Cf. Lév. XXIII. 9-14. NowACK, Archâologie, II, 178, n. i
5. Plusieurs témoins ont sv après Tratoocptov. Vulgate : « puer iinus )>. Cette leçon paraît fautive, soit parce qu'elle a contre elle les meilleurs témoins, soit parce que le vague convient mieux à la pensée de l'évangéliste. Ceux qui ont fait l'addition devaient l'entendre au sens indéfini (ti). Si elle était authentique, le sens serait plutôt : « Il n'y a qu'un jeune garçon ici », etc., c'est-à-dire que les disciples ne connaîtraient pas d'autre personne ayant des provisions.
celui des Synoptiques. Jésus prend les cinq pains et il « rend grâces ^ ». Les Synoptiques disent qu'il prononçe la bénédiction Jean préfère le terme sacramentel par lequel on désig-nait de son temps Teucharistie, et qui est déjà employé par Marv et Matthieu dans le récit de la seconde multiplication des pains. La distribution se fait par les mains de Jésus, sans que l'entremise des disciples soit expressément indiquée. Le Christ partage aussi les poissons, donnant à chacun selon son gré. L'évangéliste a-t-il voulu dire que le pain, aliment indispensable, avait été distribué a tous, et que le poisson, aliment supplémentaire, avait été donné selon que les convives en voulaient, et ce trait porterait-il encore la marque du témoin ^ ? 11 semble que l'auteur s'intéresse surtout à la distribution du pain, bien que le poisson ait sans doute aussi sa signification, comme symbole de la vie. Le pain et les poissons, figurant ensemble la nourriture de vie, le pain comme symbole principal, et le poisson comme symbole complémentaire, sont distribués à tous les assistants en quantité suffisante et selon leur désir -.
Ayant omis de dire que les disciples ont été les intermédiaires de la distribution ^, Jean a voulu exprimer Tordre de ramasser les restes, tandis que, dans les Synoptiques, on signale simplement 1 e fait. C'était Fusage chez les Juifs de recueillir avec soin, après le repas, jusqu'aux miettes tombées de la table. L'ordre de Jésus ne fait que donner plus de relief au détail symbolique dont il s'agit. Les douze corbeilles sont en rapport avec le nombre des douze apôtres, qui se trouvent désignés ainsi comme les dépositaires et les distributeurs du pain de vie. Dans le quatrième Evangile, où il n'a pas encore été question du collège apostolique, il semblerait que le
\. V. 11. sXa6ev oùv xoùç apxouç ô 'Irjaouç xai sùyaptaTr]'aa; StsBojxsv toi; àvay.£i[jL£voi;, ôfjLOt'w; xai £x tôjv otj^apiwv oaov yjGsXov. Cf. Matth, xv, 36 ; Marc, viii, 6.
2. £ÙXoyr]a£v. Cf. Matth. xiv, 19; Marc, vi, 41; Luc, rx, 16, et les récits de l'institution eucharistique.
:i. B. Weiss, 235.
4. ScHANz, 265, regarde comme possible la référence aux deux objets, tout en jugeant plus probable le rapport aux deux poissons. L'auteur aurait voulu dire : chacun eut du poisson à son g-ré, bien qu'il n'y eût que deux poissons à distribuer. La môme remarque n'est-elle pas applicable aux pains?
Quelques témoins (Ss. D, etc.) ajoutent après ôt£0(o/.£v dans le v. 11 : toi; |j.aOrjTaiç, ot os [j.aOr]Ta'', par imitation de Matth. xiv. 19.
LE PAIN DE VIE
nombre douze ait été emprunté à la tradition, sans allusion spéciale aux apôtres : ce sont les disciples de Jésus qui recueillent le pain dans les corbeilles et qui sont les gardiens du pain céleste. Il sera prochainement fait allusion au choix des Douze i, qui est supposé bien antérieur au miracle. Inutile de chercher si chaque apôtre portait avec lui une corbeille, ou s'il en aura emprunté une pour la circonstance Dans tous les récits, la signification symbolique des douze corbeilles prime la réalité matérielle de l'incident visé : la raison de ce trait est surtout dans l'idée qu'il représente, et la critique perd ses conjectures en les appliquant à la réalité.
De même, s'il reste tant de pain et qu'il ne reste rien des poissons, ce n'est pas que l'on ait voulu, d'une part, faire valoir la grandeur du miracle ^, et, d'autre part, laisser entendre qu'il était resté du pain parce qu'on l'avait distribué à tout le monde en quantités égales, et qu'il n'était pas resté de poisson parce qu'on avait fait les portions selon la volonté des personnes, si bien que plusieurs avaient eu trop de pain, mais aucun n'avait eu trop de poisson ^. Il reste du pain, parce que c'eût été merveille que d'un repas donné à cinq mille personnes il ne demeurât pas une miette ; il reste une quantité supérieure à ce qu'on a ^distribué, parce que le symbolisme du récit demande que le caractère permanent, inépuisable, du pain de vie, soit marqué dans la conclusion; et le même symbolisme exige que le pain demeure aux mains des disciples. La quantité de restes s'explique par la même raison que la surabondance de vin aux noces de Cana Marc dit qu'on recueillit les restes des poissons'\ L'indication s'accorde avec l'esprit du récit ; mais il était plus conforme au symbolisme de l'eucharistie que l'on parlât seulement du pain dans la conclusion. Car si le pain et les poissons que l'on distribue figurent Jésus pain de vie, le pain qui reste est à peine un symbole; c'est déjà presque l'eucharistie elle-même.
Dans les Synoptiques, on ne voit pas que le prodige ait eu de conséquences : les disciples sont dits n'avoir rien compris à ce que