B. Weiss
que par rapport à l'eucharistie, et le quatrième Évang-ile rencontre ici Saint Paul K Dire que Jésus n'a pu parler de l'eucharistie aux Juifs ~ est préjug-er l'objet du discours et méconnaître le caractère du quatrième Evang-ile. On a cherché k démêler dans cet exposé deux courants d'idées : celui de Jésus, qui aurait expliqué aux Juifs comment il était le pain de vie par la foi, et celui de Tévang-éliste, qui aurait ajouté l'idée de la mort expiatrice '\ Cette analyse prête à la doctrine johannique une incohérence qui ne s'y trouve pas, et ne fait que réduire à deux éléments incomplets un enseig-nement plus larg-e et parfaitement homogène.
11 est sûr, d'autre part, que les Pères qui ont conclu de ces paroles à la nécessité absolue de la communion pour les petits enfants baptisés^, et que les théolog-iens hétérodoxes qui en ont déduit la nécessité de la communion sous les deux espèces pour tous les fidèles, ou bien les théologiens catholiques qui, pour échapper à cette conclusion, se sont efforcés de nier ou d'atténuer *^ le sens naturel de ce passage, ont entendu trop étroitement la nécessité dont il s'agit. L'auteur ne pensait pas aux petits enfants quand il a proclamé la nécessité du baptême pour le salut ; il ne pense pas davantage à eux quand il affirme la nécessité de l'eucharistie ; il n'entend pas non plus, en décrivant le mystère par ses deux éléments matériels, formuler un précepte de liturgie qui serait obligatoire pour les siècles des siècles ^. Les problèmes qu'on soulève à propos de son texte n'existent pas encore pour lui ; il n'en donne pas réellement la solution. Il proclame la nécessité des deux grands sacrements de l'ini-