléchissant.
\otre mauvaise conscience...
de LAUNEY, brusquement.
Eh bien! pourquoi la-t-on laissé partir?
LE ii JUILLET 115