Il
NICODÈME
le corps de Jésus-Christ est une « chose terrestre », la résurrection n'en est pas une ; de plus, il paraît indispensable de prendre les choses terrestres dans ce que Jésus vient de dire. C'est pourquoi, séparant ce qui concerne le vent de ce qui convient à l'esprit, on a supposé que la comparaison du vent était la « chose terrestre » K Mais si la naissance par l'esprit est la « chose céleste », elle ne reste plus à dire, et la remarque de Jésus n'a pas d'objet. Beaucoup n'hésitent pas à considérer le baptême comme une « chose terrestre », parce qu'il est donné sur la terre, et entendent par « choses célestes » la génération éternelle du Fils, ou le mystère de la Trinité Mais les « choses célestes » ne sont pas des abstractions métaphysiques ; la suite du discours montre qu'il s'agit du mystère du salut, du plan providentiel de la rédemption que le Fils est venu opérer sur la terre. L'économie du salut a été décrite dans ce que Jésus a déjà dit, mais elle a été décrite en figure, en langage sensible, e terrestre », et Nicodème n'y a rien compris : que comprendra-t-il si on la lui décrit sans figure ^ ? La description se fait néanmoins immédiatement ; mais il est clair qu elle ne se fait pas pour Nicodème. L'embarras que les interprètes ont éprouvé à reconnaître des « choses terrestres » dans les paroles concernant la nouvelle naissance vient de ce qu'ils ont commencé par interpréter ces paroles au sens spirituel, sans en remarquer le caractère symbolique. Il est évident que l'évangéliste les considère comme une allégorie, ce qu'elles sont, et ce qu'il a voulu.
On refuse de croire en Jésus lorsqu'il parle le langage de la terre pour faire entendre les choses du ciel. Lui seul pourtant a l'autorité qu'il faut pour avoir droit d'être écouté en pareille matière, u Nul n'est monté au ciel, si ce n'est celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme, qui est dans le ciel ^. » Les éditions critiques de Tis-