‹ Le quatrième évangileChapitre 338 sur 857 · V. 27. OTt utôç àvOptoTtou saTi'v · texte numérisé non relu

V. 27. OTt utôç àvOptoTtou saTi'v

LE PARALYTIQUE DE BÉTHESDA

celui qui s'opère de lui-même dans les âmes, celles qui croient n'étant pas jugées, mais sauvées, celles qui refusent de croire étant dès maintenant jugées, c'est-à-dire condamnées. Ce jugement s'effectue par le Verbe incarné, parce qu'il est homme et traite en cette qualité avec les hommes. Mais l'évangéliste n'exclut pas le jugement dernier, puisqu'il va parler aussitôt de la résurrection finale. Bien que l'article manque devant le mot (( fils d'homme », il y a allusion au titre messianique dont il a déjà été fait usage antérieurement en même temps que ce titre est interprété d'après le sens naturel qu'il présente. Le jugement des hommes est une affaire d'homme. Dieu ne l'exerce pas directement ; il en charge son Fils, qui est le Fils de l'homme, et qui est homme ^, étant le Verbe fait chair. Ainsi se trouve transformée et agrandie la déclaration du Sauveur dans les Synoptiques : « Le Fils de l'homme sur la terre a pouvoir de remettre les péchés ^. » Le Fils de l'homme est juge, il est le Juge. Il ne faut pas s'étonner qu'il le soit dès maintenant, car il est le juge du grand jour. « Le temps vient w, et ici l'on n'ajoute pas, on ne peut pas ajouter qu'il soit déjà venu, « où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix », l'appel à la résurrection, mais conçu toujours comme le même appel à la vie, qui retentit maintenant dans la prédication de Jésus, « et ils sortiront, ceux qui auront fait le bien, pour ressusciter à la vie, ceux qui auront fait le mal, pour ressusciter au jugement », c'est-à-dire à la condamnation, au châtiment.

1. I, 52; III, 13, 14. L'absence de l'article devant les deux mots uioç et àvGpcÔTcou montre que la formule n'est pas employée directement au sens messianique. <( Filius autem hoc sensu solus judicat, quia solus homo est, qualem eum qui homines judicet esse convenit. » Maldonat, II, 565. Cf. Hébr. iv, 15. 11 ne s'ensuit pas, comme le dit B. Weiss, 212, que le Fils de Dieu ne soit qu'un homme considéré dans son rapport particulier avec Dieu, car le Fils est le Verbe qui existait dès le commencement en Dieu et par qui tout a été fait, et il était aimé de Dieu, glorifié par lui avant que le monde fût. Paul de Samosate abusait de ce texte dans un sens analogue ; c'est pourquoi Jean Chrysostome et quelques autres témoins rattachent la finale du v. 27 au v. 28 : « De ce qu'il est fils d'homme, ne vous étonnez pas de cela. )> Construction visiblement incorrecte et fausse.

2. Grill, 11. La pensée de l'évangéliste va à la nature, non à la faiblesse de l'humanité (Hébr. ii, 14-18).

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