Stier, Gess, etc. ap. B. Weiss
4. Voir (dans Euskbe, Hist. eccl. v, 1, 22) la lettre des Églises de Lyon et de Vienne; s. Cyprien, supr. cit.; dans VAppendix des œuvres de ce Père (Hartel, 87, 115), l'auteur du traité /)e rehaptismate, etcelui du traité De monlibus Sina et Sion. Bien que les citations de s. Cyprien aient i?té assez maltraitées par les copistes, il paraît certain que ce Père lisait: « Si quis sitit, veniat cthibat, qui crédit ia me ; sicut scriplura dicit : Humina de ventre ejus fluent acpiae vivae » (cf. IIautel, 58, 70G). L'emploi du mot aùrou dans la citation n'a rien d'extraordinaire ; il est imposé par le fait même de la citation. A. Resch, IV^ 118, croitdevoir admettre un remaniement du texte et l'intrusion de xaOo)ç eIt^ev
A LA FÊTE DES TABERNACLES. LES JUIFS
sage 1, puisque le Christ se présente lui-même comme source et que la citation biblique est amenée à l'appui de son assertion, qui serait obscurcie et comme démentie, s'il fallait que le croyant fût une source, dont on ne dit pas qu'elle dérive du Christ. L'invitation de Jésus est incomplète en elle-même, et le croyant serait désigné comme source d'eau vive plutôt que le Christ, si la citation n'était pas destinée à confirmer simplement ce qui la précède. Le Sauveur ne pouvait pas dire : a Selon qu'il est écrit : Des fleuves d'eau vive sortiront de mon sein. » Mais l'emploi de la troisième personne a créé une équivoque où la tradition s'est embarrassée, et dont l'exégèse critique n'est pas encore sortie.
Une explication au sujet de l'eau vive est jugée nécessaire pour le lecteur, et elle est donnée en forme de commentaire par l'auteur. La même explication a été insinuée dans la conversation de Jésus avec la Samaritaine, où la déclaration relative au culte « en esprit », qui doit remplacer bientôt le culte matériel de Jérusalem et du Garizim, suit immédiatement les paroles concernant l'eau vive et le don de Dieu ~. Il ne faut donc pas séparer le discours de son interprétation, comme si Jean avait pu détourner de leur sens historique les paroles du Sauveur : le tout est l'expression d'une pensée unique, qui est, pour l'historien, celle de l'évangéliste. Jésus donc « disait cela de l'Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui » ; c'était l'annonce de l'Esprit qui devait être donné à la communauté chrétienne, après la résurrection du Sauveur ; tant que Jésus a été sur la terre, « il n'y avait pas encore d'Esprit ^, parce que Jésus n'était pas encore glorifié ». La locution :
r] Ypayrj, en vue de changer le sens et d'attribuer au croyant ce qui avait été écrit de Jésus. Cette hypothèse n'est pas justifiée. Le sens primitif du passage est parfaitement équilibré : « Quiconque a soif vienne à moi et boive, croyant en moi », car « celui qui croit en moi n'aura jamais soif » (vi, 35); et « ainsi » s'accomplira ce que « dit l'Écriture : De son ventre couleront des flots d'eau vive », puisque les croyants s'abreuveront indéfiniment decetteeau qui jaillira de moi. Inutile de discuter l'opinion de ceux qui, ne trouvant pas la citation dans la Bible, ont donné au v. 38 ce sens bizarre : <( Celui ({ui croiten moi selon l'Ecriture », selon le progamme indique par les Livres saints, (( de son ventre couleront des flots d'eau vive ».
J. Cf. Grill, 16, n. 1.