D'après les mss. nBCDL
5. Grec reçu, nombreux mss. Ss. Vg, 0. Matth. XVI, 17. Cf. supr. p. 473.
ment indiquée en cet endroit, l'auteur étant d'ailleurs préoccupé de ce qu'on lit ensuite, dans les Synoptiques, touchant l'annonce de la passion. « Et l'un de vous, ajoute le Sauveur, est un démon ^ », paroles qui s'appliquent au traître Judas, et qui dirigent l'esprit du lecteur vers la passion considérée par son côté odieux, comme le crime de la trahison judaïque. L'idée de la mort ayant été insinuée précédemment en connexion avec la doctrine de l'eucharistie, et l 'évang-éliste se refusant, après Luc, à dire que cette idée a été d'abord un scandale pour les apôtres eux-mêmes, c'est la trahison qui représente la perspective de la passion, et c'est Judas qui, par un échange qui en dit long sur la méthode de l'auteur, reçoit l'épithète de démon attribuée à Simon-Pierre dans les deux premiers Evangiles -,
Une sorte de logique transcendante se trouve ainsi gouverner les anticipations de F Evangile jo ha unique. La cène eucharistique et l'annonce de la trahison, étroitement associées dans les Synoptiques, sont transposées en même temps. Cette façon d'antidater les données des anciens Evangiles n'est pas fondée sur une tradition indépendante, mais sur la conception christologique de l'auteur. Le Christ johannique a su, (( dès le commencement )>, tout ce qu'il devait faire et tout ce qu'il avait à attendre de chacun : de là vient que Simon est appelé Pierre dès la première rencontre ; que la constitution du collège apostolique n'est pas présentée comme un fait distinct de la vocation personnelle et successive des Douze que Judas est censé traître depuis qu'il a suivi Jésus. Le Diatessaron, en faisant dire au Sauveur : « Je vous ai élus avant que la terre existât ^ », introduit une idée que l'évangéliste n'aurait pas répudiée, bien qu'elle aille au delà de ce que lui-même a voulu signifier directement par l'élection des apôtres, qui n'est pas leur prédestination, mais l'appel à eux adressé par Jésus. On remarquera aussi que Jean n'insiste jamais sur les souffrances et la mort de Jésus; il a supprimé plutôt qu'expliqué le scandale de la croix. C'est pourquoi les prédictions détaillées des Synoptiques