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cial ^ s'étaient comportés à Fég-ard du Sauveur comme le reste des Juifs, comme les habitants de Jérusalem et de la Judée. Les Juifs qui (' murmurent » sont donc la foule dont il a été question précédemment. On dira plus tard que la suite de cet entretien eut lieu dans la synagogue de Capharnaûm, en sorte qu'il faudra supposer, pour le Christ et son auditoire, un déplacement dont le lecteur n'a pas été averti. Mais, nonobstant le changement de la mise en scène, c'est le même spectacle qui continue : le discours de Jésus se déroule en déclarations sur le pain de vie, qui est lui-même, et la foule galiléenne va toujours comprenant moins et se scandalisant davantage, jusqu'à rupture complète.
Le thème de l évangéliste dans tout ce chapitre est facile à discerner : au point de vue didactique, il s'agit de signifier, par le symbole du pain vivifiant, la mission du Christ et le salut; au point de vue historique, que l'auteur a su rattacher de la façon la plus étroite au développement de la doctrine, il s'agit d'expliquer le peu de succès que Jésus a obtenu dans sa patrie, et l'échec du ministère galiléen ; à la fin du discours, la séparation est accomplie. Il est évident que les relations de Jésus avec les Galiléens, de son enseignement avec leur foi, ont été plus complexes, et que Jean a présenté, sous la forme d'une histoire particulière, comme une philosophie générale de la prédication galiléenne, on pourrait dire aussi de la prédication chrétienne, et de ses résultats auprès des Juifs. Il ne faut donc pas s'étonner que le cadre soit un peu flottant, ni s'ingénier à reconnaître les parties du discours qui auraient été prononcées sur le bord de la mer, et celles que Jésus aurait dites dans la synagogue. Jésus parle aux Galiléens, et en même temps, par la bouche de Jésus, l'évangéliste combat les Juifs de son temps. Les Juifs, remarque saint Cyrille, ont toujours murmuré contre les envoyés de Dieu : ne murmuraient-ils pas déjà contre Moïse ^ ? Les contemporains de Jésus, dit saint Jean Chrysostome, voulaient le proclamer roi après qu'il leur eut donné le pain matériel; ils ne veulent plus de lui quand il oftre le pain spirituel. Cette antithèse a été voulue par l'auteur ; mais elle a visiblement une signification symbolique. Elle est indiquée déjà dans les Synoptiques, où la parole : « Défiez-vous du levain des pharisiens »,