B. Weiss
4. Selon l'opinion la plus commune aujourd'hui. Mais si la citation se rapporte à Jésus lui-même, le mot xoiXîa est choisi tout exprès pour s'appliquer à la scène de la passion, tout en pouvant convenir à la pierre. En racontant le coup de lance, l'évangéliste emploiera le mot TiXeupà.
pour faire entendre que cette eau ne s'absorbe pas dans le sujet qui la porte, mais qu'elle est toujours vive en lui, qu^elle sort de lui par la prédication et l'action évang-éliques, on la montrerait jaillissant de l'endroit où elle a été recueillie. Le type plastique de cette image pourrait bien n'être pas une statue crachant l'eau par la bouche (et ne nous est-il pas dit que Feau jaillit du ventre?) mais le Christ sur la croix, dont le flanc, percé par la lance du soldat, jette de l'eau avec du sang-. Le Christ apparaît ainsi comme la source première et principale de l'eau salutaire; c'est plutôt par l'analogie de cette représentation, dont le caractère symbolique n'est pas contestable, que ce passage, un peu singulier de forme, doit être compris.
Aussi bien le texte même ^ comporte-t-il une lecture et une interprétation plus satisfaisantes que celles qu'on vient de voir. Il n'est pas autrement contraire aux habitudes du langage johannique de prendre les mots : « Celui qui croit en moi », comme une sorte de sujet absolu, auquel un autre se substitue après la citation-. Mais, dans le cas présent, la construction est irrégulière, et l'on obtient un meilleur équilibre, pour le verset qui précède et pour le sens de l'ensemble, en lisant : « Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi, et qu'il boive, celui qui croit en moi. » Celui qui croit fait pendant à celui qui a soif. La combinaison que présente la leçon vulgaire vient de ce que la citation biblique a été rapportée au croyant. Mais tout invite à la rapporter au Christ lui-même, la vraie source de l'eau vive, du flanc duquel cette eau a coulé sjmboliquement dans la passion. Des témoins fort anciens et autorisés l'entendaient ainsi ^. C'est le seul sens naturel du pas-
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