‹ Le quatrième évangileChapitre 458 sur 857 · Knabenbauer · texte numérisé non relu

Knabenbauer

i. Loc. cit. Leçon de quelques mss. : Ivô; r/.à-jtou auTwv xà; àaapTta;. A. LoisY. — Le quatrième Évangile. 35

écrivait les péchés des assistants et même tous les péchés du monde ; d'autres, quelque sentence de l'Ecriture appropriée à l'occasion ^, ou bien ce qu'il dira un peu plus loin pour couper court aux interrogations ^. Le texte ne favorise aucune de ces hypothèses. Jésus n'écrivait pas pour qu'on pût lire sur le sol la réponse qu'il ne voulait pas prononcer ; il écrivait tout exprès pour ne pas répondre ; par conséquent, c'est dans le geste, non dans l'écriture, qu'il faut chercher une signification. Jésus traçait des caractères sur le sol pour manifester qu'il se désintéressait entièrement de la question posée, parce qu'elle n'était pas de sa compétence ^. Les commentateurs qui voient là un jeu enfantin oublient que cette manière de ne pas répondre n'a rien de puéril en soi, et qu'elle est relevée par le sens qui s'y attache naturellement, tandis qu'il y aurait eu puérilité à écrire par terre le texte d'une réponse qui aurait pu aussi bien être donnée de vive voix pour commencer. Si Jésus s'abstient de répondre, ce n'est pas à cause de l'indignité de ses interrogateurs ^, c'est parce que son silence et son attitude expriment assez ce qu'il pense de la question, et que l'intention des personnes le dispense d'y mettre plus d'égards ^. Dans Luc 6, Jésus renvoie formellement des gens qui le veulent prendre pour arbitre. Il n'aurait pu agir ici de même sans livrer la femme à ses juges, ce qu'il ne voulait pas faire. Le silence était la seule façon de signifier son incompétence en la matière, sans influer sur la condamnation de la personne.

Mais les pharisiens ne comprennent pas cette réserve ; ils croient que la cause en est dans la perplexité où Jésus se trouve , et ils insistent pour avoir une réponse, comme si le Sauveur

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