Cf. XV, 2; XVII
3. Le mot Çtorj n'a pas l'article au commencement du v. 4, parce qu'il est introduit pour la première fois et représente d'abord au lecteur une idée indéterminée ; mais l'idée se détermine dans la reprise xai fj Çtor) xtÀ.
moyen du prologue de Jean, une .sorte d'histoire complète du Verbe, et ils se sont préoccupés de retrouver dans ce passage une indication sur son rôle dans Tintervalle compris entre la création et Fincarnation. Le fait est que Févangéliste ne paraît pas avoir grand souci de cet intervalle ni de la façon dont il a pu être employé. Une seule idée remplit le prologue : le Verbe, par qui Dieu a fait le monde, est le Fils de Dieu, Jésus-Christ, qui nous a donné la lumière et la vie, la vérité et la grâce ^ Dans la seconde partie du prologue, il sera question de la lumière et de la vie surnaturelles que le Verbe incarné apporte aux hommes. Il ne s'agit pas d'autre chose dans la première partie. Pas plus dans un endroit que dans l'autre, Févangéliste n'a particulièrement en vue les lumières de la raison, ou la vie naturelle ~, ou même la révélation de l'Ancien Testament. Les mots « lumière » et (( vie » ne sont pas [employés par lui en deux sens différents. Rien n'indique une double acception ; rien ne demande qu'on suppose dans le texte une équivoque. Il est vrai seulement que la thèse de FEvangile, s'il est permis de s'exprimer ainsi, est énoncée, dans la première partie du prologue, en termes abstraits, tandis que, dans la seconde partie, on passe de l'abstrait au concret, de la métaphysique à l'histoire, comme si l'écrivain avait voulu ménager une transition entre la théorie et le récit de la rédemption opérée par Jésus.
1 . (( Significans (lohannes) quoniam per Verbum, per quod Deus perfecit conditionem, in hoc et salutem his qui in conditione sunt, praestitit hominibus, sic inchoavit in ea quae est secundum Euangelium doctrina : In principio erat Verhum. » S. Irénée, Haer. I, 1. Cf. supr. p. 18, n. 8.
2. (( Probabilis conjectura si Aristotelem interpretaremur Ubique lux
pro spirituali hominum illustratione ponitur. Ac nescio an uUum ex Scripturis sacris exemplum proferri possit, ubi lux aut lumen rationem significat naturalem. » Maldonat, II, 396, 398. Selon Van Hoonacker [supr. cit.), la vie dont il est question serait k la vie qui anime la nature », et la lumière des hommes serait la lumière du jour, « celle qui est faite pour les hommes » ; et « c'est ainsi que malgré les ténèbres, la lumière tut la vie de la nature ». C'est seulement à partir du v. 7 que la lumière désignerait le Verbe. Mais il est inconcevable que Févangéliste ait entendu par « lumière dés hommes » autre chose que « la vraie lumière qui éclaire tout homme ». Quel besoin avait-il de décrire la création de la lumière en termes si alambiqués ? Les mots sont empruntés au premier chapitre de la Genèse, mais non les idées ; et il serait absolument contraire aux habitudes du symbolisme johannique de placer une description de la création naturelle à côté de la création si)iriluelle. S'il n'était parlé que de la création naturelle dans les vv. 4-5, le récit qui commence au v. 6 ne serait pas logi(|uomonl amené.
LE PROLOGUE
Jean ne considère pas la vie dans le Verbe : en ce cas, il n'aurait pas manqué de dire que le Verbe était la vie. Mais la vie et la lumière dont il parle sont conçues par rapport aux hommes : ce sont les avantages qui leur sont procurés par le Verbe fait chair. Aussi bien, si l'évangéliste ne dit pas du Verbe qu'il est la lumière et la vie, Jésus le dira de lui-même. C'est que le Verbe devient lumière et vie pour les hommes par son incarnation. Le point de vue de l'auteur étant ce qu'il est, il ne reste aucune place dans sa pensée pour la vie qui aurait existé de toute éternité dans le Verbe et qui aurait été communiquée d'une certaine façon par la création. Ce que Jean appelle vie et lumière, c'est la grâce et la vérité dont Jésus est le médiateur. La formule : « Dans le monde il y eut vie », équivaut à ce qu'on lira plus loin ^ : « Le Verbe s'est fait chair... ; la grâce est venue par Jésus-Christ. » Et la formule : « La vie était la lumière des hommes », est expliquée au même endroit par : « Nous avons vu sa gloire... ; la vérité est venue par Jésus-Christ. » Les deux visent directement la communication de vie, la manifestation de lumière, qui s'est faite et qui se fait par le Fils de Dieu, Jésus, le Verbe incarné
« La lumière luit dans l'obscurité. » Cette lumière est celle que le Fils de Dieu répand dans le monde. La lumière et l'obscurité sont des termes métaphoriques et rej)résentent la vérité et l'erreur, la lumière du Christ et la corruption du monde. On ne doit pas prendre la proposition tout entière pour une comparaison dont le terme principal serait sous-entendu : comme la lumière brille dans l'obscurité, ainsi la vérité du Christ paraît dans le monde. La lumière dont il s'agit est a la lumière des hommes », celle qui accompagne la vie offerte par Jésus, selon qu'il est dit au verset précédent. Le mot qui sert d'attribut dans la dernière proposition de ce verset, et qui est répété comme sujet dans la proposition sui-