‹ Le quatrième évangileChapitre 156 sur 857 · Cf. II · texte numérisé non relu

Cf. II

2. Une logique rigoureuse, interprétant i, 13, de l'origine historique du Christ, aurait plutôt mené à Fidée d'une naissance apparente, c'est-à-dire au docétisme; mais la tradition et les Synoptiques venaient à rencontre de cette déduction. De là le sons attribué au passage, en dépit de sa lettre, par s, Justin, s. Irénéc, Tertullien.

3. Sur l'antiquité de la fête de l'Epiphanie et son rapport initial avec le baptême du Sauveur, voir Bornemann, Die Taufe Chvhti durch Johannes, Le fait

commence à se manifester dans les œuvres du Sauveur. La naissance de Jésus se trouve donc placée en dehors de l'horizon contemplé par l'évangéliste, si on la considère comme fait. Si on la considère dogmatiquement , comme l'apparition du Fils de Dieu dans la chair, elle est ramenée en idée au moment du baptême. De ce point de vue idéal et transcendant, la négation d'une origine humaine est une autre façon d'aiïirmer l'origine divine du Sauveur, non une indication relative à sa naissance, tout comme, dans le discours à Nicodème, la naissance des hommes par l'eau et l'esprit, la naissance d'en haut, marque le caractère de la vie surnaturelle qui leur est communiquée, sans égard à leur naissance naturelle, qui est simplement présupposée. L'idée de, l'incarnation n'inclut donc pas nécessairement la conception virginale du Sauveur; elle n'en tient pas compte. La relation dogmatique des deux croyances n'est pas établie dans le quatrième Evangile; elle s'est formée dans la tradition, par la combinaison de la théorie johannique avec les récits de la conception virginale dans Matthieu et dans Luc ^

C'est précisément parce que la conception virginale n'est pas indiquée dans le quatrième Evangile, et parce que l'incarnation se confond, dans la perspective, avec la descente de l'Esprit sur Jésus lors de son baptême, que les adversaires des écrits johanniques affectaient de voir, dans le premier chapitre, la théorie gnostique d'un éon céleste apparaissant sur la terre pour se présenter à Jean, comme si l'auteur avait réellement supprimé les trente premières années de Jésus ~. Cette circonstance même pourrait avoir donné crédit à la leçon qui est maintenant reçue, au détriment de celle que Tertullien tenait pour la seule orthodoxe. Un savant commentateur ^ qui trouve la leçon de Tertullien excellente pour le contexte, mais contradictoire avec ce que Jean dira plus loin ^ sur l'origine terrestre du Messie, paraît être du même

(jue la commémoration du baptême du Sauveur est antérieure à celle de sa naissance trouve une explication dans le développement historique de la christologie.

1. La combinaison est à l'état rudimentaire dans s, Justin, Ap. i, 32, 33, 60, ({ui identifie simplement le Logos de Jean avec le w£0|j.a et la 5uva[jLt; de Luc. I, 35.

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