Matth. IV, 3; Luc, iv
A, LoiSY. — Le quatrième Évangile. 18
Jésus et aux disciples. Certains interprètes croient pouvoir déterminer ce que Marie connaissait alors des def seins de son fils et comment elle en avait été instruite ; le quati-ième Évangile ne fournit même pas les éléments d'une conjecture à cet égard.
La réponse du Sauveur est, comme on sait, un des passagesqui ont le plus intrigué les exégètes de tous les siècles. (( Qu'y a-t-il entre toi et moi, femme? Mon heure n'est pas encore venue. » Des hérétiques anciens en ont conclu, nonobstant le contexte, que Marié n'était pas vraiment la mère de Jésus. Quelques protestants ont pensé que le Sauveur avait voulu condamner d'avance la dévotion à Marie. Des catholiques bien intentionnés ont essayé de lui faire dire : « Que nous importe à l'un et à l'autre qu'il n'y ait plus de vin? » Mais le sens de la phrase, locution hébraïque dont il y a nombre d'exemples dans les deux Testaments, est très net : Jésus dit à sa mère qu'il n'y a rien de commun entre eux. Il s'agit seulement de savoir sur quoi porte la négation. Beaucoup n'ont pu s'empêcher de croire que Jésus faisait un reproche à sa mère, parce que sa demande arrivait mal à propos, ou bien parce qu'elle l'avait faite dans une intention quelque peu répréhensible ' . On a recouru à l'hypothèse d'un blâme simulé, que le Christ lui aurait adressé pour insinuer qu'il n'accordait pas à la nature le miracle qu'il allait faire sur sa prière Les paroles évangéliques sont, par bonheur, assez claires pour triompher de toutes ces subtilités. C'est le Verbe incarné qui parle et qui se déclare indépendant de toute influence humaine, si respectable qu'elle soit au point de vue naturel. Sa mère ne lui est rien dans l'accomplissement de sa mission divine L'opposition n'est pas, comme l'ont dit saint Augustin et plusieurs autres Pères, entre la divinité du Christ et la nature humaine qui lui est commune avec sa mère, mais entre Celui que le Père envoie et la « femme » qui lui a donné le jour. La naissance naturelle ne compte pas à côté de la naissance divine, et par naissance divine il faut entendre ici l'incarnation. L'emploi du mot (( femme » n'a rien que de respectueux. Jésus l'emploiera encore
1 . (( Videntur Chrysostomus, Theopb ylactus et Euthymius existimare Mariam humano ali(iuo afîectu hoc a filio petivisse, iil aliqua etiam sibi ex ejus miraculis accederet j^loria. » Maldonat, loc. cit.