‹ Le quatrième évangileChapitre 457 sur 857 · Mahc, xii · texte numérisé non relu

Mahc, xii

LA FEMME ADULTÈRE

faite uniquement par rapport à Moïse et à la Loi. Ni dans un cas ni dans l'autre, il n'y a double chance d'accusation. Dans le cas du tribut, si Jésus avait dit qu'on ne devait pas le payer, on le dénonçait à l'autorité romaine ; s'il eût dit qu'on le devait^ on ne pouvait le dénoncer à personne, mais on aurait décrié un Messie qui se reconnaissait tributaire de César ; au fond, on croyait qu'il ne pourrait s'empêcher, vu sa prétention messianique, d'interdire le paîment. De même, dans le cas de l'adultère, si Jésus avait répondu qu'on ne devait pas tuer cette femme, ni toutes les autres qui se rendraient coupables du même crime, on pouvait le traduire devant le grand conseil, comme contempteur de Moïse et de la Loi ; s'il déclarait que la Loi devait suivre son cours, on n'avait aucune poursuite à intenter contre lui, pour une décision que tout rabbi aurait donnée à sa place, mais on aurait fait valoir son inconséquence, mis en suspicion sa sincérité et son courage, en même temps que la réalité de son indulgence habituelle ; toutefois, étant données son attitude à l'égard de la Loi, sa façon générale de traiter les pécheurs, et sa doctrine du pardon, l'on se persuadait qu'il s'opposerait au supplice, et là était le piège qu'on lui tendait. Jésus y échappe, comme dans l'affaire du tribut, en ne répondant ni oui ni non.

Etant assis par terre, à l'orientale, pour parler aux assistants, et son discours ayant été interrompu par l'arrivée des pharisiens, il fait semblant de ne pas entendre la question qu'on lui adresse ; s'inclinant un peu vers la terre, il se met à tracer avec son doigt des signes sur le sol ^, comme un homme distrait et ennuyé, qui attend qu'on le laisse tranquille. Le texte ne parlant que de son doigt, il n'est pas nécessaire de lui mettre en main une baguette Il ne faut pas non plus se demander comment Jésus a pu tracer des signes lisibles sur les dalles du parvis : la poussière qui s'y trouvait devait suffire pour qu'il pût se donner l'air d'écrire. Son acte est naturel; mais on n'en pourrait pas dire autant s'il eût affecté de tracer des signes en l'air Les commentateurs ont voulu savoir ce qu'il écrivait, et ils ont été obligés de le deviner. Saint Jérôme ^ dit qu'il

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