‹ Le quatrième évangileChapitre 154 sur 857 · C. Veronensis, b · texte numérisé non relu

C. Veronensis, b

3. u Le texte primitif ne contient ni plus ni moins qu'une expression exacte delà conception virginale de Jésus. » A. Resch, 221. Cf. J. Héville, 100, n. 2, où la variante est jugée fausse pour cette raison, et Guill, 333. Blass lit âysvvT^Ôr), mais supprime le pronom au commencement du v. 13, qui se rattache au V. 14, ce qui bouleverse tout l'équilibre logique et rylhmi((ue du passage.

LE QUATKIÈME EVANGILE

gique résultant des quatre Évang-iles expliqués et complétés lun par l'autre, autre chose est l'élément spécial de cette synthèse qui est énoncé dans tel passage et directement enseigné par tel évang-éliste. Matthieu et Luc ont raconté la naissance temporelle du Fils de Dieu, sans parler de sa préexistence. Jean pourrait bien avoir exposé l'économie générale de l'incarnation, sans égard apparent aux circonstances particulières de la naissance de Jésus ; et c'est ce qu'il a fait réellement.

Après avoir dit que ceux qui croient au Verbe obtiennent ainsi le pouvoir de devenir enfants de Dieu, l'évangéliste donne la raison de cette faveur : c'est que ceux qui croient à la vie, à la lumière, au Verbe qui s'est manifesté dans le monde, sans que le monde voulût le connaître, croient à celui qui n'est pas né du sang, ni de la chair, ni de l'homme, mais de Dieu, à quelqu'un qui n'était pas un homme, mais le Verbe fait chair. La déclaration solennelle : « Et le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous », a pour objet d'expliquer cette naissance de celui en qui l'on doit croire pour devenir aussi enfant de Dieu. Rien n'est plus simple ni plus naturel que l'enchaînement des idées dans cette partie du prologue. On devient enfant de Dieu en croyant à celui qui est Fils de Dieu, et celui qui est Fils de Dieu n'est pas autre que le Verbe fait chair; il est Fils de Dieu parce qu'il est le Verbe fait chair. L'évangéliste n'a pas l'intention d'expliquer l'origine de l'humanité dans laquelle le Verbe se manifeste , mais il explique la filiation divine de Jésus par l'union du Verbe avec cette humanité. L'idée de la conception virginale est secondaire par rapport à celle que Jean veut inculquer, et elle n'est pas indiquée positivement par lui. C'est par la volonté de Dieu, comme le dit saint Irénée, que le Verbe s'est fait chair; de là vient que Jésus, Fils de Dieu en tant qu'il est le Verbe incarné, naît de Dieu, non de l'homme. En disant que le Christ n'est pas né « du sang ^ », l'évangéliste fait abstraction de l'origine humaine du Sauveur; il parle uniquement de sa filiation divine, de sa naissance par l'esprit, on pourrait même dire « par l'eau et l'esprit ^ », parce que le baptême de Jésus est

1. oùx a'i[a.aTOJv oùol ex OeXrj[j.aro; aapxd; exclut aussi bien la mère que le père. Cf. supr. p. 177, n. 2. Noter aussi l'interprétation de saint Augustin, supr. p. 179, n. 1, où il ne s'agit pas de la conception virginale, mais de la génération éternelle du Verbe.

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