Cf. Luc, II, 49; Marc, m, Mi-lVS
LES ISOCES DE CANA
en parlant à sa mère du haut de la croix Il a quelque chose de plus solennel et de moins familier que celui de <( mère », bien qu'il ne laisse pas d'être en rapport avec l'idée qui domine la réponse de Jésus, et qu'il atteste ici l'indépendance au moins autant que le respect. Mais le Christ qui tient un pareil langage n'est pas celui de l'histoire, c'est celui de la foi, et les paroles qu'il prononce ne sont pas dites à Marie, mais à « la femme » de l'Apocalypse à la communauté d'Israël, mère du Messie.
Tout en écartant l'intervention de sa mère, Jésus la renseig-ne touchant l'objet de la demande. L'instant de la Providence n'est pas venu encore. Il viendra donc : c'est la conclusion qu'on doit tirer de cet avis, et que la mère elle-même en a déduite, puisqu'elle se tient pour satisfaite et met les serviteurs aux ordres de Jésus, comme si elle était désormais assurée du miracle qui va s'accomplir. Sa requête a été exaucée en réalité, observent les interprètes catholiques, bien qu'elle ait été rejetée en apparence. Telle n'est pas précisément la pensée du texte. La mère a demandé une chose qui devait arriver : il ne lui appartenait pas de la réclamer, mais la chose arrivera au moment fixé par la Providence. « L'heure », en effet, ne peut être que le moment providentiel du miracle, du moins si l'on s'en tient au sens extérieur et littéral du texte ; c'est l'heure du prodige demandé. Et les commentateurs de chercher encore pourquoi l'heure n'était pas venue, et pourquoi elle arrivera quelques instants après : c'est, dit saint Jean Chrysostome, que tout le monde devait être instruit qu'il n'y avait plus de vin, pour que le miracle fût incontestable; c'est, dit saint Augustin, qu'il y avait encore un peu de vin quand Marie parla, et qu'il fallait attendre qu'il n'y en eût plus, afin qu'on ne pût soupçonner le vin miraculeux d'être de l'eau rougie. Il s'agit évidemment de l'heure marquée par le Père, et toutes ces conjectures touchant les circonstances extérieures du miracle sont à mille lieues de la pensée évangélique. L heure est fixée par Dieu : le Christ ne l'avancera pas d'une seconde. Les interprètes qui ont cru que Jésus avait avancé le miracle pour complaire au désir de sa mère n'ont pas entendu exactement le sens des paroles échangées entre celle-ci et son fils. Le miracle pouvait-il donc être retardé après les noces ou remis