‹ Le quatrième évangileChapitre 385 sur 857 · Hussites, protestants · texte numérisé non relu

Hussites, protestants

6. Cf. Maldonat, II, 624. S. Thomas lui-même, afin de ne pas admettre la même nécessité pour l'eucharistie que pour le baptême n'hésite pas à dire (S. th. p. 3*, q. 65, a. 4, ad 2) : « Illud verbum Domini est intelligendum de spirituali manducatione et non de sola sacramentali. » Cf. q. 73, a. 4, ad 1.

7. « Etsi hoc de eucharistiae intelligitur sacramento, non propterea tamen Christus sanguinem a carne distinxit, ut indicaret omnes necessario utramque partem sacramenti sumere debere ; sed ut ostenderet se agere de sacramento, quod totum constat duabus partibus, deque carne sua et sanguine, quatenus, per hoc sacramentum, in cruce separata fuisse significantur. » Maldonat, II,

LE PAIN DE VIE

tiation chrétienne, et il contemple leur elFet dans les fidèles, membres actifs de TEglise ; il expose les principes générateurs de la vie chrétienne, en se référant aux rites chrétiens tels qu'ils se pratiquaient autour de lui. Son point de vue s'accuse nettement dans les paroles : « Celui qui mang'e ma chair et qui boit mon sang" a la vie éternelle. » Certes, Jésusnajamais tenu ces propos devant un auditoire juif; il n'a point parlé de l'eucharistie, un an avant sa mort, comme d'une institution actuellement en vigueur; mais c'est l'évangéliste qui parle par la bouche du Christ et laisse voir comment on comprenait l'eucharistie dans le milieu chrétien où il vivait.

La vie éternelle embrasse, dans le présent, la régénération spirituelle, la communion à Jésus glorifié ; dans l'avenir, la résurrection. Celui qui mange la chair et boit le sang de Jésus sera ressuscité par lui au dernier jour. L'auteur du quatrième Evangile retient l'eschatologie de l'Apocalypse. Il attribue au corps du Christ, glorifié par la résurrection, une efficacité vivifiante qui se manifestera lorsque les fidèles eux-mêmes ressusciteront. Ceux-ci, bien qu'ils aient dès maintenant en eux le principe de la « vie éternelle », auront besoin d'être ressuscites par le Christ, tandis que le Christ mort s'est ressuscité lui-même. Le Christ ne serait pas l'auteur de « la vie éternelle » pour les siens si leur résurrection dernière n'était aussi son œuvre. On dirait que cette résurrection ne fera que mettre en activité les forces que la communion au corps et au sang du Sauveur a déposées dans l'homme pour la transformation finale de son être ^ Si la chair et le sang de Jésus ont une telle efficacité, c'est que sa chair est une véritable ^ nourriture et son sang un véritable breuvage. Le texte ne dit pas la vraie ^ nourriture, le vrai breuvage, et ainsi l'on n'a pas d'antithèse entre la nourriture naturelle et la nourriture mj^stique, mais une simple comparaison de celle-ci avec celle-là pour ce qui est de la nature et de l'effet La chair et le sang de Jésus sont un véritable aliment^ un aliment vivifiant.

L'efficacité surnaturelle de cet aliment résulte de ce que celui qui mange la chair et boit le sang du Sauveur demeure en Jésus, et Jésus demeure en lui. Cette distinction continue de la chair et du

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