Luc, IX, 51 ; xiii, 22; xvii, 11 ; xviii, 31 ; xix
INTRODLCïION
dehors de Marc. 11 ne laisse aucunement entendre que les deux sœurs Marthe et Marie aient habité près de Jérusalem \ On dit que Jésus n'aurait pu avoir d'amis à Jérusalem et à Béthanie s'il n'y était venu plusieurs fois. Mais les Synoptiques ne connaissent, en fait d'amis, que Simon le lépreux et Joseph d'Arimathie ; rien n'empêche que Jésus, précédé à Jérusalem par sa réputation de prophète, ait gag-né leurs sympathies durant le peu de temps qu'il prêcha dans la ville sainte ; il avait pu, d'ailleurs, connaître Simon avant d'entrer dans l'exercice de son ministère, quand il était venu à Jérusalem en simple pèlerin. Reste la parole bien connue ^ : « Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l'avez pas voulu ! » Les enfants de Jérusalem ne sont pas nécessairement les habitants de la ville ^, et Luc ne l'entend pas ainsi, puisqu'il fait tenir ce discours par le Christ en Galilée. Matthieu l'a placé au terme de la prédication hiérosolymitaine, en comprenant dans son application la prédication des apôtres avec celle du Sauveur. Luc semble avoir partagé en deux morceaux un texte que Matthieu a gardé indivis ; mais il a retenu pour la première partie ' une formule d'introduction qui contient peut-être la clef de tout le passage : « C'est pourquoi la Sagesse de Dieu a dit. » Dans Matthieu comme dans Luc, les paroles en question se dégagent du contexte et présentent une physionomie particulière entre toutes les sentences évangéliques. Rien de plus facile à expliquer, s'il s'agit d'une citation prise dans un apocryphe qui ne nous est point parvenu. Dieu, ou sa Sagesse, interpellait Jérusalem dans le style des prophètes, lui reprochant ses infidélités et la renvoyant au