Cf. VII
A LA FÊTE DES TABERNACLES. LES JUIFS
circoncision le (jour du) sabbat. 23. Si un homme reçoit la circoncision le (jour du) sabbat, pour que la Loi de Moïse ne soit pas violée, m'en voudrez-vous d'avoir guéri un homme tout entier le jour du sabbat? 24. Ne jugez point selon Tapparence, mais jugez selon la justice. »
Le milieu de la fête est le quatrième ou le cinquième jour, plutôt le quatrième, bien que la donnée soit approximative. Jésus commence à prêcher le quatrième jour, et son ministère public jDendant la fête des Tabernacles durera plus de trois jours, sous la menace constante d'une arrestation qui ne se produira pas; il s'achèvera le dernier jour, le grand jour de la fête, par une déclaration sur l'Esprit divin qui doit remplir les fidèles lorsque le Christ sera glorifié ; on signalera en même temps la déconvenue des Juifs qui n'ont pas pu faire arrêter le Sauveur. Il n'est pas téméraire de supposer que cette demi-semaine de prédication, ainsi couronnée, figure tout le ministère de Jésus, avec sa résurrection et la fondation de l'Eglise, v correspond en quelque façon^ dans l'esprit de l'évangéliste, et s'y rapporte par la signification générale et profonde de l'enseignement promulgué. Etant donné le génie symbolique de l'auteur, de telles combinaisons se font chez lui comme d'elles-mêmes, sans Felfort de réflexion et d'ajustement qu'elles supposeraient chez d'autres et qui en trahirait l'artifice. Dès le prologue, l'évangéliste a considéré Jésus dans sa gloire; jamais, au cours de son livre, il ne perd de vue ce terme providentiel de l'incarnation, la vie éternelle du Christ glorifié, et la communication de cette vie aux croyants par le Christ vivant en eux.
Au moment qui convient pour l'inauguration de son grand ministère à Jérusalem, Jésus se montre aux Juifs que la fête a rassemblés dans la capitale; il se rend au temple et il parle. Jean ne dit pas quel a été l'objet de ce premier enseignement. Il songe à faire ressortir l'origine surnaturelle de la prédication évangélique; et comme Luc au début de la prédication galiléenne, a fait voir l'étonnement des gens de Nazareth devant la science du « fils de Joseph » , il montre la stupéfaction des docteurs devant la sagesse merveilleuse du Verbe incarné. Le parallélisme des deux situations ne doit pas être fortuit : et ce n'est pas la seule fois qu'un trait de l'Evangile galiléen a été ainsi transposé et trans-