ScHANz, 362. Cf. Maldonat, II
aux Juifs par la mort et portant sa lumière hors du temple, c'est-àdire hors du judaïsme, à toutes les nations ; il laisse les Juifs au diable leur père. Et ce qui est vrai du Christ est vrai du christianisme naissant. Les persécutions des Juifs n'ont servi qu'à le répandre parmi les Gentils.
Grâce à ce symbolisme , on peut expliquer comment les mêmes Juifs, convertis tout à l'heure, veulent maintenant lapider Jésus ; il est même superflu de chercher où et comment ils auront pu se procurer des pierres à cet effet. L'unité de la perspective n'en est pas moins gardée : le premier tableau ^, où Jésus s'affirme comme lumière du monde, au milieu de gens qui ne le comprennent pas et dont la haine est impuissante contre lui, se rattache étroitement à la fin du chapitre vu - ; l'inintelligence des Juifs amène une déclaration plus complète sur les motifs et les conséquences de leur incrédulité ; enfin l'opposition de l'Evangile et du judaïsme officiel trouve son expression la plus aiguë dans la longue discussion qui termine le chapitre viii A travers les péripéties du dialogue, le symbolisme du discours et de la narration, l'auteur développe sa thèse sans sortir du cadre qu'il s'est luimême tracé : les Juifs auraient volontiers accepté Jésus comme Messie national, et ils ne comprenaient pas, ils ne comprennent pas encore qu'il ait pu et dû être quelque chose de bien plus grand. La conception christologique du quatrième Evangile, qui manifeste aux Gentils la gloire du Sauveur, consomme la séparation du christianisme et du judaïsme ^.