Gen. II
l'aveugle-né
trop grossier pour Festhétique de Jean ni pourquoi l'acte aurait été choisi uniquement pour marquer la violation du sabbat ^. Mais il ne faut pas non plus pousser l'allégorie jusqu'à reconnaître dans la salive l'âme sortie de la bouche de Dieu, ou la divinité du Christ se joig-nant à son humanité pour être appliquée en remède à l'humanité aveugle ^. La salive tient la place de l'eau qu'on suppose avoir servi à pétrir le corps d'Adam. La nouvelle créature ne s'animera, n'arrivera à la lumière, qu'en touchant l'eau vive de la régénération baptismale qui est figurée par la source de Siloé.
Pour que le lecteur n'ait pas d'hésitation à ce sujet, l'évangéliste a soin d'observer que Siloé signifie « envoyé » ^. L'aveugle est dirigé vers la fontaine de l'Envoyé , c'est-à-dire que l'humanité est invitée à dépouiller son ignorance et ses misères morales dans le baptême chrétien. L'Envoyé de la fontaine n'est pas l'aveugle, ni les apôtres, mais le Christ lui-même, envoyé du Père^ et « venant par l'eau ^ », qui a reçu et qui donne dans le baptême d'eau le baptême de l'Esprit. Il n'est pas nécessaire de discuter les opinions qui attribuent une vertu médicinale à Peau de Siloé, ou qui expliquent l'envoi à la source par la nécessité de nettoyer les yeux recouverts de boue. Au sens littéral, l'eau de Siloé sert de moyen pour la guérison miraculeuse ; au sens figuré, c'est l'eau du baptême. Il fallait quitter la fontaine intermittente de Béthesda, avec ses cinq portiques; mais il faut aller à la fontaine de Siloé, à la fontaine de PEnvoyé divin '\
L'aveugle se rend à la fontaine de Siloé, comme Jésus le lui avait