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LE PROLOGUE
dans la proposition précédente. Le sens de la phrase est évidemment : (( Et le Verbe était de nature divine ^. »
Le premier membre de la seconde strophe résume l'enseignement de la première, et cet enseignement sert de point de départ à un développement nouveau. Le Verbe « était au commencement vers Dieu » : tel est son rapport avec le Créateur. Et voici dans quel rapport il se trouve avec la créature : « Tout s'est fait par lui. » Le monde a été créé par le Verbe, non qu'on retire à Dieu la puissance créatrice, pour l'attribuer au Verbe seul, mais parce que celui-ci est présenté comme la cause intermédiaire de la création. Dieu a créé le monde par son Verbe. Dieu s'exprime lui-même par son Verbe, il crée par son Verbe, il se révèle par son Verbe. Le Verbe est l'intermédiaire entre Dieu et le monde; il l'est par sa fonction, non par sa nature, qui est proprement divine ; il ne sert pas uniquement • à combler l'abîme qui sépare du monde le Dieu abstrait de Philon ; car le Dieu de Jean est réel et vivant. Les relations du Verbe avec Dieu sont de personne à personne, et la transcendance de Dieu et du Verbe à l'égard du monde n'est pas extérieure, essentiellement physique, mais c'est une opposition d'ordre intérieur, spirituel et moral, qui n'exclut aucune forme ou degré d'action immédiate dans la nature Le Verbe n'est pas l'instrument dont Dieu se sert pour créer le monde ; il est la Parole subsistante à qui la puissance divine est communiquée, en qui elle réside, en qui elle repose, pour ainsi parler, avant de se manifester dans l'œuvre de la création. Bien que Dieu crée par son Verbe, le Verbe n'existe pas seulement en vue de la création ; il existe d'abord pour le Père, dans le sein duquel il était au commencement, (( avant que le monde fût ^ ». Le Verbe n'est pas « devenu », il n'est pas une créature. Comment procède-t-il du Père dont il tient son origine? Le mot « émanation » est probablement celui qui traduirait le mieux la pensée de l'évangéliste ^.
Tous les êtres créés sont venus à l'existence par le Verbe : il n'y
1. La remarque d'Origène (Brooke, I, 58) ne laisse pas d'être fondée : Ttôrjat [jL£v yàp (ô 'Icoocwt]?) to apôpov ors t] Ôsoç ovo[j.aaia sttî tou àyevTjtO'j xaaasTat
Ttov oX(i)v aiTiou, aitoTra 5s aùrô ors ô Xo^oç Oeôç ôvo|j.àÇ£Tat aÙTo'ôso; ô 0eo;. Notons
que si 6 Gsôç désigne le Père, Oeoç n'est pas employé absolument pour désigner le Verbe, mais comme attribut pour faire connaître sa nature.