‹ Le quatrième évangileChapitre 414 sur 857 · xviii · texte numérisé non relu

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A LA FÊTE DES TABERNACLES. LES JUIFS

ception christolog-ique de l'évangéliste. Il est aussi superflu de se demander comment Jésus a fait le voyage, que pourquoi il vient à la fête, après avoir dit qu'il ne s'y rendrait pas. Ces questions ne sont pas à résoudre d'après les vraisemblances de Thistoire et de la psvchologie. Le Christ que Jean contemple et dont il décrit Faction n'est pas tant celui qui parut en Galilée et en Judée que celui qui vit mn intenant, g-lorifié à jamais, et dont l'existence terrestre est comme illuminée par le reflet de sa divine immortalité. Ce qae l'auteur appelle (( secret » est, en réalité, la forme historique de l'Évangile et correspond de loin à la réserve que le Christ synoptique a gardée, au cours de son ministère, touchant sa qualité de Messie K •

« Cependant les Juifs le cherchaient durant la fête et disaient : « Où est-il? » Ces Juifs sont les ennemis que Jésus avait à Jérusalem, ceux qui, après la guérison du paralytique, avaient projeté de le faire périr, c'est-à-dire les chefs du sacerdoce, les membres du sanhédrin, les pharisiens. N'avaient-ils donc fait autre chose que penser à lui depuis dix-huit mois? Etaient-ils sûrs que Jésus viendrait à la fête ? L'avaient-ils attendu de la même façon aux fêtes précédentes, oii sans doute il n'était pas venu? N'auraient-ils pas dû penser plutôt qu'il ne viendrait pas? Ces questions n'ont rien à voir avec l'intention de l'auteur, qui est d'indiquer en traits vifs les dispositions du judaïsme officiel à l'égard du Christ. Il amène Jésus à Jérusalem, et il montre dès l'abord les chefs du judaïsme disposés à faire ce qu'ils feront plus tard, à tuer le Sauveur qui leur est envoyé, non qu'ils le cherchent dès maintenant pour l'arrêter, mais ils voudraient s'assurer de sa présence et le surveiller de près ^ La foule des pèlerins, qui n'est pas dans le secret des chefs, est censée préoccupée de Jésus pour d'autres motifs ; elle est partagée d'opinion à son sujet; certains lui sont favorables et le croient homme de bien; d'autres le regardent comme un agitateur assez dangereux, mais tout ce monde a conscience de sa petitesse et de sa dépendance à l'égard des supérieurs ; ceux qui prennent Jésus pour un homme pieux et bon, et ceux qui sont disposés à le prendre pour un séducteur du peuple ne parlent pas trop haut, « par crainte des Juifs » ; ce sont des chuchotements discrets qui courent dans

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