‹ Le quatrième évangileChapitre 24 sur 857 · Theolog. Beitrâge, V · texte numérisé non relu

Theolog. Beitrâge, V

1801, dans un écrit anonyme, par Vogel \ qui citait l'évangéliste au tribunal de Dieu. Horst ^ soutint que Tlilvangile avait été compilé par un chrétien d'Alexandrie. Cludius ^, Ballenstedt attaquèrent également l'authenticité johannique; Ammon ^, en 181 1, voulait distinguer l'éditeur de l'auteur, et Paulus ^ attribuait l'Évangile à un disciple de Jean. Mais ces opinions nouvelles ne trouvaient pas d'écho, même parmi les rationalistes; elles revêtaient une forme trop absolue ou reposaient sur des observations trop incomplètes. Le problème fut mis décidément à l'ordre du jour et nettement posé par Bretschneider ^, en 1820 : cet auteur faisait valoir les diverg-ences du quatrième Evangile par rapport aux Synoptiques, l'insuffisance du témoignage traditionnel, le caractère du livre, peu compatible avec ce que l'on sait par ailleurs de l'apôtre Jean. Tous les principaux arguments de la critique contemporaine sont esquissés ou même déjà développés dans ces Probahilia^ qui firent grand bruit alors, et provoquèrent « un déluge de réfutations ^ » sous lequel Bretschneider lui-même parut fléchir. Deux ans après, il déclarait qu'il avait voulu montrer les difficultés et faire examiner plus à fond les preuves de l'authenticité, qui se trouvait maintenant garantie. Quoi qu'il en soit de cette conversion, l'ouvrage restait, et les idées qu'il contenait devaient plus tard faire leur chemin.

Pendant une vingtaine d'années, la cause de l'authenticité paraît triomphante. Schleiermacher la défend ^ par des considérations philosophiques : le christianisme serait un phénomène inexplicable par l'idée du Christ synoptique; d'autre part, l'idée johannique était impossible à inventer par la réflexion ; les deux images de Jésus sont dans le même rapport que celles de Socrate d'après Xénophon et d'après Platon. Cette conception apologétique s'est perpétuée jusqu'à nos jours, bien qu'elle se fonde en partie sur un malentendu, la facilité pour nous de comprendre le Sauveur n'étant pas du tout la même chose que la fidélité dans la représentation historique de Jésus par les évangélistes. Jean définit, d'une façon intelligible pour la pensée grecque, c'est-à-dire pour la nôtre, la mission divine du Christ; mais cette mission s'est définie elle-même, en tant que fait historique, dans les formes de la pensée juive, animées par une conscience delà fîlia-

1. Der Evangelist Johannes und seine Ausleger vor den jûngsten Gerichl.

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