‹ Le quatrième évangileChapitre 263 sur 857 · ô o)V SX Too oùpavou · texte numérisé non relu

ô o)V SX Too oùpavou

4. Deut. XXX, 11-12 : « La loi que je te donne aujourd'hui n'est pas au-dessus de ta portée, ni éloignée (de toi) ; elle n'est pas au ciel, pour (qu'on puisse) dire : Qui montera au ciel afin de nous la rapporter et de nous en instruire, pour que nous raccomplissions ? »

5. Rom. x, 6 : « Ne dis pas dans dans ton cœur : Qui montera au cie/? c'està-dire : (Qui) fera descendre le Christ ? » Jean paraît dépendre de Paul, et non seulement du Deutéronome. Vise-t-il les disciples du Baptiste, qui auraient soutenu que leur maître était monté au ciel comme Elie ? Baldensperger, 87. L'hypothèse peut être fragile. Il est vrai pourtant que l'évangéliste a dû avoir une intention analogue en faisant déclarer par Jean-Baptiste lui-même, contrairement à ce qu'on lit dans les Synoptiques, qu'il n'était pas Elie (i, 21). L'auteur combat aussi indirectement ce qu'on lisait, dans les écrits apocalyptiques, touchant les ascensions célestes d'Hénoch, Moïse, Élie, Isaïe.

NICODÈME

fois « celui qui est descendu du ciel », c'est-à-dire le Verbe incarné, connaît les choses célestes mieux que ne pourrait les connaître un homme qui serait monté au ciel ; quant à lui, il n'a pas eu besoin d'y monter pour en descendre, étant le « Fils de l'homme, qui est au ciel ». Ce dernier membre de phrase est tiré en divers sens par les commentateurs. Ceux qui trouvent invraisemblable que Jésus lui-même ait affirmé sa présence actuelle dans le ciel, traduisent : « qui était au ciel ^ ». Mais la proposition incidente n'est pas subordonnée aux deux i^ropositions qui précèdent : a Nul n'est monté au ciel, sauf celui qui en est descendu » ; elle détermine simplement la qualité du « Fils de l'homme », par l'indication de son rapport actuel ou permanent avec le ciel. Beaucoup de Pères et d'interprètes catholiques 2 entendent le passage dogmatiquement et l'expliquent par la distinction des deux natures 2, ce qui est une traduction théologique plutôt qu'une analyse de l'Evangile. Certains commentateurs protestants ^ donnent à tout le passage un sens moral et figuré : Jésus, dans son humanité, aurait été élevé au ciel par son union intime avec Dieu, d'où résultait en lui un commerce assidu avec le Père, principalement depuis son baptême. Mais ni le texte, ni le contexte, ni la conception johannique de la science du Christ ne justifient une pareille atténuation du sens littéral. Ce n'est point du tout parce que Jésus aurait été élevé jusqu'à Dieu, qu'il est le révélateur des choses célestes, c'est parce que le Verbe divin, venu du ciel, parle en Jésus, avec la science qu'il apporte du ciel, d'auprès du Père ^. Au sens littéral, on n'affirme pas réellement que Jésus soit monté au ciel, on affirme que le Fils de l'homme en est venu, et qu'il y est. Y est-il seulement en ce sens que là est sa vraie patrie, son séjour naturel ^\ et faut-il admettre que la proposition n'a un sens complet que dans son interprétation spirituelle, au point de vue de l'évangéliste, dont la pensée va au Christ glorifié

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