‹ Le quatrième évangileChapitre 259 sur 857 · SCHANZ · texte numérisé non relu

SCHANZ

5. « Quia insolitum est Christo pluraliter de se loqiii, haiic ipsani interpréta tionem, quam omnium probabilissimam judico, probareomnino non possum. » Maldonat, II, 485. Supposant que la parole a été réellement dite par Jésus,

parlant en son nom, emploie le singulier. Nicodème a dit : « nous savons », parce qu'il représente un groupe. Jésus dit : « nous savons », parce qu'il représente la génération nouvelle des enfants de Dieu. 11 ne semble pas, néanmoins, que Févangéliste ait voulu marquer une antithèse entre ces deux déclarations.

Ce que Jésus dit savoir avec une entière certitude, parce qu'il l'a vu, ce que savent comme lui ceux qui sont devenus enfants de Dieu en croyant en lui, c'est le mystère du salut, le secret de la nouvelle naissance, dont Jésus et les siens éprouvent en eux-mêmes la divine réalité. L'expérience surnaturelle dont il s'agit commence avec l'incarnation, se poursuit dans la manifestation du Verbe fait chair, et se répète en quelque façon dans tous ceux qui sont régénérés par l'efficacité de son esprit. « Nous disons ce que nous savons, nous attestons ce que nous avons vu, et vous ne recevez pas notre témoignage ^ » Ce n'est pas seulement Nicodème, ni ceux au nom de qui on l'a fait parler d'abord, mais tous ceux dont il est le type et auxquels pense l'évangéliste, qui ne reçoivent pas le témoignage. Toutefois l'auteur n'a pas encore perdu de vue le groupe dont Nicodème est l'interprète , ni l'économie du dialogue qu'il a institué. Jésus constate, en son propre nom, par l'exemple de son interlocuteur, l'aveuglement des Juifs et Timpossibilité de leur faire comprendre la vérité salutaire: (( Si je vous parle des choses terrestres et que vous ne croyiez pas, comment croirezvous, si je vous parle des choses célestes -1 » Ainsi le « je » revient pour la continuité du discours, et parce que Jésus seul est le révélateur des choses du ciel. Mais que veut-il entendre par les « choses terrestres » qu'il a déjà dites, et par les « choses célestes » qu'il aurait encore à dire ? La naissance par l'eau et l'esprit serait-elle une chose terrestre ? Faut-il chercher les « choses terrestres » en dehors de la conversation qui précède? Certains Pères ont soupçonné que les « choses terrestres » seraient une allusion à la parole : « Détruisez ce temple, et je le relèverai en trois jours » Mais si

Maldonat ne voit pas d'autre sens possible que cette observation banale : On dit ce qu'on sait, et l'on n'est pas cru ; les entêtés n'écoutent pas les sages.

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