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LE PROLOGUE
avis que les aloges. La contradiction dont il s'agit n'existe pas, si l'on tient compte du caractère idéal que présente le prologue, et de la signification même du passage cité. Quand Jésus dit : « Vous savez d'où je suis; et pourtant je ne suis pas venu de moi-même, et vous ne connaissez pas celui qui m'a envoyé », il répond à ceux qui contestaient sa qualité de Messie, sous prétexte qu'on savait son origine; il ne concède pas que les Juifs sachent vraiment d'où il est, et il donne à entendre qu'ils se font illusion sur ce point. Jésus n'affirme rien que ce qui est dit dans le prologue, à savoir, qu'il vient d'en haut; et la question de son origine terrestre, au sens où les Juifs pensent la connaître, n'est pas réellement touchée, ou bien elle est traitée comme indifférente. On ne sait rien de lui en ne connaissant que cela. Ce qu'il importe surtout de savoir est son origine céleste, et c'est cette origine que les Juifs ignorent.
La leçon vénérable, attestée par les écrivains ecclésiastiques du second siècle, semble donc mériter un peu plus de crédit que les exégètes de toutes les écoles n'ont accoutumé de lui en accorder. Gritiquement parlant, elle a certaines chances d'être primitive. Gomme elle a soulevé de très bonne heure des difficultés doctrinales, elle serait malaisément sortie de la leçon canonique, tandis que cette dernière aura pu facilement être substituée à l'autre, soit sous la simple influence du verset précédent, soit plutôt parce qu'elle ne prêtait pas à objection ni à fausse interprétation. En pressant les termes de la première, on pouvait en déduire, non seulement que le Verbe s'était fait chair au moment du baptême de Jésus, mais encore, et avec plus de facilité, que le Verbe était devenu Fils de Dieu en s'incarnant. La leçon canonique, au contraire, supposé même qu'elle ait d'abord circulé chez les disciples de Valentin, ne gardait un sens valentinien que pour ses auteurs, et, si peu facile qu'elle nous paraisse, au point de vue littéraire et critique, admettait une interprétation théologique entièrement inoffensive.
I, 14. Et le Verbe s'est fait chair, Et il a habité parmi nous, Et nous avons vu sa gloire, —
Une gloire comme celle qu'un fils unique (peut tenir) de
(son) père, — Tout plein (qu'il était) de grâce et de vérité.-